Cave in - White Silence On l'attendait en secret, moins d'un an après sa reformation et la sortie d'un court mais sympathique Planets of old, voici donc le premier album studio signé Cave In depuis une sacrée paire d'années. Et d'entrée de jeu, le mélange hardcore noise/rock'n'roll prog charbonneux met l'auditeur la tête à l'envers : l'éponyme "White silence", le subversif "Serpents" et surtout "Sing my loves", les premiers titres s'enchaînent parfaitement et le groupe imprime sa marque. Une violence épidermique qui jailli de toutes parts, des plans plus prog stationnés au milieu, un zeste de space-rock pour aérer le tout et rendre la mixture à la fois plus digeste et paradoxalement très dense.

Car White silence est de ces albums qui s'appréhendent facilement... mais qui dévoilent également tous leurs atouts au fil des écoutes répétés. Immédiat donc mais pas que. Un torrent de décibels, une basse vrombissante, les riffs qui se contractent et le "chant" qui se fait plus acerbe et ombrageux, "Vicious circles" emporte tout sur son passage et ravage les tympans comme pas deux. Cave In est plus en forme que jamais... et en profite en enchaînant les parpaings hardcore/noise/rock'n'roll avec "Centered" puis "Summit fever". Les instruments s'entrechoquent, le groupe carbonise ses amplis et l'auditeur encaisse comme il peut. Les morceaux défilent et les américains semblent gagner en qualité, en cohérence également, plaçant deux/trois mélodies ravageuses au sein d'un magma métallique en fusion permanente.

On est au dernier tiers de l'album et voici que ce présente "Heartbreaks, Eearthquakes". Logiquement on s'attend à une grosse déflagration bien méchante et en fait... pas du tout. Cave In s'amusant à innover avec sa recette en livrant un titre pop éthérée et spatiale complètement en rupture avec les grosses mandales HxC noise précédemment assénées. Enfin c'est ce que l'on se dit au départ, car en y réfléchissant, même fugitivement, le groupe avait déjà insufflé quelques bases pop dans les quelques mélodies des premiers titres, histoire de poser les premiers jalons et conserver cette logique artistique décidément imparable. Quitte à s'essayer en suite à l'électro-pop synthétique sur "Iron decibels" (oui les titres des morceaux sont particulièrement bien choisis...), sans pour autant retenir autant l'attention que sur le reste de l'album ceci dit. Que Stephen Brodsky et sa bande concluent sur un épilogue folk/pop aux influences typées Beatles. Osé oui, mais excellent aussi...