rock Rock > Enhuma > Chronique LP / La tête dans la chèvre

Enhuma : La tête dans la chèvreEt dire que j'ai failli ignorer cet album ! En effet, les premières écoutes de La tête dans la chèvre n'ont pas été très convaincantes. Cet assemblage d'idées, fusant de toute part, sans réelle colonne vertébrale n'a guère retenu mon attention. Mais comme le travail apporté à la production, au packaging (un digipack sympa) et au visuel était réalisé consciencieusement, sans compter que l'ensemble n'était tout de même pas imbuvable, le disque avait droit à sa petite rotation hebdomadaire... jusqu'à ce que je consacre un peu plus de temps à la galette. En effet, à force d'écoutes, la chèvre que j'avais dans la tête (pardon, on me souffle que c'est le contraire) a fini par se laisser domestiquer.
Avant de tenter toute comparaison, il semble utile d'exposer ce que le groupe entend par "fraggle rock" : une musique sans réelle limite, divaguant du rock au jazz, du funk à la pop sans oublier des ajouts noise ou même des ingrédients coreux. Autant dire qu'Enhuma (se) distrait en propageant des morceaux non conventionnels, au contenu hétéroclite dont on ne peut nier les allures de "Pattoneries".
Enhuma fait donc partie de ses groupes de "rock passé au checker", passant de plans funky au métal, variant d'un chant planant à des passages hurlés, le tout couvert d'un amoncellement d'élucubrations plus ou moins amusantes. Pour orienter votre boussole, les amateurs de Delicatessen (pour les séquences les plus ambiantes, étalant des moments de doute comme "Paul"), d'Anthurus D'Archer (et leur folie sanguinaire de melting-pot acoustique), de Flying Pooh (et de Viva san-antonio en particulier), d'Empalot (pour les timbres de voix et la liberté de traitement (thermique) de son métal), de Ed Mudshi ou de Psykup (et les agitations qu'ils peuvent générer) et enfin de Biocide (et leurs frasques intergalactiques) trouveront sûrement de quoi se satisfaire avec tout ou partie de cet album.
Enhuma a construit un patchwork multi-textures et multicolore, n'hésitant pas à générer un fossé entre des atmosphères souples et des beuglements bien plus primitifs. La durée des morceaux varie d'une poignée de secondes (le grindcoreux "Gi-17") à 8 minutes (l'épreuve réussi de "Porky pink lady") et le joyeux décalage s'insère jusque dans les titres choisis : "Stridulation gourmande à coeur ouvert", "##" ou "White cowboy without shoes".
Dommage tout de même que La tête dans la chèvre ne retienne pas l'attention plus rapidement et ne soit pas plus unifiée dans sa diversité, ce qui en font quelques faiblesses. Des armes qui manquent encore au groupe mais Enhuma pourrait surprendre la prochaine fois si ils parviennent à s'en emparer !

Rémiii
Décembre 2006

Commenter
Note : les commentaires appartiennent à ceux qui les ont postés. Nous n'en sommes pas responsables.

Pas encore de commentaires

Revenir en haut de page

Dans la rubrique Enhuma :
Biographie : Inhumer l'inhumain
Infos sur Enhuma
Enhuma : La tête dans la chèvre 08/08/07 Enhuma : RIP : Le groupe Enhuma a lui aussi stoppé son aventure, dommage.
> Lire la dépêche
Enhuma : La tête dans la chèvre 03/12/06 EnhumaSpace : Si Enhuma a La tête dans la chèvre, cela ne les a pas empêché de poster 4 titres de ce premier album sur myspace...
> Lire la dépêche
Voir les archives - flux RSS
Liens pour Enhuma
Liens Internet
Publicité