courtney barnett - sometimes i sit... Jeune australienne autodidacte de 26 ans originaire de Sydney, Courtney Barnett (auteur-compositeur-chanteuse-guitariste), nous livre, après deux EPs remarqués, son premier long format, Sometimes I sit and think, and sometimes I just sit, publié sur propre label, Milk! Records.

Onze titres à la cool, directs, bruts, en terrain connu bien souvent, et dont il n'y a pas forcément grand chose à dire en terme de sonorités ou de production (un joyeux mélange des Pixies, Libertines et Dire Straits). Non, ce qui distingue clairement le travail de Courtney Barnett de la plupart des artistes indie c'est surtout ses textes. Beaucoup de texte et un sacré débit, à l'image de ses titres à rallonge (le paradis pour tout chroniqueur en manque de caractères) : « An illustration of loneliness (sleepless in New-York) » ou « Nobody really cares if you don't go to the party » notamment.

Alors forcément, de par la grande importance laissée aux histoires qu'elle raconte on a typiquement affaire à un album qui parlera davantage aux anglo-saxons et aux parfaits bilingues qu'à ceux qui n'écoutent la musique que d'une oreille. Rien n'est cependant perdu pour qui passe un peu à côté de son écriture, les arrangements subtils donnant souvent quelques refrains bien agréables - à défaut de fournir des titres très intéressants musicalement (« Pedestrian at best » ou « Dead fox » rentreront certainement en rotation sur pas mal de radios).

Heureusement la jeune femme sait calmer le jeu et c'est là que sa voix fragile et ses compositions élégantes prennent tout leur sens ; c'est d'ailleurs ainsi qu'elle choisit de clôturer cet album, passant, en deux titres (« Kim's caravan », « Boxing day blues») d'un garage frontal à des ballades aventureuses et rêveuses.

Un album qui tire sa force de sa non-prétention. À écouter avec un peu d'attention tout de même, et pourquoi pas à voir en live, un exercice où l'australienne semble clairement bien se défendre.