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Biographie > Mont Mc Kinley

Maura Davis est le coeur de Denali, c'est elle qui insiste auprés de son frère pour qu'il l'accompagne à la guitare, le jour où Keeley accepte, il ne sait peut-être pas que ce "oui petite soeur" va l'entraîner loin de Richmond, nous sommes en l'an 2000 et pour être plus qu'un duo, les Davis vont s'entourer de Jonathan Fuller (batterie) et Cam di Nuzio, ce dernier étant guitariste, Keeley devient bassiste. Denali est devenu un groupe... Ils font quelques concerts, enregistrent un premier album éponyme (2001) et se font un nom grâce à la douceur de leurs compos et la voix de Maura... Signé chez le délicat label Jade Tree, ils sortent The instinct en 2003, un album qui débarque en France au début de l'année 2004 par le biais de Vicious Circle, toujours à l'affût des bons coups... Au printemps 2004, après que des divergences artistiques soient venues perturber le quotidien du groupe, Denali se sépare, Keeley Davis et Jon Fuller retrouvant Engine Down pendant que Maura recrute de son côté Stephen Howard (Pinebender), Matt Clark (Joan of Arc) et Ryan Rapsys (Euphone, Heroic doses) pour former Bea Lea, depuis rebaptisé Ambulette. Printemps 2006, un DVD posthume Pinnacle voit le jour via Lovitt, cette fois, la boucle Denali est définitivement bouclée.

Denali / Chronique DVD > Pinnacle

Denali : Pinnacle Août 2003, The instinct, deuxième album studio de Denali, voit le jour. Quelques semaines plus tard, deux des membres fondateurs du groupe, en l'occurence Keeley Davis (le frère de la chanteuse Maura) et Jon Fuller, quittent leurs camarades pour rejoindre Engine Down. Deux nouveaux musiciens viennent alors rejoindre Maura et Cam Di Nuzio et le quartet prend alors le nom d'Ambulette, Denali n'est plus, seuls restent deux albums sublimes et ce DVD en forme d'épitaphe. D'un point de vue formel, à l'heure où les DVD cinéma regorgent de bonus à tout va et que le petit monde de la musique s'y colle également, la première chose qui frappe lors de la découverte de Pinnacle, c'est justement son étonnante sobriété. Le minimum syndical même étant donné qu'on n'a même pas droit au moindre livret illustrant ce Pinnacle. Mais ne faisons pas la fine bouche, l'intérêt de ce DVD n'étant pas dans sa forme, mais dans son fond. Et là, par contre, Lovitt Records (le label de Denali) a plutôt bien fait son job...
Au programme, une très belle et très fournie galerie de photos (plus de 150 clichés), deux clips (pour "Hold your breath" et "Relief") et un live de trois quarts d'heure enregistré dans différentes salles de concerts. L'intérêt de ce "live recordings" réside dans le fait que si l'on n'a pas droit ici à un concert complet, c'est pour mieux apprécier les différentes couleurs et nuances de la musique du groupe en concert. En différents moments, en différents endroits, Denali parvient toujours à créer des atmosphères feutrées, bien aidé en cela par des jeux de lumières discrètement distillés. Plongée sans filet et en images au coeur de l'univers du groupe, ce "live recordings" permets de jouer avec les angles de caméras, de multiplier les points de vue et ainsi de percervoir la beauté de la musique de Denali jusque dans ses moindres détails. Un live, des photos, des clips, un objet très classe mais qui manquerait d'un soupçon d'originalité s'il n'y avait pas les home videos en bonus. "Faites maison", ces vidéos n'ont rien de promotionnelles et filment des instantanés de la vie de la formation menée par Maura Davis, captent discrètement et avec une certaine authenticité le quotidien d'un groupe en tournée et qui ne cherche pas à jouer les rock stars. DVD posthume, Pinnacle vient clore de fort belle manière la jolie carrière qu'aura eu Denali sur la scène indie-pop-rock internationale. Avec toute l'élégance que cela supposait. Classe...

[us] Lovitt Records (33 hits)External ]

Denali / Chronique LP > Denali

denali.jpg La première chose qui marque les esprits en découvrant le premier album de Denali, c'est la classe des compositions qu'il recèle. Et même avec plusieurs année de recul, l'album ayant été composé fin 2000 pour une sortie l'année suivante, des titres tels que "Gunner" ou le sublime "Relief" respire l'élégance. Le charme des mélodies feutrées portées par la voix douce et jazzy de Maura Davis, les atmosphères brumeuses et atmosphériques, Denali est un album au potentiel de séduction hors du commun. Mais ne réduire l'album qu'à cela serait une erreur grossière. Car ce disque délivre des compositions aux passages progressifs au clavier, des purs moments de rock avec des guitares qui sonnent, des lignes de basse oppressantes et des rythmiques qui savent parfaitement mettre tout cela en valeur. Indie pop, la musique de Denali est souvent douce et délicieusement envoûtante, comme enveloppée dans un cocon de velour ("Lose me"). Mais, aussi délicate soit-elle, elle peut également se laisser aller à des accès de rage. Une forme de colère contenue avait été mise en sourdine par le groupe, elle tend à exploser en des moments parfaitement choisis par Denali (le final de "French mistake"). Parfois légère, d'autres fois plus tourmentée (les distorsions de "Everybody knows"), mais toujours simple et sincère, la musique de Denali joue avec les nuances, décline à volonté toute une palette de couleurs dont elle seule semble avoir le secret. Que ce soit avec "Time away" et sa mélodie cristalline au piano, son chant haut perché et son intemporalité, ou "Gunner" et son intensité émotionnelle rare, Denali livre une oeuvre à la beauté troublante. Cotonneuse et hypnotique (un "Prozac" au titre éloquent), sa musique, mélange de pureté et de nuages sombres, nous réserve au final une dizaine de compositions raffinées et soignées dominées par une vocaliste au talent fou. Des morceaux d'une étonnante efficacité et qui nous offrent ici quelques instants de musique d'une beauté tout simplement incomparable ("Relief"). Magnifique...

Denali / Chronique LP > The instinct

denali : the instinct Il est presque dommage que Maura Davis ait une aussi jolie voix, on pourrait en oublier la qualité de la justesse des instruments qui l'accompagne tout au long de The instinct... Trip hop, pop, rock, c'est pourtant ces instruments qui indiquent les directions à suivre pour se plonger dans l'album. Des rythmes discrets, une basse ronde, de fines guitares, des samples délicats, d'autres petites choses qui mêlent le tout et cette voix délicieuse. Entrainante sur "Surface" ou "The instinct" (on pense alors à Dolly ou aux Cardigans), elle se fait plus charmeuse (et charmante) sur "Nullaby" ou "Welcome" (où Bjork croiserait An Pierlé), mais partout, c'est d'abord elle qu'on entend, qu'on écoute, véritable centre de gravité de Denali, Maura n'a pas besoin d'en faire des tonnes pour nous toucher et c'est cette simplicité qui réduit l'espace entre elle et nous. The instinct est produit par Peter Katis (on peut donc y trouver le calme d'Interpol, la douceur de Mercury Rev, la dynamique de Get Up Kids...), le travail sur les ambiances comme sur les guitares soft est parfaitement réussi et quand ("Normal days") Denali pourrait se laisser entraîner dans un déluge sonique (Youth ?), l'élan est coupé net, le groupe semble préférait se survolter dans la douceur et les arrangements que dans les enchaînements faciles, bien d'autres devraient s'en inspirer...
Amateurs de voix cristallines et de voyages reposants, Denali répondra à vos attentes avec classe.