Chapelier Fou - Al Abama Après des concerts remarqués et un joli album chroniqué dans nos pages (cf : 613), Chapelier Fou a décidé de casser le rythme classique de la production musicale en sortant une trilogie d'EPs. Hasard et incompréhension de la promotion (décidément ça arrive de plus en plus souvent), on n'a reçu que la troisième et dernière partie du triptyque composé de Darling, darling, darling, Scandale et donc de ce Al Abama. Comme pour les deux précédents, c'est son vieil ami Grégory Wagenheim qui réalise l'artwork, un peu plus coloré que le premier, un peu moins que le second...
Les cinq titres sont dans l'ensemble assez doux, le plus marquant étant l'éponyme : "Al Abama" assez entraînant, entre boîte à musique et carrousselle, on se laisse emporter par les différents instruments qui jouent avec une mélodie simple et qui rappelle l'enfance. "Mystérieux message" est un assemblage de bruitages avec un sample de voix complètement déformé, option canal plus en crypté (pour les moins jeunes qui ont connu le décodeur !), ce n'est pas franchement excitant mais en transition entre deux titres, pourquoi pas... L'élément dominant de "La bonne orthographe" est le rythme, on s'y accroche pour mieux se faire entraîner par la musique assez étrange qui enveloppe le tout. Après trois titres assez courts, "Right place and time left" prend lui le temps de s'installer, les bidouillages se répètent, se crashent à l'arrière-plan pour mettre en relief un ensemble de notes très pures, espacées et là encore très douces, le piano produit comme des bulles qui éclatent régulièrement dans un air saturé de petits sons parasites. Jamais le morceau ne s'emballe, au contraire, il se meurt tranquillement avec quelques percussions et petites saccades de violon. La dernière piste (oui, ça passe vite un EP !) est un faux éclat de rire : "Hahahahaha ?". Les trois petites minutes sont plutôt mélancoliques, le mouvement un peu plus pesant bien qu'on retrouve d'avantage de notes dans les mesures...
Du fait du format choisi par Chapelier Fou, Al Abama est un peu particulier et se destine aux plus fans du projet, il permet surtout à l'artiste d'expérimenter sans retenue, sans contrainte et d'élargir son univers musical.