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One-man band à l'origine, Dirty Projectors est le nom de scène de Dave Longstreth, un type de Brooklyn né au début des années 80. Son tout premier album, The grateful fallen mango, fait sur un 4-pistes, sort en 2002 suivi l'année suivante d'un deuxième intitulé The glad fact aidé par Adam Forkner de Yume Bitsu. En 2005, le groupe dévoile The getty adress, album indie-rock inspiré par la vie du chanteur et batteur des Eagles, Don Henley. En 2007, après l'arrivée de la chanteuse Amber Coffman, le groupe publie une version revisitée de Damaged de Black Flag en se basant sur des souvenirs datant d'il y a quinze ans. En 2008, le groupe signe chez Domino Records et sort Bitte orca l'année suivante. Cet opus est salué par la critique et amène la formation à jouer avec David Byrne des Talking Heads et Bjork, avec qui ils sortent un EP nommé Mount Wittenberg Orca en 2010. Le 10 juillet 2012, le groupe sort son sixième album, Swing lo magellan.

Dirty Projectors / Chronique LP > Swing lo Magellan

Dirty Projectors - Swing Lo Magellan Dirty Projectors, un nom qui en jette depuis près de dix ans à travers lequel la troupe dirigée par son fondateur ultra-talentueux, Dave Longstreth, a trouvé sa voie dans des formats pop-folk complétement délirants aux arrangements riches et soignés. Au cours de sa route débordante de concepts et d'envies farfelues, ce sextet de Brooklyn a tout de même trouvé le temps de pondre sa propre version de Damaged de Black Flag mais "de mémoire". Si cela peut vous aider à comprendre combien les limites du combo sont imperceptibles, il en a déjà conquis plus d'un et non des moindres : Bjork en premier lieu, qui s'est déjà jointe au groupe sur scène et sur un album collaboratif, David Byrne également et puis d'autres personnes moins en vue mais tout aussi respectueuses telles que notre cher Trevor Dunn (Mr. Bungle, Fantomas).

Oui mais voilà, Dirty Projectors a passé un cap en juillet dernier avec son tout nouvel album studio, le sixième, si nos calculs sont bons. Si Bitte orca gardait encore il y a trois ans les traces de cette soif expérimentale obsessionnelle, Swing lo magellan paraît aujourd'hui bien sobre à côté. Une des explications provient de la genèse de ce nouveau disque, Longstreth s'étant éclipsé pendant un an loin de Brooklyn et de son bouillonnement pour rejoindre la douce campagne de son Etat de New-York du côté d'Andes. Aucun thème ou concept d'écriture n'est venu emboiter le pas, ni ligne de conduite musicale, juste des chansons personnelles où les arrangements et les orchestrations sont moins monnaie courante. Un album écrit en compagnie de la chanteuse Amber Coffmann, présente depuis 2007, mais sans Angel Deradoorian, l'autre chanteuse, partie elle après la tournée de Bitte orca. Dirty Projectors a aussi un line-up évolutif...

L'écoute de Swing lo magellan est une bouffée d'air frais, un cadeau arrivant à point nommé. La peur de voir à nouveau la bande de Longstreth nous emmener vers des chansons pop alambiquées parfois lourd à digérer s'est effacée à la vue des titres que proposent le combo. Plus "conventionnel", ce Dirty Projectors-là swingue à sa manière en mettant du rythme là où il faut ("About to die"), son travail sur les voix et les chœurs autour de Dave est absolument fascinant (écoutez donc la frissonnante "Gun has no trigger" pour vous en faire une idée), sa magnificence s'évalue aussi sur le choix culotté des styles qui s'entrechoquent sur des compositions comme "Offspring are blank" qui mélange rock à riffs couillus avec chœurs et clapping. Le songwriting à l'allure déstructuré de Longstreth nous ramène agréablement aux fondamentaux folks bucoliques américains avec le titre éponyme ou la conclusive "Irresponsable tunes". Entêtant du début à la fin, ce Swing lo magellan n'est pas très loin du chef-d'œuvre.