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Biographie > Domino et les fantômes

En 2005 apparaît Domino & The Ghosts. Projet solo emmené par un Messin qui possède autant d'influences que la fnac possède de bacs (Mozart, Michael Jackson, Deftones, Nirvana, QOTSA et d'autres) et qui a, de toute évidence, un jour eu l'envie d'en faire quelque chose. Après des années passées à expérimenter, Domino, épaulé d'un batteur, se décide à formaliser son paquet d'idées en enregistrant 4 titres au Bedrum Studio avec l'étroite collaboration du maître des lieux (Baptiste Bouchard). Sorti en mai de cette année ce premier opus (With decay... and no compassion) est d'ores et déjà défendu sur scène, où Domino est rejoint par 3 nouveaux comparses.

Domino And The Ghosts / Chronique EP > With decay... and no compassion

Domino And The Ghosts - With decay ... and no compassion Je ne vous cache pas avoir vécu l'écoute de cet Ep avec plus de scepticisme que de passion. Ma première discorde ? La charte graphique du projet. Vous savez ce qu'on dit, la première impression conditionne toujours le jugement... À ce niveau je ne dénigre pas le contenu, mais le fond/la forme allant de pair, autant bosser la chronologie..
Donc, je n'ai déjà pas pu (ou pas su) me retrouver dans cet artwork à tendance nocturne et urbaine, le Reflex en pose longue, terriblement GettyImage, déjà mille fois utilisée, tombée dans le bien commun et qui m'a directement fait penser au A weekend in the city des Bloc Party. Alors là où la référence n'est pas un problème, l'association avec ce blase, un peu "téléphoné" du frontman accompagné de ses fantômes, me remue légèrement : je n'ai pas pu faire taire l'impression un peu fade d'une identité peut être pas assez aboutie. Je dis bien peut-être.

Pourtant, le projet date de 2005. Si l'Ep n'a pas connu 7 années de gestations, le projet lui oui. On pourrait d'abord penser que 7 ans c'est bien, c'est le temps nécessaire pour réfléchir, peaufiner. Mais 7 ans c'est en réalité très compliqué. 7 ans c'est aussi le moyen de se priver d'une certaine urgence et d'une certaine fraîcheur. À l'écoute, il faut le reconnaître, le contenu est très bien engagé. Assurément, les personnes aux commandes savent où elles veulent aller : La composition est calculée, rien n'est laissé au hasard et les arrangements sont efficaces. Mais il flotte comme un air d'académisme au pays du riff bien mineur, de la sauce stoner monocorde chromatique. La machinerie est enraillée et c'est fatal : ça ne mord pas vraiment et l'énergie me fait l'impression d'avoir été orchestrée et construite de toute pièce. Ici tout est imposé à l'auditeur. Pitié, suggérons un peu. C'est tellement plus efficace que de dicter une atmosphère avec une addition de ton sur ton, entre la basse sombre, lente et distordue, la voix sombre, murmurée, parlée tantôt poussée, la batterie sombre lourde et fournie et des guitares dans de sombres gimmicks caverneux. Le tout sur 4 titres. Cette équation à priori valable ne fait malheureusement pas le style. Il manque ce facteur indéfinissable, tant convoité, qui fait la différence, faisant basculer le tout et par le même temps, chavirer les cœurs.

La production, assurée en partenariat avec Baptiste Bouchard (My Own Private Alaska, Agora Fidelio), est léchée, belle et sublime bien, d'une certaine manière les arrangements. Mais le résultat trop agréable, propre et calculé vient faire mentir "le brutal", "l'immédiat et violemment sincère", "Sans concessions, sans limites" pourtant annoncé : je n'ai rien d'écorché entre les oreilles. Il aurait peut être fallu imaginer une production plus à l'arrachée, plus urgente, amatrice peut être, qui aurait pu témoigner d'une vitesse et d'une brutalité véritablement spontanée, à l'image des Jesus Lizard pour le chapitre Noise/Rock, ou même plus récemment avec Femme Fatale le projet de Jessy F. Keller (Ex-Death From Above 1979). Juste pour l'approche, car il est clair qu'on ne touche pas à la même esthétique.

Malgré tout, cet opus mérite largement qu'on se penche dessus, déjà pour le travail engagé et pour sa qualité de première parution. Avec le temps Domino & The Ghosts va encore affiner son propos et sa direction pour offrir des compositions et un style qui sera, j'imagine, de plus en plus personnel avec et grâce à des lives qui ne pourront qu'oeuvrer dans ce sens.