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Biographie > Just a reggae music

A tout juste 60 ans, le Jamaïcain Clinton Fearon fait partie des piliers du reggae roots, style représenté encore de nos jours par Burning Spears, The Wailers ou The Gladiators. C'est d'ailleurs au sein de ce dernier que le bassiste au groove infernal fait ses classes de 1969 à 1987 en compagnie entre autres d'Errol Grandison et Albert Griffiths, 18 années où il s'exercera en parallèle en tant que musicien de session au Studio One de Coxsone et au Black Art Studio du légendaire Lee "Scratch" Perry. Puis, c'est l'aventure solo pour le jamaïcain qui va s'installer à Seattle et former The Defenders avec quelques uns des musiciens des Gladiators jusqu'en 1992. En 1994, sort le premier véritable album de Clinton Fearon avec The Boogie Brown Band, il s'intitule Disturb the devil. 16 ans plus tard (soit en 2010) et après 7 albums studios, le reggaeman revient avec un nouveau disque, Mi deh yah sorti chez les défunts Makasound.

Clinton Fearon / Chronique LP > Mi deh yah

Clinton Fearon - Mi deh yah Et oui, cela peut paraître bizarre pour certains mais le reggae revient se faire une petite place sur le W-Fenec. Bien que rare sur nos pages, ce style quarantenaire n'en est surement pas à sa première et la réflexion ne fut guère longue pour mettre en lumière le dernier album de Clinton Fearon. Et ce pour plusieurs raisons. D'une part, parce que ce n'est pas de n'importe qui dont on parle. Ex-bassiste des mythiques The Gladiators, ce jamaïcain de 60 ans a de la bouteille et représente encore, au même titre que Bunny Wailers, les quelques artistes qui ont su rendre au reggae ses lettres de noblesse. Galvaudé par des courants mainstream s'en inspirant comme le dancehall voire la variétoche, voilà donc une magnifique occasion de vous replonger dans ses racines 70's, sa vibration, la chaleur de ses instruments et son groove intransigeant. Un son que l'on entendait plus que par les vieux vinyles à papa, un son qui appartient à une culture, une technique musicale propre et une exigence de qualité qui se fait de plus en plus rare dans ce milieu de nos jours. Clinton Fearon livre un titre plein de signification, Mi deh yah ("Je suis là", en jamaïcain), comme pour rappeler à ses fans ou autre amateur de musique "roots" que le bonhomme a encore de belles choses à montrer. Ici réside la deuxième raison de cette chronique. Composé entièrement par l'intéressé à Seattle et enregistré avec l'aide de son groupe, le multi-instrumentiste Clinton Fearon donne une véritable leçon de professionnalisme à travers 14 titres irréprochables de A à Z. Un disque solide où chaque chanson apporte son propre riddim (du rocksteady au ska), son propre arrangement et sa propre "vibe". En gros, il y en a pour tout ce petit monde rayonnant (ou pas) au sein de la planète reggae et voulant se prendre une bonne claque sans véritable révolution. Enfin, la dernière raison de la publication de ce "papier" est de rendre un dernier hommage au défunt label Makasound qui a récemment mis la clef sous la porte et qui se défendait bec et ongles pour sortir des artistes de qualité (Java, Curumin, Winston McAnuff...).