cold_war_kids_robbers_and_cowards.jpg La claque ! "We used to vacation" était annoncé comme un tube... et bien c'en est un. Premier titre de Robbers & cowards et single idéal pour ces chers programmateurs de radio, ce titre fait la part belle à une mélodie qui fracasse les enceintes, bien aidé en cela par une rythmique imparable et un clavier au feeling monstrueux. Cold War Kids balance, invente, use également de ressorts connus mais le fait avec classe et finalement se fend d'un premier titre énormissime... Un coup d'essai ? Un véritable coup de maître. Alors que l'on s'enquille les premières mesures de "Hang me up to dry", on se dit que non, le groupe ne peut décemment pas nous asséner un deuxième single aussi efficace que le premier comme ça, sans ciller. Pourtant si. Et toujours ce feeling monstrueux, toujours ces accords de clavier qui pulsent pendant que les riffs de gratte et la section rythmique assurent le spectable. Toujours ce chant haut perché et cette efficacité maximale qui nous assure un quota de tubes garantis sur cet album forcément alléchant.
On se doute que le groupe ne pourra pas tenir la route à ce rythme et effectivement, le groupe relache un peu la pression le temps de "Tell me in the morning" et "Hair down" avant de réenclencher la machine à tube(s) avec "Passing the hat". Ni complètement pop, pas vraiment purement rock, Cold War Kids navigue à vue entre deux eaux et ne s'égare jamais, même en jouant les funambules... Complètement relaché et décomplexé, Robbers & cowards aligne les titres avec une insouciance non feinte et une personnalité suffisante pour ne pas céder aux facilités du tout markété pour les radios ("Saint John"). Alors que l'on s'attend à une suite de hits absolus dans la veine des premiers titres, quelques nouveaux morceaux à l'énergie rock mais aux mélodies et arrangements débordant de mille influences pour former un cocktail quasi inédit, le groupe change son fusil d'épaule se fend d'un morceau plus calme, plus apaisé. Sans rater sa cible. Et les auditeurs d'avoir droit à une sorte de ballade mélancolique pop-rock mais façon Cold War Kids. Car là où les américains font très fort, c'est avec ces titres qui ont l'étonnante faculté de ne pas être conçus pour plaire aux masses et qui pourtant devaient rallier un grand nombre d'amateurs de rock indé à leur cause. La preuve en décibels avec un "Hospital beds" furieusement jouissif alors même que le groupe ne se prive pas pour prendre des risques et parfois surprendre, voir même dérouter (le décevant "Pregnant", le plaintif "God, make up your mind"...), tout en imposant sa marque via des singles d'une efficacité rare à l'inventivité souvent surprenante ("Red, wine, success")... Sans aucun doute les signes d'un futur grand groupe en devenir...