Dawnshape - Sparse prism Il y a un peu moins de trois ans maintenant, Dawnshape se faisait remarquer dans les hautes sphères de la scène indé hexagonale en livrant un premier effort qui s'ébrouait alors gaiement dans un registre rock/metal polymorphe aux inspirations à aller chercher du côté de Dona Confuse ou Team Sleep pour les parties légèrement électroniques. Cet automne, le groupe revient avec un deuxième EP au prix d'une belle réorientation musicale avec ce Sparse prism, présenté dans un élégant digisleeve limité et numéroté à la main. Nappe ambient pour se caler confortablement dans le fauteuil puis rapidement, ce riff alerte qui vient percuter nos tympans, accompagné d'un chant en forme de harangue math-noise-rock à l'urgence palpable, "Several inputs" pose les bases de ce qu'est ce Dawnshape 2.0.
Mathématiques et bouillonnantes, à la fois limpides et complexes, les compositions proposées par le trio francilien masquent d'évidentes subtilités derrière une aisance technique apparente et une vélocité foudroyante ("Bearded dude simulacre"). Deux premiers titres en forme de torpilles indie-math-noise et voici que le groupe prend le temps de se poser le temps d'un "No alchemist" plus tortueux et onirique, emmené par une trame mélodique incertaine et des ambiances électriques légèrement embrumées. C'est aussi ça le nouveau Dawnshape, une musique qui refuse de se laisser avoir par la facilité, désireuse de défricher des territoires sonores sans se soucier des tendances ni de la pensée unique... pour mieux livrer une petite bombe du calibre d'"Is it boiling ?". Constructions rythmiques particulièrement élaborées, joyeux boxon noise tout en rupture, faux rythme apparent ("Border"), le groupe ménage ses effets et conclue de manière déroutante cet EP avec "It all looks still", entre bruissements électriques et minimalisme barré. Inventif.