Drenge - S/t 2 frangins, une guitare, une batterie et c'est tout. Mais tellement suffisant. Des gamins de 19 et 21 ans biberonnés au son des Queens of the Stone Age, Black Keys et autres White Stripes qui n'ont d'autre rêve dans la vie que d'envoyer des riffs tranchants copuler bruyamment sur la platine avec une batterie prise d'une frénésie ardente. Le tout dopé par un chant habité et un feeling blues-rock/punky à l'arrogance brute que leur autorise leur fougue juvénile. Et ce groove ardent qui vient déflorer les enceintes sur un "Dogmeat" bestialement jouissif. On valide déjà d'autant plus que le titre inaugural ("People in love make me feel yuck") était d'une sympathique efficacité et que le petit zeste de coolitude provocatrice qui fait bien n'est pas oublié dans la suite ("I wanna break you in half").

On a compté et ça fait déjà 3 titres que le duo de Castleton (dans la région de Sheffield au Royaume-Uni) balance sans vergogne lorsque survient le single "Bloodsports". Un morceau qui respire l'expérience de vieux routiers que ces gosses ne sont pourtant pas et qui témoigne d'une certaine précocité (ou culture aussi) qu'ils ont mis à profit dans ce premier album éponyme et brûlant produit par un certain Ross Orton (Arctic Monkeys... bah ouais). Et comme la suite ne fait que confirmer l'évidence flagrante qu'est le talent fou de ces deux surdoués, avec des brûlots du calibre du fuselé "Backwaters" ou de l'atomique "Gun crazy", fatalement, Drenge sonne comme une bien clinquante découverte rock anglo-saxonne comme on n'en voit pas passer si souvent que ça par les temps qui courent (ou alors faut lire en long en large et en travers une certaine presse "rock" dégoulinante de déférence et mièvrerie crasse).

Sinon, en ce qui concerne Drenge, les deux ont pour blaze Eoin et Rory Loveless et ont une douzaine de balles dans le barillet. Ce qui paradoxalement ne les empêche pas vraiment de varier leur jeu (classieux "Face like in skull" vs "Nothing" aux relents stoner bluesy caniculaires) pour régulièrement pondre de jolies pépites du genre ("I don't want to make love to you") quand ils ne s'amusent pas à faire sonner leurs instruments juste pour le fun, comme ça, avant de s'offrir une ballade hors-format (pour les standards du genre outre-Manche) de quelques 8 minutes et des poussières, bien que quelque peu inaboutie ("Let's pretend"), avant d'enquiller juste après sur le final de l'album avec un "Fuckabout" surprenant et tout en morgue toisant l'auditoire avec une insolence toute fracassante... à l'image du reste de cet album que l'on qualifiera de cinglant et détonnant.. assez jouissif même.