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Biographie > Chokebore

Chokebore Troy (guitare, voix, paroles), James (basse), Christian (batterie) et John (guitare) sont Hawaiiens, vivent a Los Angeles, aiment tourner en Europe et particulièrement en France, préfèrent les labels indépendants aux grosses majors et ne se revendiquent d'aucun courant particulier... Chokebore est un groupe underground donc mais qui a ses adeptes... Ils ne méprisent ni les petites villes ni les petites salles de 400 places même si, il y a quelques années (1993) ils jouaient devant a peu près 30 000 personnes aux USA, en première partie d'un groupe qui faisait ses derniers concerts et qui s'appelait Nirvana... Leur style ? Rageur certes mais Chokebore c'est avant tout une de ces grosses colères qui vous fait fondre (en larmes). La voix de Troy est à l'image des paroles, superbe, mélancolique et bien soutenue par une noise compacte aux mélodies lancinantes. Alors s'il vous plait, mettez les jumps de coté et succombez.

Les désormais Chokebore se sont formés dans les années 90 à Honolulu (Hawaii) avec des musiciens venant de différents groupes punk. Ils optent dans un premier temps pour le nom Dana Lynn (une actrice porno) et sortiront même un single Circle sous ce nom. Ils troquent ensuite leur nom contre celui de Chokebore qui faisait référence à la gâchette d'un revolver. La formation était alors constituée de Jonathan Kroll à la guitare, Johnny Kop à la batterie, du bassiste James Kroll alias A Frank G. et enfin de Troy Bruno Von Balthazar au poste de chanteur/guitariste. Jonathan Kroll délaisse un moment le poste de guitariste et va poursuivre des études d'art à Los Angeles. Chokebore continue en tant que trio pendant 18 mois (notamment 6 mois à San Francisco) mais finit par rejoindre leur guitariste à Los Angeles avec l'espoir de pouvoir obtenir plus de concerts et une reconnaissance plus rapide. L'année suivante, grâce à une première démo, ils signent sur Amphetamine Reptile Records (label des (The) Melvins, Helmet et autres Unsane). Plus tard dans l'année, ils sortiront un premier single "Nobody / Throats to hit" ainsi que leur premier album Motionless. Ils tournent ensuite avec (on retient la respiration.attention, énumération de groupes cultes) Guzzard, Today is the day, The Butthole Surfers, Samiam, Girls Against Boys et enfin Nirvana qui leur a notamment permis de jouer devant une audience beaucoup plus grande qu'a l'accoutumée. La réputation du groupe s'accroît et traverse même l'atlantique avec les deux albums suivants : Anything near water (1995) et A taste for bitters (1996) d'ailleurs entièrement conçu en France. Entre temps, le groupe change de batteur : Johnny Kop laisse sa place à Christian Omar Madrigal Izzo qui, après deux ans de bons et loyaux services, laissera sa place à Mike Featherson. En 1998, Chokebore publie Black black, album qui connaît un succès critique important. Nouveau changement de batteur : Christian Omar Madrigal Izzo est de retour dans la maison Chokebore. Quelques années plus tard, It's a miracle (2002) voit le jour et connaît une orientation un peu moins rock que par le passé notamment avec un "Ciao L.A" qui semble être l'un des morceaux les plus pop du groupe pourtant habitué a plus d'électricité. En 2003, Chokebore matérialise ses prestations lives de qualité sur l'album A part from life qui sera la dernière sortie du groupe, celui-ci choisissant de mettre fin à l'aventure Chokebore en 2005.

Depuis le split, parmi les membres du groupe, c'est surtout Troy Von Balhazar qui s'est distingué par le biais d'une carrière solo fructueuse (4 EP entre 2001 et 2004 et un premier album éponyme en 2006) et d'une musique plus intimiste où plane toujours le fantôme du désormais cultissime groupe d'Honolulu.

Review Concert : Chokebore, Chokebore au Grand Mix (nov. 2011)

Interview : Chokebore, Chokebore en France

Chokebore / Chronique LP > Falls best

Chokebore - Falls best Autant le retour live de Chokebore avait tout pour être excellent, autant ce retour discographique de la bande à Troy avait de quoi laisser un peu perplexe. It's miracle sentait déjà le Troy Von Balthazar en solo à plein nez, l'intérêt de rempiler "discographiquement" me paraissait moindre même si on est séduit également par la carrière de Troy et ses pops songs bricolées... Faut parfois avoir la sagesse de ne pas dégueulasser une carrière exemplaire avec un petit coup de mou, non, on ne donnera pas de nom. Et autant le dire de suite, le scepticisme du chroniqueur grincheux se dissipe dès les premières secondes. On a bien là affaire à un retour de Chokebore. Et en grande forme qui plus est.
Premier titre, "Lawsuit", et première caresse auditive qui pue la classe. Chokebore reprend sensiblement les choses là ou ils les ont laissé, c'est à dire aux abords d'une pop racé qui peut se montrer assez rugueuse et d'humeur changeante. La prise de contact est d'autant plus jouissive que dès ce titre, on retrouve tout ce que l'on aime chez le groupe : les lignes de chants de Troy, ces riffs bouillonnants, la rythmique faussement chloroformée, ce songwriting atypique... Bref, c'est le pied. "Get blonder", la deuxième piste, renoue avec le Chokebore enlevé de certains morceaux de Taste for a bitter, comme Narrow par exemple... Un disque de Chokebore sans un morceau qui te donne envie de te suicider sur le champ, ce n'est pas un disque de Chokebore et c'est "Defenders" qui aura ce rôle sur Falls best : on est pas loin de Troy en solo mais ça se laisse sacrément savourer.
"Joy" et "Awesome", les derniers titres, finissent d'achever le boulot de re-séduction de l'auditeur avec les mêmes atouts que les morceaux précédents : une voix, un spleen oxydé et des émotions par palettes. Bref, un retour pas loin d'être parfait. On attend évidemment un nouvel album les crocs bien aiguisés par ce petit EP qui ne dépareillera parmi les quelques chefs d'œuvre du groupe.

Chokebore / Chronique LP > Black black

chokebore_black_black.jpg C'est qu'ils avaient le sens de l'humour nos hawaiiens favoris. Une pochette d'un blanc immaculé. Un paysage urbain baignant dans une certaine clarté. La musique du groupe serait-elle devenue miraculeusement lumineuse ? Absolument pas ! C'est plutôt du coté du titre qu'il faut aller chercher des indices : Black black où comment les Chokebore vont proposer une nouvelle facette de leur musique en usant de la recette du "toujours plus". Parce qu'au fond, qu'est ce qu'il y a de plus noir (black) que la musique de Chokebore ? Black black bien sûr ! Toujours plus de cette mélancolie et de cette pesanteur lancinante, toujours plus de guitares acérées et tranchantes, toujours plus de cette humeur profondément hivernale, toujours plus de Troy Von Balthazar, espiègle, venant manipuler les émotions les plus ancrés dans la boite crânienne de l'auditeur.
Durant 13 titres, Chokebore fait cohabiter un rock brut de décoffrage, sans fioritures, abondant en électricité avec une pop à la fois cristalline et à l'apparence plus chétive, voir squelettique. Le groupe module les (dé)plaisirs, varie les rythmes et les émotions. On alterne ainsi d'un "Speed of sound" à la rythmique anémique, caractéristique de la musique "chokeborienne" à un "You are the sunshine of my life" plus enlevé et nerveux. Et ce sont ces deux facettes qui continueront à être explorer au sein de ce Black Black durant presque une heure avec pour lien la voix fluette, délicate et expansive de Troy Von Balthazar. Celui-ci, tel un équilibriste sur une corde raide, semble être constamment au bord de la rupture vocale et livre une prestation unique, reconnaissable entre milles.
Un disque de cette envergure mérite une fin digne de ce nom. Et ça ne manquera pas. En guise de clôture, un "Where is my assassin ?" fantomatique au clavier lo-fi accompagné d'un Troy Von Balthazar tout en modération et en retenue, puis un "The rest of the evening" (la dernière piste de A taste for bitters porte le même nom) de 15 minutes où se côtoie tension électrique, répétitions cycliques et la voix en transe d'un Troy en transe. Black black est à l'image de Chokebore, son entité génitrice : attachant et précieux. Un disque (un groupe) qui se faufile insidieusement dans votre quotidien pour ne plus vous quitter. Un grand moment de rock indépendant et de musique. Culte !