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Biographie > A little panda from the mountain


Jeune duo frenchy, Cocoon, c'est Morgane Imbeaud (chant, claviers, arrangements) et Mark Daumail (chant, guitare, banjo, ukulélé, beatbox), où deux musiciens adeptes d'une folk/pop douceureuse et élégante dans la lignée d'Elliott Smith, Nick Drake, Surfjan Stevens. Après à peine un an d'existence, la paire livre un EP 5 titres (I hate birds) qui ravit les amoureux du genre et leur offre la possibilité d'assurer de nombreuses dates aux côtés notamment d'Emilie Simon, I Love You But I've Chosen Darkness ou Echo and the Bunnymen. Les premiers auditeurs ne s'en remettent pas et le groupe semble désormais lancé pour aller très haut. Pour preuve, au printemps 2007, Cocoon est l'une des découvertes indépendantes du Printemps de Bourges avant de se voir remettre le prix CQFD décerné par le mag Les Inrocks quelques semaines plus tard. Fort de ce succès d'estime, le duo met la touche finale à un nouvel EP intitulé From panda mountains qui sort chez Sober & Gentle / Discograph mi-avril alors que se profile déjà pour la rentrée 2007 un premier album "long play" forcément prometteur, My friends all died in a plane crash.

Review Concert : Cocoon, Cocoon @ l'Usine (nov. 2010)

Review Festival : Cocoon, Dour 2009

Cocoon / Chronique LP > Where the oceans end

Cocoon - Where the oceans end A ceux qui étaient tombé sous le charme de From panda mountains puis My friends all died in a plane crash, ne perdez pas de temps, vous pouvez y aller les yeux fermés : le deuxième album signé Cocoon est un petit bijou du genre. Les autres peuvent continuer de lire ces quelques lignes et donc succomber à "Sushi", la petite merveille qui inaugure ce Where the oceans end. Mélodies feutrées, un duo de voix en harmonie absolue et de petits arrangements délicatement ciselés pour transporter l'auditeur dans le royaume des songes, le duo frenchy accouche d'entrée d'un tube. Et va enchaîner, d'abord avec le single "Comets" puis avec une poignée de friandises musicales dont il a le secret ("Dee doo", "Yum yum", "Mother"...).

A l'image de son artwork, l'album se laisser bercer par un onirisme délicat, sublimé par les rêveries pop aux instrumentations folk épurées ou plus détaillé signées Mark et Morgane avant toujours, ce songwriting hors du commun qui fait leur marque de fabrique depuis From panda mountains. Comme touché par la grâce, les deux livrent ici la suite idéal de leurs premiers efforts, sans que l'on ait la moindre impression de redite à l'esprit, seule subsistant l'envie de se laisser envoûter par les mélodies merveilleuses et les arrangements intimistes ("Oh my God") délivrés tout en douceur pour stimuler l'imaginaire et les envies d'évasion sensorielle... Et derrière, en filigrane, une trame narrative qui suit l'histoire d'un jeune garçon et de Yum Yum, une baleine capable d'avaler les cauchemars de l'enfant pour les transformer en bonheur.

Au fil des morceaux, celle-ci emmène le jeune garçon (et nous avec) en voyage aux quatre coins du globe. Une guitare qui s'enfuit vers l'horizon, des cordes qui subliment la mélodie pop en lui offrant un soupçon de gravité mélancolique et ce duo de voix qui vient nous perdre dans un océan folk, l'ensemble est assez classieux certes mais d'une beauté rare et empreint de poésie satinée ("Dolphins", "Baby seal"...). Tout à la fois adulte et enfantin ("Super powers"), Where the oceans end garde son innocence juvénile tout en nous faisant goûter des émotions plus matures ("I'll be gone")... jusqu'à l'ultime morceau, le sublime (c'est un euphémisme) et fragile "In my boat". Disque ciselé avec une finesse infinie, ce deuxième "long play" des Cocoon n'est rien moins qu'une jolie constellation de pop-folk songs enjôleuses, procurant un plaisir immédiat et absolu. Merci à Mark & Morgane, ce deuxième album est un petit chef-d'oeuvre...

Cocoon / Chronique LP > My friends all died in a plane crash

Cocoon - My friends all died in a plane crash Douze titres dont trois déjà parus sur From panda mountains, une petite quarantaine de minutes de musique qui nous promettent monts et merveilles... et nous voilà reparti pour une vague enivrante de pop-songs feutrées et enlevées vers les cimes d'un genre consacré par l'icône Elliott Smith. Des morceaux aux formats courts et enthousiasmants, des mélodies sucrées et légères, des arrangements de cordes soyeux ("Take off", "Vultures"...), pour quelques instants de grâce pure et de magie pop/folk acoustique. Un sens de la mélodie qui reste suspendue dans le temps, une aisance pour imposer sa griffe, à la fois influencée par les grands noms du genre : Echo and the Bunnymen, Thomas Dybdahl, Surfjan Stevens et autres Tom McRae, et en même temps inimitable. Le style Cocoon fait des ravages, se plait à avouer ses influences pour mieux les réaccommoder à sa manière et la paire Mark Daumail et Morgane Imbeaud n'a pas vraiment besoin de se forcer pour séduire les foules et démontrer que le buzz grandissant qui entoure le duo n'est en rien usurpé.
On enchaîne avec un "On my way" déjà entendu sur l'EP mais qui vient parfaitement s'intégrer au tracklisting d'un album homogène et intelligemment agencé. My friends all died in a plane crash... tout est dans un titre qui pas grand chose de joyeux et après trois premiers titres rythmés et bondissants, Cocoon laisse une certaine nostalgie s'emparer de sa musique sur l'émouvant "Seesaw". Un peu moins grave, "Christmas song" assure en toute discrétion l'intermède entre l'inédit "Seesaw" et le sublime mais déjà paru sur From panda mountains "Tell me". Une tristesse insondable, une mélodie à fleur de peau qui verse dans l'épure sans jamais sombrer dans le pathos. Magique. C'est encore tout retourné par "Tell me", single idéal pour faire perler quelques larmes dans les chaumières, que notre duo frenchy repart avec deux nouveaux titres plus innocents ("Owls" puis "Paper boat"), tout en minimalisme et retenue pudiques avant de nous livrer l'un de ses chefs-d'oeuvres : "Cliffhanger". Un instant rare de poésie feutrée et onirique, de candeur sophistiquée et de classe intemporelle que vient interrompre un peu trop soudainement un "Chupee" qui n'arrive pas à la hauteur de son prédécesseurs. Un "Hummingbird" déjà connu puis "Microwave" et sa mélodie ténébreuse et raffinée viennent refermer ce My friends all died in a plane crash et on se rend alors compte qu'après avoir nourri tant d'espoirs, suscité tant de promesses, Cocoon vient de montrer qu'il pouvait aller plus loin que ce qu'on n'osait espérer. Car si les amoureux de pop/folk suave aux arrangements folk lo-fi sont déjà transis, on peut d'ores et déjà être sûrs que les autres n'en ont plus pour très longtemps avant de succomber à leur tour...

Cocoon / Chronique EP > From panda mountains

cocoon_from_panda_mountains.jpg "On my way", un premier titre folk/ pop, léger et enlevé, Cocoon débute avec un morceau passe-partout, délicatement ingénu, harmonieux et très facile d'accès. Une mise en action idéale pour un mini-album qui n'a alors, qu'à peine commencé à dévoiler ses apparats. Car après ce premier titre qui se savoure avec gourmandise, le jeune duo nous livre le magnifique "Tell me". Une ode envoûtante et mélancolique en forme de folk-song douceureuse, enveloppée dans un cocon chaleureux et des ambiances suaves du plus bel effet. Une mélodie gracile qui parcours ce morceau en filigrane et un chant au diapason où Mark et Morgane évoluent tous deux en parfaite symbiose. Fusionnelle d'un point de vue musical, la relation étroite qui unit les deux membres de Cocoon offre à From panda mountains quelques pépites mélodiques serties d'ambiances feutrées, effleurant chaleureusement l'épiderme avec la grâce des plus grands, Elliott Smith en tête... De quoi nous faire définitivement chavirer.
Lumineuses et élégantes, les cinq compositions formant cet EP sont autant de références à la folk/ pop anglo-saxonnes, mais avec une petite griffe inimitable, un spleen à fleur de peau, cette "french touch" insaisissable qui fait tout le charme de la musique de Cocoon. Des instrumentations raffinées sur lesquelles vient s'envoler un ukulélé inattendu, des atmosphères maniant l'épure comme d'autre tissent la soie ; et des arpèges émouvants traversés de mélodies langoureuses, les deux auvergnats ont trouvé leur voie musicale et n'hésitent pas à affiner toujours plus le trait ("June"). Par les émotions qu'elle dégage et surtout l'élégance de ses ballades folk aux refrains pop au final pas si éloignées d'un Thomas Dybdahl, Cocoon marque durablement les esprits et, à l'heure où tant de groupes ne connaissent que des destins éphémères, on peut penser que ces deux jeunes gens ont pour s'installer dans la durée... à condition de savoir garder la tête froide. Dans l'immédiat, peu de choses à redire à l'écoute de ce From panda mountains, Morgane et Mark ont tout l'avenir devant eux. En attendant la suite, forcément prometteuse...