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Cancel > Chronique LP / Urban state of mind
On reproche souvent à de nombreux jeunes groupe qui font leurs premières armes dans le monde du rock de recycler des recettes déjà ratées par d'autres, de véhiculer des poncifs bien éculés, Cancel n'est pas de ceux-là, au contraire. Au travers d'un maelström musical mêlant habilement new-rock, plages ambiantes éthérées et structures complexes, le groupe délivre un son particulier, original et inventif. Breaks rageurs, instrumentations travaillées avec un souci du détail de tous les instants, des mélodies soignées et éléctriques ("Empty shell", "When I touch the ground"), les dix compos d'Urban state of mind s'insinuent lentement en nous pour ne plus jamais nous lâcher (le bien nommé "Dependance").
Quelques passages délaissant le rock alternatif et abrasif pour verser dans le progressif tendance psyché et des ambiances hallucinées synthétiques ("I want to leave"), Cancel aime faire évoluer sa musique, varier les styles. Véritable trip rock hypnotique ("When I touch the ground") ou ballade suave, désenchantée et branchée 70's ("Nostalgia"), le groupe passe d'un new-rock percutant et assez percutant à une musique progressive et psychédélique des plus classiques. Sans ciller un instant. Au contraire, les français en rajoutent une couche, mixant tout cela en y ajoutant un soupçon d'éléctro et de guitares saturées ("Us"). Pour un résultat qui démontre avec force que l'on peut passer d'une époque à l'autre sans le moindre souci.
C'est là le secret de la réussite d'Urban state of mind, être une passerelle entre le prog des années 70 et le new rock qui commence à débarquer avec force sur la scène hexagonale (Holophonics, Idiome.). A la différence de ces deux groupes, Cancel joue la carte du rock qui fait parler la puissance, mais doublé d'atmosphères hypnotiques omniprésentes ("Urban state of mind"), le tout pour un résultat qui colle à la peau, qui prend aux tripes et qui trouve son aboutissement en forme d'apothéose dans "Lost in sadness". Tout est dans le titre, un morceau triste à en pleurer, un piano délicatement romantique, une mélodie à fleur de peau et envoûtante, le groupe à abandonné le rock pur pour se dévoiler, se mettre à nu et prouver qu'il pouvait tout faire ou presque. Surprenant, efficace, brillant.
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Idiome : L'expérimentation en moins, la puissance en plus
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