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A peu près inconnu par chez nous, David and the Citizens est pourtant l'un des groupes phares de la scène indie pop suédoise. Formé dans les environs de Malmö en 1999 sous l'impulsion du songwriter David Fridlund (chant, piano, guitare acoutique), le groupe est aujourd'hui composé, hormis son initiateur, d'Alexander Madsen (guitare), Conny Fridh (basse, choeurs), Magnus Bjerkert (trompette, orgue, piano) et Mikael Carlson (batterie, choeurs). Après plusieurs démos et EP sortis entre 2000 et 2002, (dont I've been floating upstream), David and the Citizens fait comme beaucoup de ses contemporains et franchi l'étape le menant vers l'enregistrement d'un premier album. Celui-ci, intitulé For all happy ending, voit le jour en mars 2002 et cartonne dès sa sortie dans les bacs scandinaves. En l'espace de deux ans et demi à peine, le groupe s'est fait une place de choix sur la scène suédoise et n'hésite pas à enfoncer le clou dès les mois qui suivent avec une série de maxi (The end, Graycoated morning...) qui mènera le groupe vers son second album studio : Until the sadness is gone. Deuxième opus et nouveaux succès dans les charts suédois, le groupe passe du statut de bonne surprise à celui d'espoir en passe de confirmer et signe alors chez Bad Taste Records (Danko Jones, Logh, Hard-Ons...). Mai 2006, David and the Citizens revient sur le devant de l'affiche avec Are you in my blood, un nouvel EP 5 titres préfigurant la sortie du prochain album du groupe, prévue pour l'autome suivant.

David and the citizens / Chronique LP > Stop the tape ! Stop the tape !

david_and_the_citizens_stop.jpg Il faut bien l'admettre, avoir la chance de recevoir au fin fond de sa tannière des tonnes de disques bons, moins bons, excellents et même parfois mauvais (ça arrive aussi...), est un privilège extraordinaire. N'avoir aucune contrainte et écrire ce que l'on veut sur le disque que l'on choisi (ou pas) de chroniquer en est un également. Et parfois, se laisser aller à râler sur certains petits "trucs" qui dérange, et bien pourquoi pas. En l'occurence, ici, comme sur quelques autres promo qui peuvent atterrir dans nos boîtes à lettre, le petit jeu auquel se livrent les majors comme les labels indépendants consistant à découper leurs exemplaires réservés à la presse en 82 plages, comme présentement avec le nouvel album de David and the Citizens. Soit-disant, ce serait pour lutter efficacement contre le piratage, dans les faits, pour l'efficacité, on repassera, la très grande majorité des fuites que l'on retrouve sur le net trouvant leur source du côté des gens qui bossent dans les studios d'enregistrement ou du côté des maisons de disques. Comme quoi des chroniqueurs ou journalistes qui s'amusent à se la jouer en exhibant sur la toile les "advanced copy", il y en a certainement, mais pourquoi ne pas balayer devant sa porte avant de cogner sur le voisin ? Surtout que dans un cas comme celui de David and the Citizens, encore faudrait-il que le groupe soit dans la position du poids-lourd des charts qui redoute de se faire piller sauvagement avant même la sortie de son album dans les bacs, ce qui n'est pas vraiment le cas, surtout part chez nous. Soit. Conclusion, segmenter ce Stop the tape! Stop the tape! n'a au final d'autre finalité que de compliquer soigneusement la tâche de celui qui voulait l'écouter sur sa chaîne hi-fi et non via son PC dernier cri.
En ce qui concerne la formation suédoise, la promo est plutôt bien rôdée et blindée puisqu'en plus de ce nouvel album, on avait déjà eu droit trois mois plus tôt à un EP prometteur et accrocheur en guise de hors d'oeuvre (Are you in my blood?). Normal donc, de s'attendre avec cet album à une galette à placer dans la droite lignée de l'EP... Normal donc de se retrouver en peu déçu en écoutant les premiers power-pop songs de Stop the tape! Stop the tape!, des titres assez enlevés, énergiques, très radiophoniques et au final assez insipides, même si pas forcément désagréables ("A heart & a hand & the love for a band", "Out of my hands"...). peu à peu pourtant, les suédois retrouve le chemin qu'ils avaient emprunté sur Are you in my blood pour nous livrer des titres plus efficaces, toujours fédérateurs mais au songwriting inspiré. On pense un peu aux petits frenchies de Rhesus, beaucoup aux anglais de Bloc Party et leur cocktail de new power-pop post-punk énergisant lorsque l'on écoute des titres tels que "Oblivion". Un énième clone de ce qui explose les charts anglo-saxons depuis deux ans ? Un peu, mais pas complètement, car, David and the Citizens se fait plus sophistiqué ("Devil", "Sad song #2") sans pour autant convaincre complètement. Le groupe a délibérement lissé son propos, rendant par la même occasion ses compositions plus ternes et moins accrocheuses qu'auparavant. Et au final, c'est l'impression qui prédomine au terme des différentes écoutes de cet album qui manque cruellement de saveur et d'inventité, le sentiment d'écouter un groupe qui nous sert une musique déjà entendue mille fois ailleurs. Peut (et doit) mieux faire...

David and the citizens / Chronique EP > Are you in my blood ?

david_and_the_citizens.jpg Certains vont se dire que j'ai un poste à l'ambassade de Suède, ce qui me vaut de chroniquer systématiquement tout ce que je reçois en provenance des pays scandinaves et pourtant, ce n'est absolument pas le cas. La réalité, c'est tout simplement que la scène pop/rock/stoner/métal nordique est d'une étonnante vitalité et que les groupes originaires du Nord de l'Europe ont décidé de franchir leur frontière pour déferler sur leurs voisins. On a récemment eu droit à du gros rock hormoné, cette fois, c'est de la pop soyeuse et sereine qui est l'honneur avec David and the Citizens et son Are you in my blood ?. Un album d'indie pop classieux mais chaleureux, un disque aux mélodies tenues et variablement inspirées par la vague émo-pop venues du Royaume-Uni (l'introductif et éponyme "Are you in my blood ?"). Des mélopées un peu naïves mais touchantes, douces et surplombées de ligne de guitares capricieuses. "Absent mind" est dans la même veine que son prédecesseur, toujours ce songwriting radiophonique, ces refrains accrocheurs, mais avec cette fois quelques touches de jazz acoustique du plus bel effet. Au travers de ces deux premiers titres, les Suédois livrent des compositions soignées, particulièrement bien produites et, bien qu'un peu convenues, exécutées avec un plaisir évident. A ce titre "48h" est sans doute le titre le moins calibré de l'album, mais pas pour autant le moins inspiré. Au contraire. Comme quoi, une fois encore, démarche mercantile et velléités artistiques ont parfois du mal à faire bon ménage, sauf chez des groupes tels que Tool, APC ou Radiohead, qui eux, de toutes les façons, peuvent tout se permettre. Pourtant, David and the Citizens se plaît à jouer avec les paradoxes, livrant par là même à la fois un tube accessible aux mélodies faciles, sympathiques mais un peu lisses ("Mona"), puis montrer l'instant d'après un tout autre visage. Plus contemplatif et réfléchi, le groupe livre alors un morceau aux instrumentations tendant vers le mouvement post-rock sans pour autant délaisser les sphères indie-pop des premiers titres. De bonne augure en prévision du troisième album studio des Suédois.