Delacave - If i am overthinking C'est donc aidé de deux nouveaux compères de La Grande Triple Alliance Internationale de l'Est (Quentin Scanner de Sida à la batterie, et du guitariste Cheb Samir, membre entre autres de 1400 Points De Suture, Capputtini I Lignu et Trans Upper Egypt) que Delacave poursuit son opération de morosité massive à travers un recueil de neuf morceaux explorant autant la coldwave que le kraut-rock en passant par le (post) punk. L'un des combos (devenu) rock le plus dark de la planète musicale française n'en a pas oublié pour autant ses synthétiseurs d'antan car If I am overthinking, talk about anything, any damned thing réexplore certains de ses faits d'armes sonores notamment ceux issus de Gloomy ("The way of nothing", "I can't do anything" devenu "I can do" et "Territory"). Évitant de s'embarrasser à se chercher un style trop sophistiqué pour anxiogéniser la populasse des caves, le groupe se base sur des formats de chansons simples et efficaces touchant directement l'âme.

Que cela soit en jouant sur l'idée de formules répétitives (comme sur les excellentes "I can do" et "Uniform with no brain"), en jouant la carte de la longue langueur agonisante ("The way of nothing"), ou bien en appliquant quelques mouvements véloces aux tons graves ("7th stair" et "Gutbrain"), Delacave séduit à chaque essai en nous entraînant presque trop facilement dans leurs désenchantements. Du coup, même quand résonne un titre vif et piquant comme "Territory", on se surprend à se dandiner outrageusement et à se noyer dans ses nuées mélodiques, comme si le groupe devenait juste un groupe de rock lambda aux mélodies facilement envoyées. Sauf que ce n'est tout à fait correct, puisque le quatuor a réussi le pari de sortir une œuvre cendrée fantastiquement chargée en émotions, tout en captant les codes de courants musicaux habitués aux néons et à la moiteur plutôt qu'à l'air frais et à la lumière naturelle. En clair : Jetez-vous sur ce disque !