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Biographie > L'Empyr contre-attaque

Oubliez Pleymo, oubliez Watcha, oubliez Vegastar et oubliez. Kyo. Empyr regroupe en effet des musiciens venus de ces différents groupes, mais l'association ne visite aucun des domaines de leurs formations respectives. Élevé au son de Biffy Clyro, Deftones ou encore Radiohead, le quintet parisien développe des ambiances feutrées et mélancoliques aux accents parfois rageurs. Fruit d'une collaboration passée et de réunions d'amitiés musicales au rang de groupe à part entière, Empyr compte bien marquer le PRF (paysage rock français) et pourquoi pas s'affranchir des frontières hexagonales.

Interview : Empyr, L'interview empyr-hic (juillet 2008)

Empyr / Chronique LP > Unicorn

Empyr - Unicorn Au W-Fenec, on prend soin des lecteurs et on a le sens du sacrifice. Donc on a testé pour vous le nouvel album d'Empyr.

"La possibilité de l'existence des trous noirs n'est pas une conséquence exclusive de la relativité générale : la quasi-totalité des autres théories de la gravitation physiquement réalistes permet également leur existence. La relativité générale, à l'instar de la plupart de ces autres théories de la gravité, non seulement prédit que les trous noirs peuvent exister, mais aussi qu'ils seront formés partout où suffisamment de matière peut être compactée dans une région de l'espace. Par exemple, si l'on compressait le Soleil dans une sphère d'environ trois kilomètres de rayon (soit à peu près quatre millionièmes de sa taille), il deviendrait un trou noir. Si la Terre était compressée dans un volume de quelques centimètres cube, elle deviendrait également un trou noir. Pour l'astrophysique, un trou noir peut être considéré comme le stade ultime d'un effondrement gravitationnel." (source : Wikipedia, parce qu'on a les références culturelles qu'on mérite).

Oui, bon, là vous vous dites que cette chronique débute bizarrement. C'est normal, s'intéresser à la formation des trous noirs, c'est toujours plus intéressant même si on n'entrave pas un cailloux à l'astrophysique qu'écouter Empyr. Et en plus c'est cohérent avec le contenu de l'album. Vous l'aurez compris, une chronique d'Empyr ne saurait être, dans ces pages, pertinente, journalistique et/ou un tant soit peu objective. La faute à un premier album pour le moins bouchonné de la part d'un soit-disant "all-star band à la française" dont on n'attendait franchement rien. En même temps, "à la française" hein, ça aurait du nous inquiéter. Bref là le groupe remet ça avec Unicorn. Et autant le dire tout de suite, à côté de celui-là, The peaceful riot, c'était la huitième merveille du monde. OK on exagère. Mais pas beaucoup. Non vraiment...

Parce que d'entrée de jeu, ça sent moyen bon avec "It's gonna be", single idéal pour générique de série TV... si si, d'ailleurs c'est exactement ça, même que le morceau a été utilisé sur un teaser de la série TV Les Experts : Manhattan. Bon, c'était pour un teaser pub. C'est dire le niveau de considération de ces gens-là pour les groupes français. Pour le générique, ils ont pris des grands garçons, en l'occurrence les Who, que la franchise a d'ailleurs ressuscités. Vanne à part, on a quand même entendu bien pire ces-derniers-temps et pour la peine, on va être gentils et dire que c'est pas si mal par rapport à ce que le groupe a pu commettre sur son premier album. Et aussi dans la suite de cet Unicorn. Mélodie sympathique, arrangements faciles certes, mais c'est conçu pour rester dans les têtes et ça marche. Deux minutes et précisément trente-cinq secondes pas plus. Voilà, c'était la partie "chronique sympa" du nouvel opus d'Empyr. La suite est un chouilla plus méchante. Et encore, on ne parlera même pas de la pochette.

Tiens la suite parlons-en justement, on passe de la soupe avec "Give me more", où là, niveau mièvrerie crasse, ça va très très loin, à tel point que l'on a envie de prendre la galette et de la brûler avec un plaisir sadique, à la grosse bûche de Noël achetée chez Lidl. Pas chère mais objectivement dégueulasse pour qui a un minimum de goût. Tiens d'ailleurs, "Give me more", c'est aussi un titre bien putassier de Britney Spears, voilà qui vous pose un nom de morceau (on disait quoi précédemment à propos des références culturelles ?). Troisième titre de la purge, de l'album pardon, "Do it" la joue vaguement synthé-pop pour ado-prépubère. Pourquoi pas après tout, c'est une cible marketing en soit. Jordy avait sa cible, Frank Michael aussi... Mais là c'est quand même assez atroce. Et que l'on se méfie, les ado ont parfois bon goût et peuvent aussi écouter au hasard Mastodon... bon ok Deftones... d'accord, Linkin Park. Mais pas Empyr hein... Next. Pour "Goodbye", le groupe a eu la "bonne" idée de ressortir de la mâle à jouets les vieux synthés playschool pour monter en neige une mélodie dégoulinante de guimauve. Et le pire, c'est qu'il y a même les grumeaux ; ça même dans Top Chef, ça passe pas.

Quatre morceaux écoulés... P*****, ça va être long jusqu'à "Quiet". Oui celui-là je l'ai retenu parce que c'était le dernier. Ecouter Empyr, c'est un peu comme aller chez le dentiste, on fait le malin parce que la secrétaire est à tomber, mais en vrai, on fixe du coin de l'oeil la sortie de secours en se disant qu'au pire, on pourra toujours tenter une retraite stratégique voire une fuite desespérée. Lâche mais humain. Ben là c'est pareil, surtout qu'après avoir subit "Helena" (sans commentaire), "Happy and lost" et surtout un "Souvenir" juste ridiculissime (le mot n'existe pas mais c'était l'occasion ou jamais de l'inventer), on est de toutes les façons déjà à moitié lobotomisé. "Under the fur" est du même tonneau, percé... et puis de toutes les façons, derrière "Around the fur", on ne peut pas exister. Quoi c'est hors-sujet ? Et alors, eux-aussi. Même pas un vrai morceau pour sauver tout ça, rien, ou si peu... The peaceful riot avait son très estimable "Water Lily", sous influence certes mais drôlement efficace, là, c'est le néant absolu. Même si on pourra considérer qu'à côté des trucs infâmes que l'on a du supporter pour arriver jusque là, "Still here" et "Quiet" sont encore ce qu'il y a de moins... pire. Parce que cette fois, c'est confirmé, avec Unicorn, Empyr invente la variétoche vaguement électro-pop (accessoirement pseudo rock) à guitare... presque sans guitare. Pas besoin de vote ni de jury, le disque de plomb 2011 option daubasse de concours est pour eux, obligé.

Empyr / Chronique LP > The peaceful riot

empyr_the_peaceful_riot.jpg Émanation indirecte de la défunte Team Nowhere, Empyr ose un nouveau défi sur les restes du néo-métal hexagonal, tout en s'en affranchissant totalement. Nouveau style, nouvel univers, mais un line-up qui regroupe des figures connues, à l'instar de Benoît, ex quatre-cordiste de Pleymo, Fred, guitariste de Watcha et producteur de talent à ses heures perdues, ou encore Ben, frontman de Kyo. Enfermés ensembles pendant quelques semaines, les cinq parisiens ont mis à contribution leurs expériences respectives pour ébaucher ce qui sera plus tard The peaceful riot, premier album d'Empyr.
"God is my lover" met en place les bases de l'ambiance de l'album, entre guitares appuyées et basse abyssale. L'entrée de la batterie marque une montée d'accords mélodiques, les riffs étant mis à l'écart au profit d'un mélange homogène de deux guitares presque indissociables ; des tonalités mineures pour un effet mélancolique ou la voix est un instrument mis au service d'une instrumentation fouillée. Les guitares martelées de "New day" introduisent un surplus de rythme avant que l'on retrouve un refrain aérien, maîtrisé, auquel les nappes de clavier de "Birth" donnent une suite évidente. Un duo de clavier doux qui met fin à une première partie de l'album, avant que l'intro de "Tonight" fasse remonter la batterie dans le mix pour asseoir un riff un et entier, prenant une place conséquente dans les enceintes. Le refrain, suite d'accords lents et lancinants, n'aurait pas fait tache dans le dernier album de Pleymo (cf : Phantom). La montée en puissance du début de l'album se sent dans l'apparition de quelques cris, et d'une batterie surpuissante, Jocelyn (ex-batteur de Vegastar) étant coutumier du fait (voir sa prestation sur le DVD Team Nowhere). "Water Lily" marque le retour des samples, entre pianos suraigus et ce qui semble être des guitares enregistrées en reverse-delay. Le refrain lunaire laisse une place confortable à la basse, assurément un des piliers de cet album, le tout dans des riffs lancinants et hypnotiques d'influence Team Sleep. Certainement un des titres les plus aboutis et les plus révélateurs du talent du groupe. Retour à des structures plus syncopées avec "The voice of the lost souls", où la voix reste majoritairement en retrait, avant quelques cris sur riff bien senti. Dur de donner une suite à la hauteur du précédent titre, mais Empyr sort la carte "cris métal" et riffs du même acabit pour une fin dantesque. Les arpèges quasi acoustiques de "Forbidden song" marquent une pause, où la nostalgie atteint son paroxysme. Le cocktail de phrases répétées jusqu'à s'époumoner et de chant mélodique fonctionne, l'ambiance en est d'autant plus sombre. Les accents pop de "The one" montrent un autre visage du groupe, avant que les guitares reprennent le dessus. Le refrain catchy de "The fever" n'est pas d'un apport majeur par rapport aux précédents titres mais la fin presque martiale du morceau a tout de même son lot de surprises, même si ce n'est pas là la meilleure production du quintet. "March on" et "Join us" concluent The peaceful riot d'une belle manière, entre mélodies lancinantes et chant dépressif pour le premier, et basse omniprésente couplée à des guitares acides pour le second. Là encore, les titres longs donnent à voir le goût du groupe pour les progressions d'accords planants et son talent quand il s'agit d'intensité.
Empyr délivre ici un album homogène et fouillé, à la production soignée. Les quelques longueurs du milieu d'album ne doivent cependant pas résumer 12 titres à la véritable personnalité. Note spéciale aux deux derniers titres de l'album ainsi que pour "Water Lily", à n'en pas douter les plus belles réussites du quintet.

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