rock Rock > Collapse Under the Empire

Biographie > it's so C.U.T.E

Duo germanique originaire de Brême et Lübben, Chris et Martin (rien à voir avec le chanteur de Coldplay...), composent et jouent ensemble sous le patronyme de Collapse Under the Empire (ou CUTE pour les intimes) depuis 2008 et la sortie d'un premier EP, éponyme et autoproduit. L'année suivante, le groupe décide de franchir le cap du premier album avec Systembreakdown, là-encore sorti par les propres moyens du duo avant de signer chez le label allemand Sister Jack. Une structure qui publie l'album Find a place to be safe en 2010 puis sa séquelle immédiate The sirens sound à peine six mois plus tard. Jamais à l'arrêt, CUTE enchaîne dès le printemps 2011 avec un split collaboratif enregistré aux côtés des russes de Mooncake et qui voit le jour à l'été de la même année via Oxide Tones sous le titre Black moon empire.

Collapse Under the Empire / Chronique LP > Sacrifice & isolation

Collapse Under the Empire - Sacrifice & isolation Second volet du diptyque discographique initié à l'automne 2011 avec l'album Shoulders & giants, Sacrifice & isolation voit le jour plus de deux ans après le premier, non sans que ses auteurs, les prolifiques Collapse Under the Empire aient chômé dans l'intervalle. Et s'ils ont entre-temps livré deux autres opus "indépendants" avec l'album Fragments of a prayer puis l'EP The silent cry, les deux Allemands n'avaient jamais perdu à l'esprit l'objectif de donner une suite au disque qui les a fait connaître quelques années plus tôt et surtout conclure ce qu'ils ont toujours considéré comme un seul album-concept segmenté en 2 parties.

Toujours avec pas mal de suite(s) dans les idées, les leaders de la scène "post-quelque-chose" allemande, Collapse Under the Empire - qui parallèlement œuvrent sur des BO de films, spots de pub, jeux vidéos etc..., en plus de gérer leur label Final Tune Records (Galaxy Space Man, Splitter) - reviennent à leurs amours pour l'électronique afin de l'allier à leurs (plus) récents plaisirs ambient et leur post-rock originel. En résulte un cocktail hautement cinématique (comme toujours avec eux) et une musique qui, dès les premières mesures de "Sacrifice", s'envole vers des sphères que l'on retrouve avec un plaisir évident surtout connaissant la propension qu'a le duo pour parvenir à se réinventer - presque miraculeusement - malgré une productivité qui ne se dément jamais. Et ce, qui plus est, dans un registre musical plutôt balisé.

Peu importe l'écueil qui se dresse devant le groupe, pourvu qu'il parvienne à offrir l'ivresse malgré les quelques difficultés inhérentes à son processus de renouvellement créatif évoqués précédemment, Collapse Under the Empire continue pourtant de faire des miracles ("Isolation", "Massif", "Lost"). Et accessoirement de sonner toujours plus comme la bande-son d'un film épique certes, mais encore inexistant. Ce, bien que ses scènes défilent déjà dans notre inconscient au fur et à mesure que le groupe déroule sa bobine musicale avec une maestria de tous les instants. Bluffant, défiant les superlatifs, la paire allemande enchaîne les pistes, entre effluves synthétiques et climax électriques ("Awakening", "A broken silence") sans jamais baisser ni de rythme, ni d'intensité, ni de virtuosité. Faisant ainsi, le temps de dix morceaux, pour une quasi heure de musique en forme de grand-huit sensoriel à la beauté transcendante, de Sacrifice & isolation un petit chef-d'œuvre de genre.

Collapse Under the Empire / Chronique EP > The silent cry

Collapse Under the Empire - The silent cry Plutôt du genre prolifiques, les deux postrockeurs allemands de Collapse Under the Empire enchaînent depuis 2 ans maintenant les sorties à un rythme pour le moins soutenu. Un split EP avec Mooncake à l'été 2011, un album long-format à l'automne de la même année (Shoulders & giants formant la première partie d'un diptyque discographique à compléter), un autre album tout pile un an après et voici quelques mois plus tard un EP... alors que la suite et donc seconde partie du diptyque est en chantier à l'heure où sont rédigées ses lignes. En clair, les deux têtes pensantes du projet CUTE construisent rapidement un édifice musical dont on n'est pas près de connaître la hauteur, mais qui pourrait bien finir par donner le vertige, d'autant que les allemands ne semblent pas prêt de s'arrêter en si bon chemin. Et comme ils ont en plus "acheté" leur liberté en sortant désormais des disques via leur propre label, Final Tune...

Musicalement, après The silent cry, on est en territoire connu : un alliage particulièrement inspiré d'ambient envoûtant et de postrock cinématique, une formule qui ouvre et laisse entrevoir un éventail de possibilités créatives assez large, d'autant que le "truc" de Collapse Under the Empire, c'est de faire jaillir l'émotion de chacune de ses compositions. Sans jamais faillir. Et ce n'est du reste pas avec ce nouvel EP que le duo se défausse : inaugurant ce 6 titres sur un "We are close as this" magistral. Emphatique mais sans grandiloquence ridicule, intense et virevoltant sans être démonstratif, il s'agit là clairement d'un titre d'ouverture qui permet à CUTE d'enchaîner en conservant une logique artistique absolue. Et "Stajrna" de jouer la carte de l'élégance doucereuse et magnétique : un clavier aussi enjôleur que romantique, des arrangements aux atmosphères ténébreuses et en filigrane une mélancolie déchirante que vient surplomber un crescendo post-rock à la tension émotionnelle particulièrement palpable.

Un simple enchaînement de deux morceaux et on est déjà sous le charme vénéneux d'un duo qui maîtrise son sujet comme personne actuellement. Et si elle en fait parfois un peu "trop" sur la suite immédiate (l'éponyme "The silent cry") au gré de quelques motifs instrumentaux un peu pompeux, la paire allemande réserve toujours son lot de pépites soniques à la beauté ineffable. On pense notamment au très rock et massif "Infernal" et sa mécanique rythmique ébouriffante ; et si "Ashfall" fait un peu trop musique "de blockbuster hollywoodien avec tout plein de types pas normaux aux super-pouvoirs ahurissant" ; le final de The silent cry est lui un bijou. Un piano, une mélodie, moins de 2'40 de musique, des arpèges et accords qui s'entremêlent...la formule peut paraître extrêmement classieuse, sinon même simpliste et pourtant : "Shut off the lights" respire la classe et cela ne surprend guère venant d'un groupe chez qui l'ordinaire ne se conjugue pas vraiment comme chez monsieur tout le monde.

Collapse Under the Empire / Chronique LP > Fragments of a prayer

Collapse Under the Empire - Fragments of a prayer Il se sera écoulé moins d'un an entre la sortie du très classe Shoulders & giants et ce Fragments of a prayer, disons le tout de suite, à la beauté ineffable. Un nouvel opus signé Collapse Under the Empire, le duo ambient/post-rock allemand qui soutient aisément la comparaison avec ses glorieux contemporains britanniques de Mogwai, islandais de Sigur Ros, américains d'Explosions in the Sky ou japonais de Mono et une petite merveille du genre. La marque des plus grands donc, une fois de plus confirmée par ce que recèle ce recueil de dix titres classieuse et élégants, portés par une écriture très fine et une intensité émotionnelle rare.

L'éponyme "Fragments of a prayer" ouvre majestueusement le bal et "Breaking the light" lui emboite le pas de danse jusqu'à l'emporter dans un étourdissant tango post-rock délicatement enveloppé de mélodies instrumentales scintillantes. La formule est implacablement maîtrisée, voire plus encore, mais le duo sait pertinemment que l'appliquer de manière systématique, peu importe son talent, reviendrait à verser dans la redite. Et ça, les Collapse Under the Empire n'en veulent pas, alors ils varient les mouvements en insistant sur la dynamique rythmique pour densifier un peu plus des compositions qui gagnent alors en ampleur, en corps et de fait, en attractivité alors que le binôme sort peu à peu du schéma post-rock traditionnel (les très réussis "In the cold" et "18 Seconds").

Particulièrement cinégénique, la musique des allemands et les dix morceaux composant Fragments of a prayer résonnent comme autant de bandes-sons idéales de métrages n'existant pas (encore) et c'est après ces quatre premiers titres déjà euphorisants que Collapse Under the Empire lâche un "Closer" parfaitement éblouissant du début à la fin. Se libérant cette fois complètement d'un carcan post-rock définitivement trop étroit pour lui, le duo sublime son écriture, qui entre orchestrations du plus bel effet, confusions électroniques recherchées, progressions épiques ("Distance", "The beyond"), un sens aigu de la dramaturgie musicale et de la mise en scène musicale ("Opening sky", "When the day fades away"), fait de ce nouvel album un bijou (magnifique "The great silence") du genre...

... confirmant par la même occasion que Collapse Under the Empire n'a pas tout d'un grand, il l'est déjà.

Collapse Under the Empire / Chronique LP > Shoulders & giants

Collapse under the empire - Shoulders & Giants On les avait découvert sur leur split avec les russes de Mooncake (Black moon empire NDRL) orchestré par le label Oxide Tones, les voici désormais "seuls" le temps d'un véritable album. Eux, ce sont les deux surdoués allemands de CUTE qui démontrent ici en quelques titres que ce que l'on avait entrevu d'eux lors de notre première "rencontre" avec leur univers n'avait donc rien d'étonnant. "Shoulders" se charge d'inaugurer l'album et de déflorer cette délicieuse créature post-rock électronique qui va user de ses charmes quelques dix titres durant et un peu moins d'une heure de plaisir auditif absolu. Une première vague émotionnelle portée par des beats trip-hop/electro parfaitement amenés pour converger avec les instrumentations lancinantes et oniriques, les Collapse Under the Empire satellisent d'entrée de jeu leur album et la suite ne nous en fera pas démordre. Ce duo a définitivement quelque chose en plus.

"Giants" joue la carte d'un trip(post)rock velouté et bercé par des textures électroniques envoûtantes. Les crescendo sont fugitifs et le piano laisse ses arpèges parcourir notre épiderme pendant que les nappes de guitares semblent flotter autours de nous, en apesanteur, une sustentation magnétique qui permet aux allemands de nous emmener avec eux arpenter des territoires musicaux invraisemblables de richesses harmoniques et émotions pures. Lesquelles offrent à l'auditeur la possibilité de venir se lover auprès d'elles ("There's no sky") avant que The last reminder ne transporte définitivement l'album dans une dimension parallèle. Le temps suspend alors son vol et "The sky is the limit" fait une nouvelle fois basculer ce Shoulders & giants du côté des albums qui marquent une collection de CDs ainsi qu'une scène dans son ensemble. Et s'il faut bien admettre que Collapse Under the Empire n'est pas encore, médiatiquement, l'égal des plus grands de sa catégorie, c'est assurément avec des albums de cette trempe qu'il va les rattraper en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Bluffant

Sorte de mixe idéal entre Mogwai et 65daysofstatic, enchaîne avec une facilité confondante, une absence de fausse note artistique qui laisse rêveur. "Disclosure", "After the thaw" puis "Days of freezing" et ses bricolages électroniques géniaux, tout ce que touche le duo allemand se transforme en pépite et après quelques neuf titres (dont le ténébreux "Incident"), relève de l'alchimie et non plus uniquement de la notion de composition musicale. Trip-hop évanescent, riffing taillé au millimètre et une efficacité diabolique, le groupe s'offre un dernier numéro de voltige post-trip-rock électronique avec "A riot emotion" histoire d'un mettre une dernière fois plein la vue. Toujours avec brio. Définitivement "CUTE"... (désolé)

Collapse Under the Empire / Chronique Split > Black moon empire

Collapse Under the Empire | Mooncake - Black Moon Empire Idée quand même plutôt osée, casse-gueule mais terriblement excitante que celle de sortir un split de deux groupes relativement inconnus lorsque l'on est un label... pour le moins méconnu et que l'on cherche pourtant à frapper un grand coup sur une scène musicale qui ne manque pas de représentants. Oui, beaucoup d'écueils pour parvenir à sortir de l'anonymat vu sous cet angle et pourtant cela n'a pas vraiment freiné le label Oxide Tones qui avec ce Black moon empire orchestre la rencontre avec ses compatriotes de Collapse Under the Empire (que l'on ne connaissait pas du tout, au W-Fenec, avant ce split) et les russes de Mooncake... que l'on ne connaissait pas plus avant de recevoir ledit objet.

Pas mal d'inconnus donc dans cette nouvelle équation musicale et d'ores et déjà des indices qui attisent la curiosité. On nous parle d'un côté d'un groupe qui cite en référence Mogwai, Explosions in the Sky ou 65daysofstatic (CUTE en l'occurrence), de l'autre d'un collectif "qui ne cherche qu'à créer" une musique qui lui soit très personnelle et qui partage la scène avec Caspian et God Is An Astronaut (Mooncake donc). En bref, la crème de la crème... et un raisonnement qui nous conduit à nous laisser emporter par l'éponyme et inaugural "Black moon empire", un titre collaboratif pour les deux groupes qui se mélangent ici pour livrer une très belle pièce de post-rock stratosphérique et envoûtant. Un titre assez proche des sphères soniques d'un Sigur Ros, beau et classieux à la fois même si on ne sait donc alors pas ce que l'on "doit" à tel ou tel participant.

La réponse viendra quelques instants plus tard avec quatre morceaux, deux pour chaque groupe : "Spark" et "T.S.D" pour Collapse Under Empire ; "Turquoise" et "Novorossiysk 1968" pour Mooncake. Les premiers cités livrant ici deux titres radicalement différents : un "Spark" résolument rock instrumental, frondeur, subtil et tortueux, puis un "T.S.D" dans la plus pure tradition post-rock, plus linéaire, intense, étincelant, marqué par le traditionnel crescendo immersif en guise de climax. Les russes, quant à eux, se distinguent de leurs contemporains allemands par un songwriting pudique extrêmement dépouillé et un raffinement exquis dans les harmonies, loin des codes habituellement usités de la mouvance "post-rock". En deux titres, Mooncake jongle avec les paradoxes, s'inscrivant par moments dans la lignée de ses "inspirateurs" et de l'autre côté, s'en affranchissant totalement, pour créer quelque chose qui soit réellement inspiré et, comme chez CUTE, élégamment façonné.

Deux groupes, cinq morceaux dont un "réellement" en commun, un horizon post-rock plutôt largement passé en revu pour mieux en repousser quelques limites, le tout avec un sens aigu de la retenue et de la maîtrise, ce Black moon empire est certainement LA pépite méconnue du moment dans ce genre là. Et deux "nouveaux" groupes à suivre en prime. Merci Oxide Tones.