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Tool : la référence évidente.
Day One Symphony : Moins connu, tout aussi talentueux...
- dredg: site officiel
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Rock
Dredg
Biographie > juge Dredg
Sous les conseils d'un ami brésilien très au fait de tout ce qui se passe dans le monde de la musique qui prend aux trippes (ThePRP), je contacte dredg, combo américain sur le point de signer un deal pour son premier album. Quelques jours après un échange de mail avec Drew, je reçois une grande enveloppe venue de Los Gatos, CA(lifornie), USA. A l'intérieur, le magnifique digipack de l'album Leitmotif et pour l'accompagner un dessin format raisin signé Drew.
L'écoute du CD me transporte dans l'univers de dredg, mais cet univers n'apporte que très peu d'infos sur ce groupe, le site officiel n'en dira pas beaucoup plus... En fait, cet album est la suite d'une aventure commencée avec un EP : Orph E.P., qui était selon les dires nettement plus métal. Là, faut-il parler de métal ? de rock ? pas évident de choisir entre les côtés Tooliens pour les ambiances sombres et des côtés très éthérées, plus Sonic Youthien. A des riffs métalliques et un chant très agressif succèdent des parties très pop, presque atmosphériques... A l'image d'un shovel qui se revendique rock (mais qu'on laisse en métal...), ou d'un Shun qui l'est sans aucun doute, on a "classé" dredg aux côtés d'A Perfect Circle sur nos pages rock, mais si tu veux le déplacer, libre à toi...
Les dredg sont 4 et ils précisent qu'il n'y a pas de samples sur leur album, Gavin, Dino, Drew et Mark sont donc derrière tous les instruments, deux invités placent leurs voix et un troisième un peu de violoncelle, le reste appartient à dredg qui a autoproduit cet album enregistré à San Francisco en 1999. Musicalement, les californiens sont à part sur la scène locale mais s'ils remercient des groupes comme Far, Tribal Disco Noise ou Papa Roach, c'est qu'humainement ils en sont proches. Ces accointances ne les empêchent pas de galérer pour l'instant à la recherche d'un label, comme quoi être américain n'est pas forcément signe de facilité...
Et puis tout s'enchaîne, succés critique, prestations live remarquées, signature sur une major, Drew ne répond plus aux mails... et dredg se concentre sur ce qu'il fait de mieux : la musique, sortent donc El cielo puis Catch without arms...
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Dredg / Chronique LP > Live at the Fillmore
L'intérêt d'un album live signé dredg tel que ce Live at the Fillmore est triple. Déjà, il y a l'attrait de découvrir ce que peut donner en concert l'un des groupes les plus fascinants de la scène indépendante internationale des dix dernières années. Ensuite, il y a le tracklisting de l'objet qui parvient à compiler sur une seule galette les compositions les plus abouties du groupe, ce qui permettra au néophyte de découvrir le groupe au sommet de son art. En piochant habilement dans sa discographie, les natifs de Los Gatos (Californie), ont su extraire l'essence de Leitmotif, El cielo et Catch without arms, leurs trois albums studio, en veillant à l'harmonie et el complémentarité de l'ensemble. Enfin, petit plus qui achèvera de convaincre les amateurs de dredg, il faut savoir que cet album live recèle quelques morceaux inédits.
Dès lors quoi ajouter à cela sinon qu'en évitant la promo facile et béate, on pourrait parler de ce live comme celui d'un groupe en pleine communion avec son public le temps d'un concert. Concert au cours duquel l'assistance en aura eu pour son argent, le groupe ayant interprété pas moins de 19 morceaux ce soir-là. Live at the Fillmore est donc un disque pour le moins complet qui permet aux californiens d'éviter de passer par la case best-of tout en offrant un opus live de haute volée. Cela peut paraître logique de dire ça, mais dredg en live, c'est encore mieux que sur CD, car c'est indéniablement sur scène que le rock enchanteur du groupe prend tout son sens. D'autant que le son est largement à la hauteur de l'évènement et le mixage est suffisamment bon pour que la voix de Gavin Hayes ne prenne pas le pas sur les instrumentations célestes de ses acolytes.
Et des titres tels que "Bug eyes", "Same ol' road" et "Of the room" de prendre une nouvelle dimension pour que le voyage musical au coeur de l'univers du groupe se transforme en une véritable expérience sensorielle. Comme touché par la grâce, dredg offre à son public et par là-même à ses auditeurs plus d'une heure et demi de poésie émo-rock pure. Entre mélancolie douce, émotion à fleur de peau et mélodies pop graciles, le combo mélange avec classe l'énergie du rock indépendant, la douceur cotonneuse de la pop, l'intensité du post-rock et l'élégance de quelques arrangements néo-classiques, pour un cocktail, aux atmosphères parfois délicieusement jazzy, sans égal. Un must have, tout simplement.
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Dredg / Chronique LP > Catch without arms
Intensité mélodique hors du commun, sonorités vaporeuses et expérimentations rock progressives, El cielo regorgeait de titres sublimissimes et avait offert à dredg le statut envié de groupe incontournable de la scène indie rock actuelle. Au moment de se pencher sur Catch without arms, la nouvelle offrande des natifs de Los Gatos (USA), il conviendrait de se poser une petite question, qu'attendons-nous au juste de ce troisième opus ? Un El cielo 2? Un disque qui reprendrait ce qui avait fait le succès de son prédécesseur, ou un album qui nous montrerait une autre facette de ce dont Gavin Hayes et sa bande sont capables ?
Evidemment, dès les premières écoutes de Catch without arms, nombreux sont ceux qui pourraient être surpris, déroutés, voire déçus par ce nouvel effort, assez différent de ce qu'avait pu proposer dredg avec El cielo ou Leitmotif, ses deux premiers albums. Mais n'est-ce pas justement l'intérêt d'un groupe tel que celui-ci, à l'heure où un album qui fait exploser les ventes est cloné à l'infini par le combo qui en est l'auteur ou tout une vague de formations dites "suiveuses" ? Quoiqu'on dise, objectivement ou non, de Catch without arms, on ne peut qu'admettre l'évidence, dredg a cherché avec ce disque à se réinventer, à explorer les limites de sa musique, à se mettre en danger en prenant le risque de déplaire à ceux-là même qui avaient encensés leurs précédents efforts jusqu'à plus soif.
Le rock poétique et intense de dredg fait des ravages dès les premiers titres avec les sublimes "Ode to the sun", "Bug eyes" ou "Not that simple". C'est simple, à l'écoute de ces morceaux, on se rend compte que seul le post-rock céleste de Sigur Ros parvient à nous transporter de la sorte. Le combo s'amuse avec les variations de rythme et se lâche sur le vibrant et éponyme "Catch without arms" aux parties de clavier qui frise la perfection. Si ça se trouve, on est peut-être en train d'écouter l'un des chefs-d'oeuvre de l'année. Mais on s'en doutait un peu, à force de se mettre à nu, de se livrer sans retenue, dredg prenait également le risque de se rater sur quelques titres.
C'est chose faite avec le désespérant "Zebra skin", sorte de pop-song insipide sur fond d'influences tendance, osons le terme, hip-hop... Un véritable supplice en regard du reste de l'album. Parce que, et c'est là le plus étonnant, c'est que le groupe se remet de suite en selle avec le puissant et très saturé "Tanbark". Vite oublié le raté de "Zebra skin". Surtout que s'avance sur la platine le chef d'oeuvre de cet album concept fondé sur la confrontation des opposés : "Sang real". Anges et démons, vie et mort, Yin et Yang, entre sensiblerie assumée et poésie sonique, dredg nous offre une merveilleuse pépite émo-rock.
Vous en voulez encore, alors le groupe nous gratifie de quelques autres morceaux d'anthologie tels que "Planting seeds" ou "Jamais vu". Etincelant et ennivrant. En principe, lorsqu'il s'agit d'aborder un album, le travail du chroniqueur est de décrire la musique d'un groupe et les émotions qu'elle procure en usant d'images, de métaphores et autres euphémismes. Dans le cas de cet album, sans doute moins complaisant, moins progressif, plus "calibré pop" et accessible que El cielo, difficile de faire un choix. Poésie rock, émotion à fleur de peau, c'est tout simplement beau et ça force le respect.
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Dredg / Chronique LP > El cielo
Lorsque l'on commence à parler de rock indé à tendance émotionnelle, difficile de faire en sorte que dredg et son second opus, El cielo, ne reviennent pas sans cesse dans la conversation tant cet album du combo américain est considéré par nombre de mélomanes comme une sinon LA référence incontournable du genre. A tel point qu'il est une preuve de bon goût (et alors ?) que d'être un amateur de la formation emmenée par Gavin Hayes. En un mot comme en cent, dredg est hype, selon le terme en vogue.
Certains diront que c'est bien joli tout ça, mais qu'au final, ça ne nous avance pas à grand-chose. Sauf à comprendre le contexte dans lequel va être décortiqué, décrypté et analysé l'émo-rock poétique du combo originaire de Los Gatos. Enfin, à condition d'être à la hauteur de cette chronique, ce qui n'est pas encore gagné, loin de là.
Accessible de par la grâce évidente des mélodies et du chant de Gavin Hayes, la musique de dredg, bien que parfois un peu autocomplaisante, ne laisse que très difficilement indifférent. Si les quelques circonvolutions soniques à tendance expérimentales qui concluent le précédent album du groupe et ouvrent celui-ci peuvent être déroutantes, le groupe montre avec des titres, tels que les sublimes "Same ol' road", "Sanzen", "A triangle" et "Of the room", d'un talent évident pour l'émo-rock intense et les mélodies pop épurées.
Album au concept assez flou, El cielo se distingue par la fluidité de son tracklisting et la qualité de la production confiée à un homme qui ne fait pas vraiment ses premières armes avec cet album, puisqu'il s'agit de Ron St-Germain (Tool). On est frappé par l'absence de limite qui caractérise la musique de dredg mais également par cette mélancolie douce ("Sorry but It's over", "18 people living in harmony") qui se dégage des 16 titres qu'il recèle. Des morceaux fouillés et aboutis, aux structures qui laissent une grande liberté d'exploration sonore au groupe, lequel ne s'en prive pas et livre ainsi un album qui navigue à vue entre les sonorités légèrement métalliques digne d'un A Perfect Circle et les mélodies pop de Radiohead, en s'offrant le luxe d'un petit détour par l'univers de Lisa Gerrard et Dead Can Dance ("An elephant in the delta waves"). Entre rock émotionnel intense, pop douce et mélodieuse et ambiant légèrement atmosphérique, dredg livre quelques petites perles incontournables tels que la ballade romantique néo-classique pour piano et violon "A walk in the park" ou le déchirant "Whoa is me", titre pour lequel le groupe se permet quelques incursions jazzy saxophoniques. Emouvant et intemporel.
Parce que même El cielo doit avoir une fin, dredg nous gratifie d'une dernière offrande avec le modèle d'orfèvrerie qu'est "The canyon behind her". Une dernière respiration, un ultime soupir et ce morceau termine l'album dans un écho en prolongeant un peu plus le rêve éveillé dans lequel les natifs de Los Gatos nous avaient plongés. Entre subtilité, fébrilité et intensité mélodique rarement égalée, dredg livre avec El cielo un album organique, envoûtant et métaphorique, d'une pureté et d'une beauté incomparable. Touché par la grâce. Certainement l'un des meilleurs albums émo-rock jamais composé.
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Dredg / Chronique LP > Leitmotif
C'est un symbole, à savoir
qui est le premier titre de cet album, quelques douces notes de guitare sur des temps marqués par deux gros riffs. La batterie sonne claire elle aussi, puis la voix de Gavin, claire elle encore, nous livre ses mots qui ne sont pas dans le livret qui préfère nous conter l'histoire de la quête pluriculturelle du bonheur. Si l'album est rempli de qualités, il a un un gros défaut, la production du chant et son rendu à l'écoute, est-ce voulu ? En tout cas, le son de la voix ne bénéficie pas d'une aussi belle clarté sonore que la batterie, la basse ou la guitare. Tout s'enchaîne sur Leitmotif et notamment une série de mouvements (il y en a 5 sur 10 titres), le premier de la série est un instrumental monumental où de fougueuses guitares nous font survoler de grandes étendues comme dans un rêve, c'est une invitation au voyage, mon enfant, ma soeur, que nous propose dredg. Suivons les coordonnées géographiques indiquées et en route. Les guitares de "Lechium" se font plus agressives et plus douce à la fois, alternant distorsions et passage éthérées où la session rythmique nous régale. La voix de Gavin se perd dans le lointain et les grattes repassent à l'action, un retour en force assez jouissif et Gavin pousse ses premiers cris et la mélodie du refrain reprend ses droits... "Crosswind Minuet", deuxième élan instrumental, tout en douceur, musique d'un vol de nuit agréable avant un explicite "Traversing through the arctic cold we search for the spirit of Yuta" qui démontre l'esprit de composition et d'approche de l'art musical des californiens. La voix est toujours très (trop) en retrait, mais les relances mélodiques et ryhtmiques sont tellement géniales... Changement de fréquence et "Movement III: Lyndon" livre sa beauté, ici Gus Farwell prête sa voix pour installer l'ambiance. Le "Penguins in the desert" qui suit est le morceau très métal de l'album, tout s'accélère, le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle sur le titre qui laisse quand même place à des plages de calme. 4ème instant de magie avec "Movement IV: RR", les 5 pièces instrumentales sont vraiment superbes et si le rendu du chant était différent sur les autres morceaux, l'album serait tout simplement un chef d'oeuvre... L'Asie nous est proposée à travers "Yatahaze" mais ce n'est que pour le voyage mental, musicalement, c'est un morceau assez énergique avec des riffs très entraînants qui rappellent les envolées des groupes power-pop. Les breaks et les ponts sont toujours admirables, mais c'est déjà pr esque terminé, le "Movement V: 90 Hour Sleep" va nous bercer, va continuer de nous faire rêver, le voyage aux travers des émotions continue. La piste "cachée" est peu appropriée, un amas de sons et de bidouillages gache un peu la boucle éternelle que ferait, sans elle, l'opus en mode <repeat all, all the time>.
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