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Crippled Black Phoenix > Chronique LP / A love of shared disasters
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Crippled Black Phoenix
LP : A love of shared disasters Label : Invada Records invadarecords.com/ Date de sortie : 02/04/2007 |
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Qu'attendre au juste de la rencontre entre quelques apôtres d'un rock underground aux relents metal extrème (Electric Wizard, Esoteric...) et des maîtres du post-rock stratosphérique ? Quelques ballades post-folk crépusculaires mélancoliques, déchirantes et hautement improbables... Du moins c'est ce que répond A love of shared disasters, premier opus né de la collaboration étrange entre les neufs membres plus ou moins honoraires de Crippled Black Phoenix. Le tout placé sous la haute autorité de Geoff Barrow (Portishead) et mené par Dominic Aitchison (Mogwai). Plus qu'un banal side-project, une hydre à neuf têtes qui aurait dû engendrer quelques manifestes doom expérimentaux sales et graisseux... au lieu de cet album. Pourtant, tout l'intérêt de l'entreprise est là... surprendre dans un premier temps, avant de convaincre dans un second. Objet musical difficilemment indentifiable, A love of shared disasters prend la forme d'un gigantesque fourre-tout artistique, mais avec une ligne de conduite très discrètement tracée en filigrane. Cet album verse dans l'intime : un piano vague, quelques guitares acoustiques, des violons lointains... et surtout la Grande Faucheuse qui semble rôder à chaque coin de rue. Ambiance post-chaotique de recueillement introspectif alors que l'apocalypse vient de frapper ce no man's land dans lequel on évolue... entre ombres et lumières, entre harmonie douce et hypnose post-mortem, le tout dans un cadre singulier et onirique, il est clair que A love of shared disasters porte plutôt bien son patronyme.
Cela dit, le résultat est relativement inégal, car dans le monde en noir et blanc (plus noir que planc du reste) de Crippled Black Phoenix, les émotions ne jaillissent jamais au visage de l'auditeur, toujours sous-jacentes, délibérément mises en sourdine, elles se promènent au coeur d'un univers glacé avec le risque de parfois susciter un ennui poli. Le problème avec des albums tels que A love of shared disasters, c'est que sous l'objet protéiforme ne transparaît pas forcément ce feu sacré qui aurait dû s'emparer des membres du projet. Résultat des multiples écoutes, une certaine lassitude devant un objet un peu trop difficile à cerner, frigide, un peu soporifique, souvent insaissable. Quelques instrumentations post-classiques viennent donner un peu d'appoint à l'ensemble, mais le coeur n'y est pas forcément, Crippled Black Phoenix accouchant par là-même d'un album un peu boiteux et difficile à appréhender. A chacun de se faire son avis...
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[-] Pas de sujet
pas si boiteux quand même, mais pas simple pour y rentrer