Chapelier Fou - Scandale Après la parution de la chronique de Al Abama, on a rapidement eu une réponse quant à la question indirectement posée en introduction dudit article... C'est un peu le hasard qui a fait que la promo n'avait pas pu nous faire parvenir les deux premiers EPs Darling, darling, darling et Scandale, Chapelier Fou voyant plus le format EP comme un jouet que comme un moyen de se faire connaître d'un public encore plus large, peu de moyens ont été consacrés à ces sorties... Mais comme elles étaient de qualité, les amateurs du bidouilleur ont répondu présent et peu à peu l'idée de promouvoir dans les médias indépendants ces pépites a germé, le temps de mettre en place le tout et on était déjà à la fin du triptyque... Avec des excuses (inutiles), l'agréable chargé de promotion a déniché au fond de ses cartons un digipak du Scandale qui est donc arrivé jusqu'à mes oreilles !
Et c'est une perle ! Déjà, on a le droit à un superbe écrin (avec une nouvelle déclinaison de l'artwork, peut-être la plus belle des trois) et à 7 titres même si trois d'entre eux servent à faire des liaisons (entre le vide et l'EP pour le cristalin "Prélude" et le gazouillant "Postlude", entre différentes plages pour le vocalement trafiqué "Mystérieux message" -différent du titre du même nom présent sur Al Abama-). L'arme de prédilection du Chapelier Fou, le violon, se joue avec ou sans archet et se mélange avec délice et douceur à d'autres instruments ("Capitaine Fracasse"), s'efface derrière les bidouillages de tout genre ("Animaux flexibles") ou fait la course avec des notes bondissantes et un appareil photo ("Doodling hands")... Louis Warynski ne se refuse rien, ose tout, transforme le quotidien avec magie et créée sans cesse. Si le magicien des sons et du violon est souvent très bon, il touche parfois au génie et c'est le cas ici avec "Scandale !", chef d'oeuvre qui donne son surnom à la pépite. Rythme à faire soulever les foules (avec des redites à la Ravel pour son "Bolero" option ambiance asile de fou à la Ez3kiel sur "Break or die"), téléscopages de sons et de voix ne durent que 200 secondes mais doivent pouvoir s'étirer sur bien plus en live sans que personne ne se lasse. J'en suis fou.