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dAS MODEL > Chronique LP / Featuring animals

das model : featuring animalsRentrer dans l'univers de dAS MODEL est un voyage atypique et la première étape, la découverte de l'artwork, laisse courir l'imagination, tant la simplicité est poussée à l'extrême. Une fois le CD mis en route, on comprend vite que l'écoute des huit titres de Featuring animals ne sera pas dénuée d'effets. En guise d'entrée en matière prophétique, "Trojan transmission" combine des dissonances guitaristiques et un dialogue entre cris saisissants et voix FM, avec en toile de fond une rythmique purement rock'n'roll. Frénétiques, les trois lillois nous délivrent ici un cocktail de riffs assassins : Beigbeder parlait de Nouvelles sous ecstasy, il trouve ici son équivalent musical. Le voyage continue avec "Worms and chevals" ainsi que "Pawns' assault", deux odes à la syncope rythmique et aux guitares pauvres en gain, mais riches en sonorités. Le rock noisy écorché vif du trio tient l'auditeur en haleine, oscillant entre atmosphère pesante et urgence sonore. "Perfect stag's bell", où quand le ternaire rencontre le binaire. La cadence saccadée laisse sa place à des riffs rageurs, toujours avec cette présence vocale en fil rouge. La toute fin du titre fait la part belle à une débauche d'accords riches en émotions et de voix torturées, avant de laisser la place à un interlude aux teintes prog. "To kill boyhood", la pièce maîtresse de l'album, fait écho à cette pause avec une guitare funèbre et une basse fuzzée à l'extrême, avant de plonger l'auditeur dans une succession d'accords intenses. La batterie porte à elle seule un chant-mégaphone acide, suite à quoi le trio part dans un maelström de distorsions intenses. Une envolée lacrymale aux accents doux-amers d'une rare beauté, dAS MODEL franchit ici le point de non-retour, et nous avec. Et "Braga" de prendre la suite, sans rupture ou presque. L'agitation du six-cordiste emporte le reste du groupe avec lui, avant de bifurquer vers un down tempo où l'on s'époumone, la rupture est proche. Le voyage se termine avec "Saccharine sabotage", où apparaissent xylophone et trompettes, pour le dernier mouvement d'une symphonie noisy du plus bel effet.

pierrotlalune
Avril 2008

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