Cave in EP - Planets of old Avril 2009, Cave in sort de son silence après trois ans et demi d'absence, ce hiatus qui ne semblait plus finir suite à la parution de Perfect pitch black en 2005. Comme d'habitude pour un groupe qui se relance, ce retour se passe d'abord sur scène, mais rapidement Stephen Brodsky et ses compères annoncent leur volonté de mettre en boîte de nouveaux morceaux. Quelques mois plus tard, Planets of old, un EP 4 titres accompagné d'un DVD live, voit le jour et inaugure la deuxième "carrière" des natifs de Methuen (Massachusetts, USA). A l'heure où sont rédigées ces lignes, le groupe a depuis sorti un autre album, mais ça, c'est une autre histoire.

"Cayman tounge" ouvre les hostilités et voit s'exprimer un Cave in qui a retrouvé toute sa verve juvénile avec un premier titre emo-hardcore-rock intense, particulièrement bien charpenté, déchirant et en même temps ravageur. Le riffing est de premier choix, lesté de quelques litres de disto bien visqueuse, hargne(core) à tous les étages, chant clair et mélodique [vs] hurlements rageurs, Stephen Brodsky pour l'un, Caleb Scofield pour l'autre, l'association est parfaite et fait de jolis dégâts. Fin de l'acte I. La suite immédiate, "Retina sees rewind", est un peu moins accrocheuse. Le résultat ressemble furieusement à du Torche sans tout à fait retrouver ce qui fait la classe du Cave in habituel, même si le rendu final reste tout de même plus qu'honorable.

L'acte III est quant à lui plus diabolique que ses prédecesseurs en s'enfonçant dans des abîmes noisecore punk oppressifs et aliénants. Speedé, haineux, cautérisant les plaies qu'il inflige lui même au fer rouge, le groupe lâche les chevaux le temps d'un titre littéralement salvateur et incandescent à souhait. Deuxième tuerie en trois titres, ce sera toujours ça de pris. Le bémol de ce Planets of old venant en fait du quatrième et dernier morceau. Sans âme, encore une fois très rapide en matière de tempo, mais finalement assez quelconque, il restera aussitôt écouté, aussitôt oublié. Ce qui n'est pas le cas du DVD live qui accompagne l'objet CD. Certes filmé en mode DIY punk hardcore roots, soit collé au groupe, sans effets de caméra qui en mette plein les mirettes, mais directement au contact des zikos... qui en profitent pour envoyer sévèrement dans les esgourdes une bonne grosse heure durant. Intense et assez abrasif dans son genre. A la limite, on serait presque tenté de dire que le DVD est plus indispensable que le CD...