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Biographie > Comme le bon vin...

Cave In Cave In est à l'origine (en 1995) un groupe de post-hardcore/rock alternatif formé par Steve Brodsky et Jay Frechette - tenant son nom d'une chanson de Codeine - qui sévit dans son Massachusetts natal avant de signer, après quelques démos, HydraHead (Isis, Pelican, Khanate, Jesu, Old Man Gloom...). En 1998, le label sort leur premier album Until your heart stops et en profite pour rééditer leurs premiers titres compilés sous le nom de Beyond hypothermia du quartet (Brodsky et Frechette) sont alors les leaders d'un quintet également composé d'Adam McGrath, John-Robert Conners et Justin Matthes. Ce dernier sera d'ailleurs brièvement remplacé par un certain Andy Kyte alors que le quasi inconnu Dave Scrod aura joué les intérimaires ponctuels en lieu et place de Frechette parfois occupé par les concerts de son autre projet Ten Yard Fight. Qu'il rejoint définitivement quelques temps plus tard laissant ainsi Cave In au format quartet.

En 1999, exit donc Frechette, Kyte, Matthes et Scrod, Caleb Scofield d'Old Man Gloom vient compléter le line-up et le groupe sort Creative eclipses un EP 5 titres qui regroupe "Luminance", un morceau beaucoup plus mélodique (et "expérimental" pour le groupe), composé pour une compil' qui ne verra pas le jour et quatre autres morceaux enregistré pour l'occasion. Cette année-là est celle du début d'une nouvelle vie pour Cave In qui compose davantage avec les mélodies qu'avec les gros riffs coreux : cela donne Jupiter qui sort en juin 2000 et montre dans quelle voie s'engage désormais le quartet installé à Boston. Le succès aidant, le groupe attire les convoitises, joue avec les Foo Fighters, s'incruste dans de gros festivals et termine son contrat avec HydraHead en livrant à l'automne 2002 l'EP Tides of tomorrow.
Les néo-bostoniens signent ensuite chez le poids lourd RCA et enregistrent Antenna avec Rich Costey, qui sort en 2003. Mais Cave In n'attend pas qu'Antenna charme le monde entier mais désireux de revenir un peu plus à ses fondamentaux "métalliques" et post-hardcore, le quartet rompt son contrat avec le label d'un commun accord afin de retourner chez HydraHead. Label avec lequel il renoue donc pour sortir en 2005 Perfect pitch black. Quelques semaines plus tard, JR Conners devenu indisponible suite à quelques soucis de santé et un départ vers l'Europe (le reste du groupe étant toujours localisé aux USA) est remplacé par Ben Koller (All Pigs Must Die, Converge, United Nations) avant qu'Adam McGrath ne quitte à son tour ses partenaires, provoquant de fait la mise en hiatus indéterminé de collectif américain.

En avril 2009, trois ans après ses derniers concerts, Cave In annonce vouloir revenir sur le devant de la scène et enregistre dans la foulée un EP (Planet of Old, qui paraît début 2010 toujours chez HydraHead accompagné d'un DVD alors même que le groupe s'est déjà mis à plancher sur un nouvel album studio. Intitulé White silence celui-ci sort courant 2011 sur le label historique de la formation bostonienne.

* A noter que les différents membres "historiques" de Cave In se sont toujours distingués par un côté très productifs que l'on retrouve dans leurs nombreux side-projects : Steve Brodsky a ainsi initié ou participé à quantité de projets dont Kid Kilowatt, New Idea Society, Pet Genius, The Octave Museum en plus de sortir des disques solo et Adam McGrath a lui aussi été dans Kid Killowatt avant d'initier parallèlement à Cave In le projet Clouds. De son côté, JR Conncers a contribué à Pet Genius avec Brodsky alors que Caleb Scofield a toujours eu Old Man Gloom en même temps que Cave In, avant d'être également à l'initiative de Zozobra.

Interview : Cave In, Cave In-terview (Fev. 2003)

Cave In / Chronique LP > White silence

Cave in - White Silence On l'attendait en secret, moins d'un an après sa reformation et la sortie d'un court mais sympathique Planets of old, voici donc le premier album studio signé Cave In depuis une sacrée paire d'années. Et d'entrée de jeu, le mélange hardcore noise/rock'n'roll prog charbonneux met l'auditeur la tête à l'envers : l'éponyme "White silence", le subversif "Serpents" et surtout "Sing my loves", les premiers titres s'enchaînent parfaitement et le groupe imprime sa marque. Une violence épidermique qui jailli de toutes parts, des plans plus prog stationnés au milieu, un zeste de space-rock pour aérer le tout et rendre la mixture à la fois plus digeste et paradoxalement très dense.

Car White silence est de ces albums qui s'appréhendent facilement... mais qui dévoilent également tous leurs atouts au fil des écoutes répétés. Immédiat donc mais pas que. Un torrent de décibels, une basse vrombissante, les riffs qui se contractent et le "chant" qui se fait plus acerbe et ombrageux, "Vicious circles" emporte tout sur son passage et ravage les tympans comme pas deux. Cave In est plus en forme que jamais... et en profite en enchaînant les parpaings hardcore/noise/rock'n'roll avec "Centered" puis "Summit fever". Les instruments s'entrechoquent, le groupe carbonise ses amplis et l'auditeur encaisse comme il peut. Les morceaux défilent et les américains semblent gagner en qualité, en cohérence également, plaçant deux/trois mélodies ravageuses au sein d'un magma métallique en fusion permanente.

On est au dernier tiers de l'album et voici que ce présente "Heartbreaks, Eearthquakes". Logiquement on s'attend à une grosse déflagration bien méchante et en fait... pas du tout. Cave In s'amusant à innover avec sa recette en livrant un titre pop éthérée et spatiale complètement en rupture avec les grosses mandales HxC noise précédemment assénées. Enfin c'est ce que l'on se dit au départ, car en y réfléchissant, même fugitivement, le groupe avait déjà insufflé quelques bases pop dans les quelques mélodies des premiers titres, histoire de poser les premiers jalons et conserver cette logique artistique décidément imparable. Quitte à s'essayer en suite à l'électro-pop synthétique sur "Iron decibels" (oui les titres des morceaux sont particulièrement bien choisis...), sans pour autant retenir autant l'attention que sur le reste de l'album ceci dit. Que Stephen Brodsky et sa bande concluent sur un épilogue folk/pop aux influences typées Beatles. Osé oui, mais excellent aussi...

Cave In / Chronique EP > Planets of old

Cave in EP - Planets of old Avril 2009, Cave In sort de son silence après trois ans et demi d'absence, ce hiatus qui ne semblait plus finir suite à la parution de Perfect pitch black en 2005. Comme d'habitude pour un groupe qui se relance, ce retour se passe d'abord sur scène, mais rapidement Stephen Brodsky et ses compères annoncent leur volonté de mettre en boîte de nouveaux morceaux. Quelques mois plus tard, Planets of old, un EP 4 titres accompagné d'un DVD live, voit le jour et inaugure la deuxième "carrière" des natifs de Methuen (Massachusetts, USA). A l'heure où sont rédigées ces lignes, le groupe a depuis sorti un autre album, mais ça, c'est une autre histoire.

"Cayman tounge" ouvre les hostilités et voit s'exprimer un Cave In qui a retrouvé toute sa verve juvénile avec un premier titre emo-hardcore-rock intense, particulièrement bien charpenté, déchirant et en même temps ravageur. Le riffing est de premier choix, lesté de quelques litres de disto bien visqueuse, hargne(core) à tous les étages, chant clair et mélodique [vs] hurlements rageurs, Stephen Brodsky pour l'un, Caleb Scofield pour l'autre, l'association est parfaite et fait de jolis dégâts. Fin de l'acte I. La suite immédiate, "Retina sees rewind", est un peu moins accrocheuse. Le résultat ressemble furieusement à du Torche sans tout à fait retrouver ce qui fait la classe du Cave In habituel, même si le rendu final reste tout de même plus qu'honorable.

L'acte III est quant à lui plus diabolique que ses prédecesseurs en s'enfonçant dans des abîmes noisecore punk oppressifs et aliénants. Speedé, haineux, cautérisant les plaies qu'il inflige lui même au fer rouge, le groupe lâche les chevaux le temps d'un titre littéralement salvateur et incandescent à souhait. Deuxième tuerie en trois titres, ce sera toujours ça de pris. Le bémol de ce Planets of old venant en fait du quatrième et dernier morceau. Sans âme, encore une fois très rapide en matière de tempo, mais finalement assez quelconque, il restera aussitôt écouté, aussitôt oublié. Ce qui n'est pas le cas du DVD live qui accompagne l'objet CD. Certes filmé en mode DIY punk hardcore roots, soit collé au groupe, sans effets de caméra qui en mette plein les mirettes, mais directement au contact des zikos... qui en profitent pour envoyer sévèrement dans les esgourdes une bonne grosse heure durant. Intense et assez abrasif dans son genre. A la limite, on serait presque tenté de dire que le DVD est plus indispensable que le CD...

[us] Streaming Planets of old (25 hits)External ]

Cave In / Chronique LP > Perfect pitch black


Cave In : Perfect pitch black Entre indie rock aux influences stoner pop et réminiscences hardcores (rappelons quand même que le groupe était, à ses débuts, l'une des figures incontournables du genre), "The world is your way" met d'entrée les choses au clair. Entre puissance destructrice renvoyant aux heures des Beyond hypothermia et Until your heart stop et raffinement indie rock, non Cave In n'est pas mort. Au contraire... Après plusieurs mois au cours desquels les rumeurs les plus insistantes et (parfois) avérées ont couru sur la possibilité de la séparation des membres du groupe, les natifs de Boston a finalement décidé de relancer la machine, sans doute trop rapidement remisée au garage. En quittant RCA/BMG après la tournée Antenna, Cave In a sans doute retrouvé un peu plus que sa seule liberté contractuelle. Après des mois passés sur les routes en compagnie de Muse, pour un résultat très relatif (le groupe n'était pas assez commercial ni aux yeux du public qui venait surtout voir Muse, ni aux yeux des dirigeants de BMG qui pensaient que les bostoniens vendraient plus de CD), l'heure était venue de mettre un terme à l'histoire de Cave In, d'autant que Stephen Brodsky, le leader naturel du groupe, était de plus en plus pris par ses nombreux projets parallèles (New Idea Society) ou collaborations diverses et variées (Transmission0, Ramona Cordova). Et pourtant...
C'est parfois au moment où l'on ne s'y attend plus, que l'on n'y croie plus trop que la machine redémarre toute seule, c'est un peu ce qu'il s'est passé avec ce Perfect pitch black. De retour chez HydraHead Records (le label d'Aaron Turner, d'Isis), le groupe a retrouvé l'inspiration et l'excitation consécutive à tout processus créatif. Et les américains de se remettre à l'ouvrage afin de composer une grosse demi-douzaine de titres qui seront un condensé du savoir-faire de Cave In et s'ajouteront à des titres plus ou moins rares sortis sur diverses compilations. Songwriting inspiré, lignes mélodiques affirmées et typées "rock", passages hurlés (résurgences de leur passé hardcore) bétonnés au chant par leur bassiste Caleb Scofield qui remplace Stephen Brodsky dès qu'il s'agit de poser des mines au micro. Intro hurlée pour "The trepanning", sur fond d'heavy rock qui déboîte, sommes nous en territoire hardcore, sur du heavy metal old-school ? La réponse est à double sens, le groupe alternant riffs stoner/ indie rock mélodiques avec les passages les plus violents, joue avec les contrastes pour s'amuser avec tout l'arsenal sonore dont il dispose. Influences stoner à la Queens of the Stone Age pour "Off to ruin" ou "Droned", lignes mélodiques orientées shoegazing pour un "Down the drain", planant, qui évoquera inévitablement le "Sometimes" de My Bloody Valentine, Cave In ose un grand écart facial entre le style de ses débuts et le son de Jupiter ou Antenna. Mélodies indie-rock feutrées à haute teneur émotionnelle, riffs stoner pop qui dérouillent, instrumentations fouillées et violentes fulgurances métalliques, cet album surprend tant par sa variété que le sentiment d'accomplissement et la maturité qu'il s'en dégage ("Tension in the ranks"). Cave In s'offrant à cette occasion une renaissance inattendue et annonciatrice d'un avenir musical qui peut encore nous réserver de très belles choses.

Cave In / Chronique LP > Jupiter

Cave In : Jupiter 3 ans avant le sublime Antenna, Cave In sort Jupiter, l'album du changement radical pour un groupe plus habitué au metal hardcore qui fait mal (Beyond hypothermia, Until you heart stops en tête) qu'à l'émo-rock tendance psyché. A la manière d'un Radiohead (dont l'influence se fait parfois sentir sur Jupiter) qui n'avait pas hésiter à surprendre en proposant avec Kid A quelque chose de différent, le style de Cave In n'a désormais plus rien à voir avec la musique que les anglais proposaient auparavant.
Rythmée et très originale ("Jupiter" et ses sonorités d'Europe centrale, "In the stream of Commerce"), la musique de Cave In sonne très rock et surprend tant elle n'a rien à voir avec le passé du groupe. A tel point qu'on se demande parfois s'il ne s'agit pas d'un autre groupe. "Mais Big Riff" et ses fulgurances hardcores nous ramène à la raison, il subsiste encore dans la musique des américains quelques vestiges de leur passé musical.
Mais Cave In a décidé de s'orienter vers autre chose, vers une musique plus aérienne, plus émotionnelle et aux structures plus complexes ("Innuendo and out the other", "Decay of the delay"). Le groupe navigue à vue entre l'émo-rock psyché ("Brain Candle"), les lignes un peu plus pop (la première partie de "New Moon") et l'instrumental hypnotique ("Decay of the delay"), le tout en se permettant par moments quelques petites expérimentations sonores.
Avec Jupiter, Cave In s'ouvre une voie vers un rock émotionnel original, varié et inspiré où les membres du groupe se trouvent à merveille, mention spéciale à un Stephen Brodsky (chanteur) au diapason notamment sur le titre "Requiem". Un coup d'essai maîtrisé à la perfection, la suite (Antenna) ne décevra pas.

Cave In / Chronique LP > Antenna

cave_in_antenna.jpg Merveilleux, somptueux, magnifique, prodigieux, superbe, envoûtant, imparable, délicieux, enchanteur, beau, magique, pop... il n'y a pas assez d'adjectifs pour qualifier ce nouvel opus de Cave In, difficile d'en parler quand de telles émotions passent de l'album à nos esprits par la simple entremise de baffles ou d'écouteurs. Des émotions qui rangent désormais le groupe du côté des combos "emo", qu'ils le veuillent ou non... Des émotions mais aussi des rythmes, des sons, des sonorités, des mélodies, des ambiances, à tous les niveaux Antenna est au top. Très dynamiques ("Inspire", "Rubber and glue"), les onze compos s'enchaînent comme si elles avaient toujours formé un tout. On peut trouver des ressemblances ici avec A Perfect Circle ("Seafrost"), là avec le Radiohead d'Ok computer ("Lost in the air") voire même carrément extrapoler jusqu'à aller chercher un esprit similaire aux Guns'N'Roses dans le solo de "Woodwork" mais tout cela nous ramène à une seule et même chose : Cave In. Ils sont le rock, ils l'ont concentré pour en extraire le meilleur, autant de talent ne peut pas uniquement se travailler, ils doivent le vivre. Cave In avec Antenna est l'incarnation du dynamick rock dont les anglo-saxons parlent depuis des années sans vraiment le situer, émotion, douceur, mélodies, guitares électrifiées, un peu de sampling, tous les ingrédients sont réunis et jamais la sauce n'avait aussi bien pris. La batterie nous maintient sous tension, la basse nous cajole, le chant nous fait perdre nos repères pendant que les guitares s'infiltrent en nous, Antenna c'est tout ça et des milliards d'autres choses indicibles. Antenna, c'est l'arme absolue contre tous les maux, l'écouter c'est s'abandonner physiquement et psychiquement à la musique, oublier ce qui nous entoure, nos tracas comme nos joies, tout est remplacé par le bonheur d'entendre ce que Cave In a enregistré.
2003 sera marqué par cet album et à moins que le groupe ne réédite cet exploit dans les années à venir, Antenna risque bien de marquer la décennie et pourquoi pas l'Histoire du rock, tout simplement