Domadora - Tibetan monk Domadora est un groupe qui ne refuse aucune expérimentation et laisse libre cours à son imagination pour créeer des compositions et s'ils les ont figées pour les mettre sur ce disque, il n'est pas certain de les réentendre un jour jouer de la même façon car leur maître mot est "improvisation" ! Avec un son très marqué seventies, on pense immédiatement à quelques folies contrôlées de Pink Floyd (celui du début de la décennie qui testait ses titres sur scène et qui a fait le succés de quelques bootleg) ou au talent de Frank Zappa (pour la guitare surtout, le reste étant assez éloigné). Dans l'idée et l'énergie envoyée, il faut plus chercher du côté de Led Zeppelin et de légion de groupes qu'ils ont inspiré car après l'introduction "Tibetan monk" où l'on sent une certaine retenue, Domadora lâche les chevaux et "Ziggy jam" est une ruée vers des riffs et des rythmes plus échevelés les uns que les autres...

Pas étonnant dans ces conditions que le début de "Naïroya" soit plus calme... Juste le temps qu'il faut pour se remettre de ses émotions et reprendre son souffle car ça repart de plus belle après quelques minutes. On arrive ensuite à "Chased and caught", titre axial de l'opus Tibetan monk puisqu'il se trouve au centre de quatre morceaux épiques qui avoisinent la dizaine de minutes, lui est différent car deux fois plus court et chanté ! L'atmosphère stoner se révèle alors plus qu'évidente et la chaleur du désert fait remonter dans mon esprit le nom de Yawning Man... Le micro est remis au placard pour la fin du disque même si sur "The oldest man on the left" on peut entendre quelques murmures en arrière plan. Quand on improvise et qu'on trouve de bons plans, ce n'est pas évident de les identifier, trouver un nom à une compo venue de nulle part, c'est un casse-tête et c'est ce qui a du arriver pour "Domadora jam" au riff principal bien gaulé et au son électrisant. Le titre s'apesantit peu à peu mais ne perd pas en dynamique, on ne sort de Tibetan monk qu'avec l'outro "Wild animal skin" au son plus léger et moins oppressant.

Grâce à leur maîtrise technique, les trois Domadora peuvent s'abandonner à leurs aspirations artistiques et vu la qualité de ce qu'ils proposent sur cet album, leurs prestations live doivent valoir le détour... A noter aussi l'excellent choix d'artwork, cette Chute des anges rebelles de Rubens fourmillent d'idées et imposent sa qualité au premier regard. Pour l'anecdote, c'est un thème qui avait été travaillé par Brueghel l'Ancien, un peintre dont l'univers doit également plaire au trio...