Das Kino - the call of a vision Si la nature sait créer de remarquables symbioses comme le poisson clown avec l'anémone ou le pluvian fluviatile avec le crocodile du Nil, le monde musical sait aussi combiner des artistes aux aspirations a priori éloignées. C'est le cas dans ce nouveau projet porté par le groupe Das Kino ("le cinéma" en allemand) où le chant doux et chaud de David Darricarrère interagit avec celui de Léa Colombet, diaphane et fluet ; le premier en anglais dialoguant souvent avec la seconde en français ("Out of the shadow", "Ton exil"). La bande originale de cette rencontre est une électro-pop fouillée et délicate qui a su trouver le juste équilibre, jamais dans l'excès d'orchestration ni dans un minimalisme easy listening. Un subtil dosage avec des titres bien electro ("Electric jungle"), certains plus trip-hop, ou d'autres tout en sobriété comme "L'amoral", qui se développe principalement autour d'un piano classique. On pense aux Islandais de Gang Bang, à Lady & Bird, on pense aussi pas mal à Portishead sur l'intro du titre "Le silence", et on pense surtout à prendre un abonnement dans ce cinéma, pour un long métrage envoûtant et entraînant.