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Creed aux Eurocks 1999 Creed aux Eurocks 1999 Si à 17 ans Scott Stapp n'avait pas quitté le foyer où il avait reçu une éducation stricte et portée sur la religion, Creed n'aurait jamais existé.
A 17 ans, Scott en a marre d'être puni s'il écoute Elvis et de devoir recopier des psaumes de la Bible s'il est pris en flagrant délit d'acte qualifié de diabolique, le rock, c'est pas trop le truc des pentecôtistes. La vie de Scott commence donc à 17 ans et aprés Def Leppard il découvre les Doors. La lecture de la biographie de Jim Morrison l'amène à Tallahassee (Floride), ville où Jim a vécu, il vit pendant une semaine dans sa voiture avant de s'installer avec Mark Tremonti avec qui il décide de monter son premier groupe de rock.
Nous sommes alors en 1995, Brian Marshall, un copain de classe joue dans un groupe de covers, le groupe split et avec sa basse il rejoint ses deux amis, au groupe il apporte un nom : Creed. Scott Philips était le gérant d'un magasin ouvert la nuit, il est le dernier à rejoindre Creed. Creed qui signifie pour le groupe "croyance", "foi" car ils se posent de nombreuses questions auxquelles ils n'ont pas forcément les réponses. Ils tentent de trouver leur propre croyance, les bonnes réponses ... doit-on croire en ceci ou en celà ??? La composition des morceaux libèrent les esprits de Scott et de Mark qui au début ne faisait que des reprises... Ils ont rapidement plus de 50 compos parmi lesquelles, faute d'argent, ils doivent n'en retenir que 10 pour l'enregistrement d'un album.
Creed aux Eurocks 1999 Creed aux Eurocks 1999 Leur choix est fait et pendant de longs mois, ils économisent pour pouvoir se payer 4h de studio par semaine, l'album est aux 3/4 enregistré (sous la direction de John Kurzweg) quand le titre "My own prison" passe sur les radios, Jeff Hanson, leur manager, apporte alors les derniers financements pour terminer l'album dont l'enregistrement aura au total pris un an et aura coûté 6 000 $ ! En avril 97, My own prison sort sur un label local "Blue Collar", quelques titres passent sur les radios locales et 2 mois aprés, 3 000 albums sont déjà vendus. Wind-up, un label d'Epic (Sony) s'empresse de les signer et fait remixé l'album par Ron Saint-Germain (Tool, Soundgarden, 311), l'album "remixé" ressort en août, avec "My own prison" en single pour le promouvoir. Un titre qui se classe 1er dans le classement single des radios rock, il ne sera délogé de la première place que par "Torn" qui sera lui-même remplacé que par "What's this life for". Que 3 singles d'un même groupe se succèdent à ce classement, c'est exceptionnel, aussi exceptionnel que d'avoir 3 titres parmi les 20 meilleures vente. Mais Creed est un groupe exceptionnel.
Creed aux Eurocks 1999 Creed aux Eurocks 1999 En février 99, c'est 3 millions d'albums qui se sont vendus aux USA, c'est à ce moment-là que les Européens découvrent l'album, avec en titre bonus la dernière compo "Bound & Tied" pour se faire pardonner la date de sortie, trés tardive. Creed enchaîne les tournées aux USA, vient d'enregistrer "Bound and tied" pour la BO de Dead man on campus, reprend "I'm 18" d'Alice Cooper pour la BO de The faculty, est invité à faire une reprise des Doors pour un tribute album, "Riders on the storm"... bref, ils pourraient débarquer en Europe comme des rois et là, non, aprés une trés courte tournée européenne (12 dates en mars), ils font tous les grands festivals d'été sur les "petites scènes" pour être pleinement apprécié de leurs fans (Scott déclare : "je veux pouvoir voir le public, je dois pouvoir échanger des regards avec un spectateur"). C'est comme à leurs débuts, le public qui va à leur rencontre et non l'inverse. La rencontre avec Creed, ce sont vos vrais amis qui connaissent Creed qui vous l'imposent, uniquement pour faire partager leur bonheur.
Le deuxième album "sera un peu plus sombre que le premier (...) mais si vous aimez l'un des deux, vous aimerez l'autre" d'aprés le batteur, Scott. Human Clay débarque fin septembre 99 et fort de la continuité de la promotion du "nouveau groupe" qui en est déjà à son deuxième album parce que le premier s'est fait connaître doucement mais surement, bref, fort de leur passé, les Creed font un carton, la vie est belle, la tournée s'annonce bien, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Si les ventes fonctionnent bien (Human Clay est 10 fois disque de platine !), la machinerie interne du groupe s'enraye, lors d'une interview à la radio Brian Marshall (bassiste) se laisse aller à critiquer Eddie Vedder et c'est le clash, même si le groupe se défend de s'être séparé de lui pour cette unique raison, il est évident qu'il y a un lien. Un bassiste remplaçant est trouvé pour assurer la fin de la tournée. Une page importante de l'histoire du groupe vient de se tourner. A l'été 2001, Brian Marshall forme un nouveau groupe du nom de Grand Lux et on l'oublie. Creed aussi qui décide que pour l'album suivant, ils feront sans bassiste, c'est tout bénéf' pour Mark Tremonti qui assure donc les parties basse en studio, un bassiste pro assurant les concerts...
2001, Creed a pris des vacances et son temps pour son troisième album, Scott Stapp a créé une fondation à but caritatif et est devenu le gendre idéal d'une Amérique sous le charme. Et deux tours plus tard, Creed est de nouveau en pleine tempête, l'album est repoussé, des concerts annulés, l'automne 2001 ne fait sourire personne, le profil bas est partout de mise, sauf pour un certain G.W. Bush qui s'érige en leader du monde libre. C'est finalement fin novembre que sort Weathered à travers le monde. Alors que je rédige ce paragraphe (janvier 2002), cela fait 8 semaines que ledit opus squatte la place de N°1 des meilleures ventes aux USA, dépassant déjà les 5 millions de copies et amenant le total des ventes terrestres du groupe à plus de 40 millions... Incroyable et méritée, ce n'est finalement qu'une énième success story à l'américaine... Pendant ce temps-là, en France, une grande partie du public rock continue d'ignorer Creed comme ils ignorent les autres descendants du grunge que sont Bush, Nickelback, Puddle of Mudd, 3 Doors Down... Tant pis pour ceux qui ne retiennent que les pauses du chanteur play-boy et qui jalousent son succés sans écouter ses chansons, ils ratent quelque chose...

Le groupe se sépare en 2004, se reforme pour une tournée et un album en 2009, Scott a tenté une carrière solo tandis que les trois autres membres originels connaissent un beau succès avec Alter Bridge.

Review Concert : Creed, Creed aux Eurocks

Creed / Chronique LP > Weathered

Creed : Weathered Titre ambigü pour ce troisième album de Creed que plus d'un attendait au tournant après l'éviction de leur bassiste... Le groupe, désagrégé, allait-il survivre à lui-même, se dépasser ou se contenter de reprendre la recette des deux premiers opus dont les ventes se comptent en dizaines de millions d'exemplaires ? Dés "Bullets", l'auditeur connaisseur a la réponse à ses interrogations, Creed est de retour et pas à moitié... Ce titre est certainement le plus énergique, le plus punchy qu'ils n'aient jamais enregistré ! Il en est presque métal... Les riffs lourds et la basse distordue et élastique de "Freedom fighter" confirment les premières impressions, Creed s'est dépassé, fait voler en éclats son image de "groupe chrétien sympathique sous tous rapports", et c'est tant mieux. Tant mieux parce que Scott Stapp garde sa voix angélique et si sur les morceaux plus calmes ("Don't stop dancing", "Lullaby" ou "Who's got my back" qui bénéficie d'une belle orchestration et de désastreux chants indiens), ça ressemble fort à ce qu'ils avaient déjà fait, sur les autres, plus rentre dedans, le contraste est charmant. Beau travail sur le livret de l'opus qui vous accueille "à bras ouvert" avec un panorama sympa qui en dit long sur les esprits écolo/catho (?) du groupe, enfin, les photos sont très belles, comparée à la pochette... Les arpèges (merci Alice in Chains) aussi sont très beaux ("One last breath"), et les mélodies tellement évidentes que tous les groupes de rock auraient du y penser avant... Creed continue donc son bonhomme de chemin et s'installe confortablement en haut des charts et surtout dans l'inconscient collectif comme un groupe qui n'est définitivement pas un clone de Pearl Jam mais un (presque) vrai groupe (le presque ne tient qu'à la place, vacante, de bassiste à temps complet, au fait les gars : je suis dispo !).
N'empêche qu'avec autant de qualités, Creed a de quoi être vraiment énervant... et aimé.

Creed / Chronique LP > Human Clay

Creed: Human Clay Alors qu'à l'écoute de My own prison, la plupart des critiques se perdaient en comparaisons Seattleiennes (Pearl Jam, Alice in Chains) ou plus méridionales (Stone Temple Pilots...), à entendre ce Human Clay, une seule s'impose : Creed !
Avec My own prison, Creed a apporté du son neuf et a posé les fondations d'un genre nouveaudont ils cimentent les premiers murs avec leur "argile humaine". Certains les taxeront de fainéants se reposant sur leurs lauriers et leurs millions de disques vendus, tant, aprés la première écoute, les ressemblances avecleur premier album sont frappantes ("What if", "Higher"). D'accord mais gardons à l'esprit ont fait vivre My own prison sur les routes pendant 3 ans, il y a 3 mois ils ne jouaient leurs "vieux" morceaux que pour la deuxième fois en France (aprés mars 99). Il est donc logique que ces titres aient la même teinte, bon et puis qui s'en plaint ???
Aprés plusieurs écoutes, le son de Human Clay ressort beaucoup plus, les temps de calme, beauté et volupté sont énormément travaillés ("Say I", "Wrong way"), les sons sont moins bruts et les passages métalliques sont toujours aussi bien produits ("Never die", "Young grow old"). Les textes sont encore imprégnés de l'expérience de Scott Stapp et l'émotion qui s'en dégage est réelle, parfois peut-être trrop mise en avant ("Wash away those years").
En résumé, c'est un album de Creed qui ravira les fans du combo floridien et qui rendra encore plus jaloux ceux qui n'ont pas autant de facilité à créer de beaux morceaux... ("Beautiful").

Creed / Chronique LP > My own prison

Creed : My Own Prison L'album My own prison commence par la paix et quelques douces notes mais dés les premiers mensonges, Creed fait surface avec toute sa colère, sa rancoeur et son envie d'en découdre. Si certains les ont trés, trop, vite comparés à Pearl Jam, c'est uniquement sur le plan vocal, Eddie et Scott ayant le même timbre de voix, mais c'est tout. Au jeu des comparaisons réductrices, on peut continuer avec "la basse d'Alice in Chains" ou "des rythmiques dignes de Soundgarden" mais non Creed n'est pas que cela, Creed est Creed, un nouvel étalon, un nouveau point de repère. Car Creed produit une musique beaucoup plus agressive et percutante que leurs lointains cousins de Seattle.
Seattle, c'est la pluie, les potes et la bière alors que la Floride, pour Scott, c'est le soleil, la religion et la Bible. Les paroles de cet album sont donc trés loin d'être des paroles "grunge", écrites pour la plupart par Scott, elles sont trés orientées sur la spiritualité (et non pas sur la religion) et sur le fait de mener sa propre vie sans s'enfermer sur moi-même et créer sa propre prison. A ce titre, la photo de Justin, un pote de classe, est trés révélatrice de l'atmosphère de l'album.
Un album sombre qui finalement montre le chemin de la lumière à celui qui sait l'écouter.