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Doctor Hell > Chronique LP / Super monsters & happy freaks
Super monsters & happy freaks, avec un titre pareil et un style musical ouvertement revendiqué rock/metal/punk... il y avait fort à parier que Doctor Hell n'inciterait pas vraiment à la nostalgie introspective et depressive... A raison. Car dès la mise en route, ça envoie sec. Riffing percutant, rythmiques explosives, mélodies fédératrices, la posologie est plutôt efficace : "Monster" donne dans le rock dynamite aux relents punky. Le Docteur semble avoir des fourmis dans les jambes alors il appuie à fond sur l'accélérateur histoire de débrider la machine. "All the lies" puis "Best friends" poursuivent dans la même voie, Super monsters & happy freaks est un disque urgent, un peu déjanté, franchement second dégré, comme une sorte de croisement idéal entre les Eagles of Death metal, Turbonegro et The Hellacopters. Soit du rock puissant et incisif qui a besoin d'afficher sa virilité façon Motörhead, pour pouvoir s'exprimer librement et qui défouraille avec un enthousiasme que beaucoup peuvent lui envier ("Nothing to fear", "On the run", "Miracle"...).
7 premiers morceaux exécutés en une petite vingtaine de minutes, Doctor Hell ne perd pas de temps à faire les présentations et rentre directement dans le vif du sujet. Sautant la case préliminaires pour passer aux actes, il déballe le matos avec vigueur et maîtrise. Electrique, enflammée, presque animale, la collision ne fait pas dans le détail, le groupe allongeant son propos pour balancer des riffs par palettes entières et des mélodies simples, brutes, mais terriblement efficaces ("Am I Hell", "Under control"). Au passage, on note quelques coups de rein plus métalliques et toujours aussi peu de subtilités chez le Docteur. Son art, il le pratique à la force du manche de gratte. Quelques soli incendiaires, des rythmiques bondissantes, une énergie folle... Il emballe son album avec un savoir-faire indéniable et ce petit truc en plus qui fait que les treize tires de Super monsters & happy freaks passent à une vitesse folle sans que l'on ne s'ennuie une seule seconde. Même si certains titres n'évitent pas une certaine redondance ("Wild child", "Take your hand"), ce premier effort propulsé par les instruments du Docteur, respecte à la lettre l'ordonance délivrée par le groupe : "play rock'n roll" tout simplement... Et c'est déjà pas mal.
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