rock Rock > David and the citizens > Chronique LP / Stop the tape ! Stop the tape !

david_and_the_citizens_stop.jpg Il faut bien l'admettre, avoir la chance de recevoir au fin fond de sa tannière des tonnes de disques bons, moins bons, excellents et même parfois mauvais (ça arrive aussi...), est un privilège extraordinaire. N'avoir aucune contrainte et écrire ce que l'on veut sur le disque que l'on choisi (ou pas) de chroniquer en est un également. Et parfois, se laisser aller à râler sur certains petits "trucs" qui dérange, et bien pourquoi pas. En l'occurence, ici, comme sur quelques autres promo qui peuvent atterrir dans nos boîtes à lettre, le petit jeu auquel se livrent les majors comme les labels indépendants consistant à découper leurs exemplaires réservés à la presse en 82 plages, comme présentement avec le nouvel album de David and the Citizens. Soit-disant, ce serait pour lutter efficacement contre le piratage, dans les faits, pour l'efficacité, on repassera, la très grande majorité des fuites que l'on retrouve sur le net trouvant leur source du côté des gens qui bossent dans les studios d'enregistrement ou du côté des maisons de disques. Comme quoi des chroniqueurs ou journalistes qui s'amusent à se la jouer en exhibant sur la toile les "advanced copy", il y en a certainement, mais pourquoi ne pas balayer devant sa porte avant de cogner sur le voisin ? Surtout que dans un cas comme celui de David and the Citizens, encore faudrait-il que le groupe soit dans la position du poids-lourd des charts qui redoute de se faire piller sauvagement avant même la sortie de son album dans les bacs, ce qui n'est pas vraiment le cas, surtout part chez nous. Soit. Conclusion, segmenter ce Stop the tape! Stop the tape! n'a au final d'autre finalité que de compliquer soigneusement la tâche de celui qui voulait l'écouter sur sa chaîne hi-fi et non via son PC dernier cri.
En ce qui concerne la formation suédoise, la promo est plutôt bien rôdée et blindée puisqu'en plus de ce nouvel album, on avait déjà eu droit trois mois plus tôt à un EP prometteur et accrocheur en guise de hors d'oeuvre (Are you in my blood?). Normal donc, de s'attendre avec cet album à une galette à placer dans la droite lignée de l'EP... Normal donc de se retrouver en peu déçu en écoutant les premiers power-pop songs de Stop the tape! Stop the tape!, des titres assez enlevés, énergiques, très radiophoniques et au final assez insipides, même si pas forcément désagréables ("A heart & a hand & the love for a band", "Out of my hands"...). peu à peu pourtant, les suédois retrouve le chemin qu'ils avaient emprunté sur Are you in my blood pour nous livrer des titres plus efficaces, toujours fédérateurs mais au songwriting inspiré. On pense un peu aux petits frenchies de Rhesus, beaucoup aux anglais de Bloc Party et leur cocktail de new power-pop post-punk énergisant lorsque l'on écoute des titres tels que "Oblivion". Un énième clone de ce qui explose les charts anglo-saxons depuis deux ans ? Un peu, mais pas complètement, car, David and the Citizens se fait plus sophistiqué ("Devil", "Sad song #2") sans pour autant convaincre complètement. Le groupe a délibérement lissé son propos, rendant par la même occasion ses compositions plus ternes et moins accrocheuses qu'auparavant. Et au final, c'est l'impression qui prédomine au terme des différentes écoutes de cet album qui manque cruellement de saveur et d'inventité, le sentiment d'écouter un groupe qui nous sert une musique déjà entendue mille fois ailleurs. Peut (et doit) mieux faire...

aureliO
Août 2006

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