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Destruction Inc. (nommé ainsi en référence à un roman de Maurice G.Dantec) est une entité bicéphale : d'un côté on a "Destruction Inc's Greatest Hits" qui est une sorte de projet rock collectif évoluant un peu à la manière des Desert Sessions de Josh Homme (QOTSA) avec une foule d'invités et basé dans un studio d'enregistrement complètement indépendant basé au coeur de Paris, de l'autre, un power-trio plus classique composé de Pierre Belleville (Lofofora), Bastien Burger (ex-Madjik, Blackstrobe) et Shanka (ex-Lycosia, No One Is Innocent). Deux projets complètement indépendants dont le premier permet en 2005 de mettre en boîte Greatest Hits Vol.1 avec de nombreux invités (dont Kemar de No One Is Innocent ou Elliott Murphy). un recueil de compos mais également de reprises (PJ Harvey, Tears for fears) enregistrés dans les conditions du live et qui donne au trio l'idée de composer un premier "véritable album". Celui de l'autre face du projet Destruction Inc. (c'est bon tout le monde suit ?). 13 titres enregistrés en une semaine et voici Dogman's tales, un album qui débarque dans les bacs courant 2007 via Enragé Prod (The Dead Sexy Inc, L'Esprit du clan, Parabellum).

Review Concert : Destruction Incorporated, Cult Of Luna, la tournée éternelle (mars 2009)

Destruction Incorporated / Chronique LP > The Dogman's tales

destruction_inc_thedogman_s_tales.jpg Le "Dogman", serial-killer imaginaire qui sert de fil conducteur au premier album de Destruction Incorporated a été évidemment inventé de toutes pièces par le groupe. Il n'empêche que chacun des titres, à la fois furieux, ravageur et mélodique, évoque une page de l'histoire de cette créature hybride dôtée d'un appétit particulièrement féroce. Déjà l'artwork annonce la couleur : ça va cramer sévère... "Lucky day" ouvre les hostilités et enflamme rapidement les enceintes. Oscillant entre power-rock, punk et grunge, la musique du trio se gorge d'électricité pour mieux se consummer sur la platine à coup de riffs turgescents et de mélodies qui taillent dans le gras. Prod énormissime, groove phénoménal, le groupe évoque autant Motörhead que Clutch ou les Queens of the Stone Age mais avec un feeling monstrueux en plus. La preuve ? "Dogman", véritable tuerie rock saignante au fulgurances stoner qui tabassent. Breaks explosifs, chant qui n'est pas sans évoquer par moments le timbre bien particulier de John Garcia (Kyuss, Hermano, Unida...), mélodies vénéneuses qui serpentent entre les guitares qui crachent les décibels avec une furie peu commune, le bolide Destruction Inc. défriche à tout va et le moins que l'on puisse dire, c'est que ça fait foutrement du bien par où ça passe. "The good son", l'impressionnant "Road song", le power-trio distille son venin musical avec un savoir-faire irréprochable, celui-ci mis au service de compos électrisantes exécutées avec l'énergie de nouveaux venus sur la scène rock hexagonale. Résultat des courses : c'est à la fois sauvage, ravageur et complètement décomplexé. Un petit côté No Means No pour les destructions punk, un autre plus orienté Mike Patton pour les quelques accélérations démentes du final de "Sheep farm". Foudroyant. On savait désormais les Destruction Incorporated capables de puiser dans les influences des meilleurs représentants du rock, ils démontrent sur "All night" leur volonté de ne pas se laisser enfermer dans une quelconque case musicale, forcément trop étroite pour eux... Une rythmique monstrueuse, quelques arrangements industriels, une avalanche de riffs telluriques, le groupe nous compresse les conduits auditifs avec son rock burné à l'intro qui évoque NIN et au reste qui renvoie bruyamment à tout ce que les quinze dernières années ont su produire comme gros son qui déboîte une épaule. Chargé en riffs qui mettent sur les rotules, The Dogman's tales est également un album qui prend le temps de se poser le temps d'un "Cold water" aux accents old-school acoustiques renvoyant au maître Johnny Cash, avant que la puissance des guitares remettent les choses au point sur "Ruppehaus" puis "Melvin". Instrumentations catchy ou rythmique épileptique, Destruction Inc. lâche ses dernières cartouches avec l'ultra-mélodique "O'mother", avant de mettre un dernier coup de rein sur le très efficace et surpuissant "By myself". Rien à redire, The Dogman's tales est une tuerie rock'n roll...