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Biographie > Mini-Ed Wood

Dès la fin de l'aventure NoHayDeaz, au début de l'année, Olivier invite son compère Thibault au sein d'une nouvelle entité. Ed Wood Jr est né et entame de suite les répétitions et les premiers concerts. Un passage en studio plus tard et le duo accouche d'un 5-titres éponyme en avril... Ceci en attendant une tournée européenne en compagnie de Das Model fin septembre / début octobre...
Automne 2008, le groupe écrit de nouveaux titres et a déjà envie de reprendre la route... L'aventure Ed Wood Jr ne fait que commencer...

Review Concert : Ed Wood Jr, Les un an de Minor Place Records (nov. 2011)

Review Concert : Ed Wood Jr, Ed Wood Jr et Pneu à la malterie (mai 2011)

Interview : Ed Wood Jr, L'interrogatoire d'Ed Wood Jr

Chronique Compil : Ed Wood Jr, Farfi(z)a Sessions

Chronique Compil : Ed Wood Jr, Redoo

Ed Wood Jr / Chronique LP > Silence

Ed Wood Jr - Silence Difficile de ne pas jubiler à la réception de Silence d'Ed Wood Jr tant Ruban de Möbius a été une claque énorme pour nos petites oreilles : un brassage des genres (noise, math, hardcore) poussé à un niveau de qualité et d'alchimie rarement atteint dans le genre. D'ailleurs, je l'avais pas encore entendu ce nouvel album que je l'aimais déjà parce qu'on a envie de leur faire une confiance aveugle à ces petits lillois bourrés de talents... Et à raison, Silence est excellentissime de bout en bout. Ou comment maintenir la qualité de Ruban de Möbius en faisant évoluer la formule. On appelle ça la classe ou la maestria si on veut se donner des airs d'étudiant Erasmus dans le métier de chroniqueur.
Dès le premier titre "Maila Nurmi", l'impression d'un virage aperçu en live se confirme : une boucle éléctro, un batteur qui se manifeste vigoureusement, un riff, et c'est parti : le morceau est une entame d'album excellente et on attendait pas moins... La référence à Battles, auquel j'avais pensé en les voyant live, me paraît finalement bien trop facile et paresseuse : Ed Wood Jr ajoute des tentations éléctros à son gloubi-glouba tout en paressant singulièrement éloigné du groupe de John Stanier. Dès le second morceau, c'est Thibault qui se distingue en côtoyant la force de frappe de l'ex-batteur d'Helmet pour un morceau tout bonnement excellent : des scintillements sonores, la voix si caractéristique d'Olivier et la maitrise du duo quand il s'agit d'écrire des titres au dessus du lot. Prends ça dans tes dents camarades... La suite est du calibre des deux premières plages : "Babtrip" figure déjà parmi mon peloton de têtes de mes titres préférés d'Ed Wood Jr, "Themeo" me donnerait presque envie de danser si j'avais pas été déjà trop vieux pour ça, "IVCV" est toujours un morceau diablement bandant que l'on a hate de voir en live. Ed Wood Jr nous tient en haleine durant les dix titres finger in ze nose, on te recommande vivement d'aller écouter les titres disponibles sur bandcamp à l'écoute.
Bref, un petit bijou de plus dans leur discographie. Ah et la pochette est méga-classe aussi, très "Lynchéene" (une route, le fantôme d'un cervidé, un accident ? un continuum espace-temps ? une femme à poil va t'elle apparaitre sur le siège passager de la voiture ?). Là aussi, totalement imparable. Vivement l'édition vinyle qui va déboiter quelques épaules. J'en pleure de joie tellement tout est comme je veux dans le monde d'Ed Wood Jr.

Ed Wood Jr / Chronique EP > Feats

Ed Wood Jr - Feats Après un remarquable Ruban de Möbius, Ed Wood Jr, tout fier de son hold-up, prolonge le plaisir et l'expérience avec Feats, reprenant et réarrangeant trois des morceaux de l'album en faisant appel à du renfort, soit des membres de Cercueil, Klang!!! et Tang, histoire de blinder le truc jusqu'à la moelle. Et ça, blindé, "Zemzan", premier titre de cet EP de "réinterprétations" d'Ed Wood Jr par Ed Wood Jr himself, l'est assurément. Plutôt deux fois qu'une même... Noisy, électrique, tendu comme une arbalète, saturé jusqu'à plus soif, ce 1/3 de Feats est un modèle du genre et suffit à légitimer à lui-seul l'existence de cet objet destiné avant tout aux plus fervents inconditionnels du genre. Une tuerie 2.0 en sommes... qui préfigure ce que va être l'explosif "Art brut", un 2/3 qui porte encore mieux son patronyme que sur la version originelle, se complaisant dans quelques élans de fougue super-noïsique matinée de rock abrasif et cinglant, entrecoupés de passages plus calmes ne serait-ce qu'en termes de tempo, avant un final math-rock (sur)puissant exécuté dans les règles de l'art. Pour les ambiances les plus organiques, il faut attendre le troisième et ultime titre "Горы", pourtant le plus "lourd" et abrasif des trois, un condensé de math-noise tout en ruptures, encore une fois différent de la version originale sans pour autant la trahir. Une variation intelligente plutôt, que le groupe sert avec aplomb, un final tectonique et une efficacité absolument redoutable. 3/3, un sans faute de plus à mettre au crédit des Ed Wood Jr et de l'écurie Swarm Records. Pifouuu, presque trop facile...

[fr] Dispo chez CD1D (34 hits)External ]

Ed Wood Jr / Chronique LP > Ruban de Möbius

Ed Wood Jr - Ruban de Möbius En topologie, le ruban de Möbius (également appelé "bande de Möbius" ou "anneau de Möbius") est une surface close dont le bord est homéomorphe à un cercle. Autrement dit, il ne possède qu'une seule face contrairement à un ruban classique qui en possède deux [...] dans l'espace : un modèle simple se réalise en faisant subir une torsion d'un demi-tour à une longue bande de papier, puis en collant les deux extrémités. Si l'on coupe le ruban en deux dans le sens de la longueur, on obtient un anneau unique, vrillé, mais qui possède deux faces distinctes et deux bords distincts. Si on le recoupe dans le sens de la longueur, on obtient... deux anneaux distincts, vrillés et entortillés l'un sur l'autre. (source : Wikipedia). Voilà pour la minute culture générale du W-Fenec.

Sinon musicalement, Ruban de Möbius, c'est le premier album des faussement bien nommés Ed Wood Jr (le vrai, qui fort heureusement ne faisait pas de musique, était selon la légende et l'héritage cinématographique qu'il a laissé, un bien piètre cinéaste), qui fait suite à un EP éponyme déjà hautement recommandable. Là, il s'agit du même code ADN, mais développé à l'échelle d'un album complet et publié sur le label de Josh et Royal McBee Corporation. Et comme du côté de chez Swarm Records, on aime la noise qui fait mal, le rock abrasif qui dépouille et le DIY (ou presque) brut de décoffrage, fatalement, ces gens-là, étaient fait pour s'entendre. Mais là, petite finesse, Ed Wood Jr, est un peu protéiforme. Math-rock très light sur "Горы" (ça veut dire "montagne" en russe selon Google Translator), ou noise-rock acide et sauvage sur "20 pounds", avec ce petit côté changeant dans les signatures rythmiques qui fait que le groupe accouche d'une pure tuerie (agrémentée de quelques samples issus de dialogues de films), rien à redire, on en prend plein les mirettes.

Leçon du jour : une fois lancé, les Ed Wood Jr osent tout. Ou presque, mais ça marche. Du numéro de voltige rythmique classe à la petite finesse jazzy qui fait bien en passant par le gros mur de décibels rock noisy et frondeur qui fait mâle, les hurlements rageurs en plus et le volume à fond, le duo muscle peu à peu son jeu et en met plein partout dans les enceintes ("Infini"). Surtension électrique, virtuosité formelle, nerfs à vif et grosse présence face aux amplis, "Marcel" (et pourquoi pas "Raymond" d'abord ?) puis "Tap" sont assez symptomatiques de ce dont est capable le groupe : envoyer du riff qui cravache par pack de 12, mélanger ce qui arrive en pleine face à toute blinde avec quelques entrelacs math-rock bien velus, secouer au shaker (pas à la cuillère hein...) avec quelques rythmiques bien complexes et servir tout ça avec une fluidité insolente... mais confondante. Quelque part entre Shellac et Don Caballero pour ne citer que les évidences références de base du chroniqueur fainéant, les Lillois balancent des titres ravageurs, brûlants comme une baraque à frites (l'excellent "Kung fu chien") en bons nordistes qu'ils sont. Energique, un brin sauvage par moments, inventif et faisant preuve d'une maîtrise rare, Ed Wood Jr est à l'image des Generic, Pneu, Royal McBee Corporation, Gâtechien et autres One Second Riot, une p***** de claque...

Ed Wood Jr / Chronique EP > Ed wood jr

Ed Wood Jr - Ed wood jr Dans le grand, surprenant et stimulant bric-à-brac de groupes estampillés "math-rock", une part non négligeable d'entre eux ose l'aventure à deux. 37500 Yens, SZ, Chevreuil, Hella, Klavisklav Burning Project, Swims, répondent présents à l'appel, pour ne citer qu'eux... Armé d'un simple EP, Ed Wood Jr s'ajoute donc à une liste fortement alléchante et complémente un spectre musical déjà très hétéroclite.
Indubitablement, Ed Wood Jr se place dans cette fameuse famille de math-rockeurs. Mais le duo ne se contente pas d'enchaîner les exercices de style : Olivier et Thibault esquissent des frasques délurées dignes de Clara Clara ou, aidés par des samples, déroulent une bobine de Microfilm et nous mènent sur les pentes abruptes du dernier Doppler. En dosant excentricités et phases rugueuses durant ces 5 "thèmes" (les morceaux n'ont pas de titre mais sont simplement dénommés ainsi), le duo s'adonne à de sérieuses parties rock'n'roll, nous sert des structures bouclées sur elles-même à en faire pâlir plus d'un et n'hésite pas de saupoudrer le tout de tendances psychédéliques. Sans oublier, ça et là, quelques réminiscences screamo de bon aloi, parfaisant un tableau dense en émotions et dont l'étendue colorimétrique finira par vous frapper.
Les Ed Wood Jr sont des jeunes pousses dont le passif et les actifs sont à leur crédit, des arguments de taille pour t'inciter à te pencher sur leur cas avec le plus grand intérêt !