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Rock
Cave In
Biographie > Cave In
Cave In est à l'origine (en 1995) un groupe HardCore qui sévit dans le Massachusetts, après quelques démos, ils signent chez Hydra Head en 1998, le label sort leur premier album Until your heart stops et en profite pour rééditer leurs premiers titres compilés sous le nom de Beyond hypothermia. En 1999, le groupe sort Creative eclipses un EP 5 titres qui regroupe "Luminance", un morceau beaucoup plus mélodique (et "expérimental" pour le groupe), composé pour une compil' qui ne verra pas le jour, Cave In enregistre quatre autres morceaux pour faire ce CD. L'année 1999 est celle du début d'une nouvelle vie pour Cave In, le combo compose davantage avec les mélodies qu'avec les gros riffs coreux, cela donne Jupiter qui sort en juin 2000 et montre dans quelle voie s'engage désormais le quartet installé à Boston. Le succés aidant, le groupe attire les convoitises, joue avec les Foo Fighters, s'inscruste dans de gros festivals et termine son contrat avec Hydra Head en sortant un nouvel EP à l'automne 2002 : Tides of tomorrow. Ils signent ensuite chez RCA et enregistrent Antenna avec Rich Costey, l'album est prêt pour le début de l'année 2003 mais ne sort que le 18 mars. Mais Cave In n'attend pas qu'Antenna charme le monde entier pour se lancer dans une nouvelle tournée européene qui passe par la France en février. L'occasion pour nous de les interviewer... avant de les revoir très vite on espère.
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Cave In / Chronique LP > Perfect pitch black
Entre indie rock aux influences stoner pop et réminiscences hardcores (rappelons quand même que le groupe était, à ses débuts, l'une des figures incontournables du genre), "The world is your way" met d'entrée les choses au clair. Entre puissance destructrice renvoyant aux heures des Beyond hypothermia et Until your heart stop et raffinement indie rock, non Cave In n'est pas mort. Au contraire... Après plusieurs mois au cours desquels les rumeurs les plus insistantes et (parfois) avérées ont couru sur la possibilité de la séparation des membres du groupe, les natifs de Boston a finalement décidé de relancer la machine, sans doute trop rapidement remisée au garage. En quittant RCA/BMG après la tournée Antenna, Cave In a sans doute retrouvé un peu plus que sa seule liberté contractuelle. Après des mois passés sur les routes en compagnie de Muse, pour un résultat très relatif (le groupe n'était pas assez commercial ni aux yeux du public qui venait surtout voir Muse, ni aux yeux des dirigeants de BMG qui pensaient que les bostoniens vendraient plus de CD), l'heure était venue de mettre un terme à l'histoire de Cave In, d'autant que Stephen Brodsky, le leader naturel du groupe, était de plus en plus pris par ses nombreux projets parallèles (New Idea Society) ou collaborations diverses et variées (Transmission0, Ramona Cordova). Et pourtant...
C'est parfois au moment où l'on ne s'y attend plus, que l'on n'y croie plus trop que la machine redémarre toute seule, c'est un peu ce qu'il s'est passé avec ce Perfect pitch black. De retour chez HydraHead Records (le label d'Aaron Turner, d'Isis), le groupe a retrouvé l'inspiration et l'excitation consécutive à tout processus créatif. Et les américains de se remettre à l'ouvrage afin de composer une grosse demi-douzaine de titres qui seront un condensé du savoir-faire de Cave In et s'ajouteront à des titres plus ou moins rares sortis sur diverses compilations. Songwriting inspiré, lignes mélodiques affirmées et typées "rock", passages hurlés (résurgences de leur passé hardcore) bétonnés au chant par leur bassiste Caleb Scofield qui remplace Stephen Brodsky dès qu'il s'agit de poser des mines au micro. Intro hurlée pour "The trepanning", sur fond d'heavy rock qui déboîte, sommes nous en territoire hardcore, sur du heavy metal old-school ? La réponse est à double sens, le groupe alternant riffs stoner/ indie rock mélodiques avec les passages les plus violents, joue avec les contrastes pour s'amuser avec tout l'arsenal sonore dont il dispose. Influences stoner à la Queens of the Stone Age pour "Off to ruin" ou "Droned", lignes mélodiques orientées shoegazing pour un "Down the drain", planant, qui évoquera inévitablement le "Sometimes" de My Bloody Valentine, Cave In ose un grand écart facial entre le style de ses débuts et le son de Jupiter ou Antenna. Mélodies indie-rock feutrées à haute teneur émotionnelle, riffs stoner pop qui dérouillent, instrumentations fouillées et violentes fulgurances métalliques, cet album surprend tant par sa variété que le sentiment d'accomplissement et la maturité qu'il s'en dégage ("Tension in the ranks"). Cave In s'offrant à cette occasion une renaissance inattendue et annonciatrice d'un avenir musical qui peut encore nous réserver de très belles choses.
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Cave In / Chronique LP > Jupiter
3 ans avant le sublime Antenna, Cave In sort Jupiter, l'album du changement radical pour un groupe plus habitué au metal hardcore qui fait mal (Beyond hypothermia, Until you heart stops en tête) qu'à l'émo-rock tendance psyché. A la manière d'un Radiohead (dont l'influence se fait parfois sentir sur Jupiter) qui n'avait pas hésiter à surprendre en proposant avec Kid A quelque chose de différent, le style de Cave In n'a désormais plus rien à voir avec la musique que les anglais proposaient auparavant.
Rythmée et très originale ("Jupiter" et ses sonorités d'Europe centrale, "In the stream of Commerce"), la musique de Cave In sonne très rock et surprend tant elle n'a rien à voir avec le passé du groupe. A tel point qu'on se demande parfois s'il ne s'agit pas d'un autre groupe. "Mais Big Riff" et ses fulgurances hardcores nous ramène à la raison, il subsiste encore dans la musique des américains quelques vestiges de leur passé musical.
Mais Cave In a décidé de s'orienter vers autre chose, vers une musique plus aérienne, plus émotionnelle et aux structures plus complexes ("Innuendo and out the other", "Decay of the delay"). Le groupe navigue à vue entre l'émo-rock psyché ("Brain Candle"), les lignes un peu plus pop (la première partie de "New Moon") et l'instrumental hypnotique ("Decay of the delay"), le tout en se permettant par moments quelques petites expérimentations sonores.
Avec Jupiter, Cave In s'ouvre une voie vers un rock émotionnel original, varié et inspiré où les membres du groupe se trouvent à merveille, mention spéciale à un Stephen Brodsky (chanteur) au diapason notamment sur le titre "Requiem". Un coup d'essai maîtrisé à la perfection, la suite (Antenna) ne décevra pas.
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Cave In / Chronique LP > Antenna
Merveilleux, somptueux, magnifique, prodigieux, superbe, envoûtant, imparable, délicieux, enchanteur, beau, magique, pop... il n'y a pas assez d'adjectifs pour qualifier ce nouvel opus de Cave In, difficile d'en parler quand de telles émotions passent de l'album à nos esprits par la simple entremise de baffles ou d'écouteurs. Des émotions qui rangent désormais le groupe du côté des combos "emo", qu'ils le veuillent ou non... Des émotions mais aussi des rythmes, des sons, des sonorités, des mélodies, des ambiances, à tous les niveaux Antenna est au top. Très dynamiques ("Inspire", "Rubber and glue"), les onze compos s'enchaînent comme si elles avaient toujours formé un tout. On peut trouver des ressemblances ici avec A Perfect Circle ("Seafrost"), là avec le Radiohead d'Ok computer ("Lost in the air") voire même carrément extrapoler jusqu'à aller chercher un esprit similaire aux Guns'N'Roses dans le solo de "Woodwork" mais tout cela nous ramène à une seule et même chose : Cave In. Ils sont le rock, ils l'ont concentré pour en extraire le meilleur, autant de talent ne peut pas uniquement se travailler, ils doivent le vivre. Cave In avec Antenna est l'incarnation du dynamick rock dont les anglo-saxons parlent depuis des années sans vraiment le situer, émotion, douceur, mélodies, guitares électrifiées, un peu de sampling, tous les ingrédients sont réunis et jamais la sauce n'avait aussi bien pris. La batterie nous maintient sous tension, la basse nous cajole, le chant nous fait perdre nos repères pendant que les guitares s'infiltrent en nous, Antenna c'est tout ça et des milliards d'autres choses indicibles. Antenna, c'est l'arme absolue contre tous les maux, l'écouter c'est s'abandonner physiquement et psychiquement à la musique, oublier ce qui nous entoure, nos tracas comme nos joies, tout est remplacé par le bonheur d'entendre ce que Cave In a enregistré.
2003 sera marqué par cet album et à moins que le groupe ne réédite cet exploit dans les années à venir, Antenna risque bien de marquer la décennie et pourquoi pas l'Histoire du rock, tout simplement
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