Devianz / Chronique EP > Les lèvres assassines
Après un excellent album en 2005, Devianz se faisait attendre pour délivrer une suite à Una duna in mezzo all'oceano, après un changement de bassiste, le groupe s'est donc attelé à l'enregistrement d'un maxi 5 titres, Les lèvres assassines. Enregistré par Davy Portela (Pleymo) et produit par le groupe lui-même, cet EP est un peu à double tranchant, une sorte d'EP mi-figue mi-raisin, où le groupe à du mal à rebondir. Impression renforcée par le départ du batteur quelques mois après la sortie de ce nouvel effort studio.
Cinq titres qui montrent une nouvelle direction pour Devianz, plus mélodique, plus apaisée, la reprise piano de "Innocente petite chose" n'y étant pas tout à fait pour rien. Parmi les reprises se trouve également "Coeur d'odalisque", un peu le coeur de la meule d'"Odalisque I" présent sur Una duna in mezzo all'oceano, tout à capella, choeurs plus sombres, mais qui est également un ré-arrangement d'un titre précédent. On a un peu l'impression que Devianz fait du neuf avec du vieux, sans doute l'éternelle question, à savoir, "quand un titre est-il fini ?", la recherche de la perfection à t-elle une fin, questions presque méta-physiques, un travail perpétuel (voir par exemple Work in progress de Radius System). "Innocente petite chose" tient parfaitement la route au piano, avec dans le fond un violoncelle, mais fait pâle figure en tant que titre à part entière sur un maxi.
Devianz prend tout de même ses guitares en main sur une reprise de Daniel Balavoine, "Vivre ou reprise" et pourrait presque décrocher la timbale sur cette reprise facile, mais le titre convainc difficilement, un couplet qui manque de corps et d'âme, Devianz nous avait habitué à mieux, un solo de guitare qui démarre d'une manière faiblarde incroyable. Un titre juste bien, avec une impression de "peu faire mieux".
Finalement de ce cinq titres assassins, il n'y a vraiment que deux nouveaux titres, quoiqu'en fait "040506" est un instrumental très progressif, une longue intro sludgecore avec des guitares plutôt efficaces, mais au final un titre sans gras. "Vos enfants sont aussi des animaux" tient en fait tout ce maxi dans sa main, chant très haut, guitare acoustique, un couplet magique, un refrain un peu plus mordant, un basse solide mais un peu moins efficace que sur le précédent album, un titre qui part dans l'espace, orgasme cosmique, huit minutes de tension, un titre qui se retourne sur lui-même, dommage qu'il soit le seul de son genre sur ce maxi qui manque de consistance.
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Pooly
Août 2008
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