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The Clerks > Chronique EP / The clerks
Il faut leur reconnaître au moins ce mérite, The Clerks sait faire entrer l'auditeur dans leur musique. Un premier titre intitulé "The dissidents" (un vrai titre rock quoi...), gorgé d'effets et surfant sur les vagues indie rock et brit-pop, le tout avec un son particulièrement travaillé et une ambiance définitivement british. Répétitif mais entêtant, manquant parfois de puissance tout en étant accrocheur, ce premier titre cultive habilement le paradoxe et nécessitera peut-être plusieurs écoutes afin d'en saisir toutes les finesses. Accrocheur tout en pouvant lasser un peu, après deux ou trois écoutes. Le groupe change de rythme avec "Echoin'", en envoyant la sauce d'un rock énergique et noisy inspiré de la cold-wave pour un titre à l'efficacité ravageuse mais par moments un peu prétentieux.
Voilà le problème de The Clerks sur cette démo, on sent le groupe qui aime avant tout s'écouter et ça se ressent particulièrement sur un titre tel que "Long lost wind". Désincarné et efficace dans sa première partie, le quartet finit par trop jouer sur la répétition. Comme dit leur bio "ils sont tellement fiers de leur musique que c'en est presque indécent", voilà comment se retrouver sur la bande-originale d'un film auteuriste et pseudo intellectuel, en l'occurrence Entre ses mains d'Anne Fontaine. Mais bon, il faut bien se faire connaître... D'où la question : The Clerks a t'il vraiment besoin de cela ? Peut-être. Sûrement même, surtout au moment où les radios françaises ne daignent pas diffuser autre chose que des singles ultra calibrés et insipides.
Il faut donc un single au groupe. On a de la chance, le groupe est capable d'en produire : "Outbreak 1" par exemple. D'une naïveté rafraîchissante (sans aucune ironie), ce titre montre un visage du groupe plus tourné vers l'énergie électrisante d'un rock nerveux, percutant légèrement punk et d'une précision chirurgicale. Alors que l'écho des vocaux résonne encore dans nos tête, on se rend compte que The Clerks parvient à nous séduire. et à nous décevoir également (les paradoxes encore une fois...) avec une ballade soporifique et sans âme ("Get off stage") bien éloignée du rock abrasif et viscéral des premiers titres. Une petite fausse note de la part d'un groupe qui peut assurément encore faire mieux. Mais c'est déjà pas mal comme ça.
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