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Biographie > rien à voir avec Led Zep

Au Sud de Paris, avant d'entrer dans le Massif Central, tu peux t'arrêter à Montargis. La ville a l'air calme et n'a jamais vraiment fait parler d'elle pour sa rock attitude. C'est pourtant là qu'est basé Coda, un quintet de musiciens renforcé par Philippe qui leur écrit des textes. Sur scène, on trouve Stéphane aux claviers et au chant, Eric et Yohan aux guitares (le second jouant également du saxophone et de la trompette), Mourad à la basse et Patrick à la batterie. Ces cinq-là jouent ensemble depuis 2014 mais le groupe a connu différents line-up depuis la fin des années 90 et même un autre nom à ses débuts (Sugarpills). Pas pressés par le temps, le groupe a enregistré son premier album en 2013 et vient juste de le sortir...

Coda / Chronique LP > Element II

Coda - Element II Si le premier élément présenté par Coda était certainement la terre, cet Element II correspond à l'eau même si, étrangement, il paraît moins fluide et plus rocailleux que le premier. Il m'est difficile de chroniquer ce nouvel album parce que je conserve quelques réticences à propos du chant de Stéphane, parfois trop doux et insipides ("Goutte" est carrément difficile à supporter), mais il a depuis quitté le combo (qui abandonne aussi le clavier), remplacé par Yohan qui ne se contente plus des choeurs. C'est déjà lui qui prête sa voix à "Hyperbole" qui sonne bien mieux que "Leviathan" trop marqué par le style de mélodies "historique" de Coda, alors que le morceau est assez rentre-dedans. J'en reviens donc au même constat que pour Rêve d'un monde en apnée, c'est en mode instrumental que le combo me parle le plus. Avec ses plages assez longues, l'apport du saxo, des nappes de clavier, des samples, on plonge dans le prog' et les expérimentations avec délectation. D'ailleurs, quand les phrases se font rares ("Pluie"), elles deviennent agréables et servent la musicalité de l'ensemble. Element II est liquide mais les "Abysses" sont marquées par un rythme puissant et les "Chimères" par des guitares agressives, c'est donc un bain dans une eau peuplée de poissons étranges et de monstres qui t'attend, pas forcément relaxant...

Coda / Chronique LP > Rêve d'un monde en apnée

Coda - Rêve d'un monde en apnée Avec quatre de ses titres au-delà des 8 minutes (dont deux qui dépassent le quart d'heure), Coda aime construire et étirer les ambiances et évolue dans un registre pas tout à fait post-rock car il y a beaucoup de chant et pas tout à fait progressif car construit davantage à la sauce post-rock... Si tu apprécies ce genre de musiques où les instruments sont mis en valeur et peuvent laisser libre cours à leurs envies, tu risques à la fois de t'enivrer et d'avoir la gueule de bois.

S'éclater le foie jusqu'à plus soif tout d'abord parce que les constructions instrumentales claires ou distordues sont d'une grande qualité et puisent leurs influences autant du côté d'un Pink Floyd ou d'un King Crimson (deux références évidentes du combo qui s'imposent dès "Lexomil:1 / Rêve:0") que des travaux plus récents de Mogwai ou Godspeed You! Black Emperor, notamment sur les deux parties monumentales du "Rêve d'un monde en apnée" qui donne son nom à l'opus. Les titres plus courts assurent aussi un joli voyage, que ce soient "Envol sur l'écume" ou "Automne", les sonorités nous transportent en quelques instants seulement.

Mais la sensation désagréable ne se fait pas attendre, en effet quand le chant paraît, l'excitation retombe, il n'est pas du tout maîtrisé pour son entrée en matière (sur "Envol sur l'écume") et cette première impression nous conditionne et laisse sa marque même si par la suite, le chant est dans le bon ton. Un chant très lissé, très pop, à la limite de la variété qui est, selon moi, un peu trop présent comme difficile à associer aux distorsions ("Orage mécanique").

Coda Rêve d'un monde en apnée donc un monde où il ne faudrait pas ouvrir la bouche ? C'est peut-être un peu trop "sévère" mais moi aussi tant j'ai été emballé par les ambiances, tant le chant m'a décontenancé et je n'ai jamais réussi à vraiment y accrocher. D'autant que j'ai encore le Pénélope circus d'un Benisty sans faille dans les oreilles. Néanmoins, ces considérations étant toutes personnelles (comme toujours), il va falloir te faire ta propre opinion...