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Formé dans l'Oklahoma en 2005 par le chanteur britannique Nick Turner et le guitariste/vocaliste Ryan Hendrix lorsqu'il étaient à l'université, Colourmusic compte également dans ses rangs le bassiste Colin Fleishacker et le batteur Nicholas Ley. Leur premier album F, monday, orange, february, venus, lunatic, 1 or 13 sort tout orange en 2008 chez Great Society (qui abrite dans ses rangs Tiny Masters Of Today et l'ancien claviériste de The Cure, Roger O'Donnell) et se repose sur une base indie-pop-rock aux reflets néo-psychédéliques. Passé en 2011 dans l'écurie Memphis Industries (Poliça, School of Language, Elephant), le groupe signe en 2011 un opus tout rose intitulé My ___ is pink puis May you marry rich début 2014 dans lequel le groupe marie de fort belle manière sa dream-pop à ses influences psychés.

Colourmusic / Chronique LP > May you marry rich

Colourmusic_May you marry rich On devrait plus souvent aller fouiner dans le roster de Memphis Industries, label britannique qui abrite pas mal de formations intéressantes typée pop-rock (ou indie pop, selon votre convenance) au son aérien dont les excellents Poliça ou de la musique qui met un peu plus la patate comme The Go! Team. Là, tout récemment, on est tombé sur un combo de l'Oklahoma qui boxe plutôt dans la catégorie dream-pop sous influences psychédéliques jonchées de parties de synthgaze et des rythmes kraut pas piqués des hannetons. Ca s'appelle Colourmusic (encore un nom bien choisi, tiens !) et dans le genre perceptions kaléidoscopiques, vous allez en bouffer à tous les râteliers. Ou presque. Si le premier album des américains était de couleur orange et le deuxième rose, May you marry rich est plutôt doté d'une nuance pourpre (avec un singe couronné par-dessus, histoire d'éviter le monochrome). Une combinaison erronée de l'ambiance des deux premiers albums ? A en croire Ryan Hendrix, guitariste et vocaliste de la formation, il s'agit plutôt de prendre comme point de départ My ___ is pink, l'opus précèdent rose, et de le développer vers des directions différentes et inhabituelles. Soit.

N'ayant pas le moindre recul sur l'album précèdent, tenons-nous en à May you marry rich. D'une ampleur sonore frappante, ce disque se révèle volontairement spatial de par la réverbération abondante qui le campe à travers ses différentes sources sonores. On en atteint même une curieuse similitude avec M83 sur un "Silvertape" totalement céleste. Curieuse car Colourmusic n'a rien à voir avec la musique d'Anthony Gonzales, la formation étant avant tout un groupe de rock aux influences qui le sont globalement tout autant (citons le krautrock de Can, le punk d'Iggy Pop, la brit-rock des Stone Roses et l'exception électro Aphex Twin qui reste le dénominateur commun de la formation). Les éléments électroniques épars rendus, je présume, grâce au clavier (telle la très indus "Idiot") est un complément logique à la musique de Colourmusic déjà bien hanté par le magma que représente le synthgazing massif et la belle voix divine de Nick Turner.

Même après de multiples écoutes, May you marry rich reste encore difficilement définissable. Si l'oeuvre attire l'oreille par sa majestuosité, il n'en demeure pas moins que son contenu reste assez complexe et ténébreux. Capable de jouer des morceaux aux formats disons standards sans fioriture ("Dreamgirl' 82" ou "Overture") mais aussi de faire tout l'inverse, avec plus de progressions ("Audacity of hope") ou carrément plus expérimentaux comme le très indus-shoegaze "Idiot", Colourmusic brouille les pistes tout en réussissant à accomplir un disque cohérent et varié (notamment dans les motifs rythmiques), qui ne dévie que très rarement. Et rien que pour tout ça, je lève tout haut mon pouce.