rock Rock > Burning Heads

Biographie > nos chères têtes brûlées

C'est dur. Très dur de résumer en quelques lignes l'histoire de ce groupe hors du commun que tout le monde connaît. Pardon ? il y en a qui ne connaissent pas les BH ? pfffff, bon, bah je m'exécute. De 1988, date de la formation des Burning à 2001 pour la sortie de leur nouvel album, c'est avant tout un état d'esprit qu'a imposé les têtes brûlés : ambiance do it yourself, véritables conquérants de la scène, modèle d'humilité et respect incontournable, voilà la recette des Burning. Très influencés par la musique US, les Burning débutent l'aventure à la fin des années 80. Après un premier EP sorti en 1991 et de multiples concerts destructeurs, Burning Heads, premier disque des Orléanais sort en 1992 et déjà, le groupe s'impose comme une référence du punk rock en France. Les concerts se suivent imposant le groupe comme une formation vivant pour le live. Dive, en 1994, bénéficie de la production de Jack Endino, pape du son grunge aux USA. L'Europe commence à s'intéresser à nos Burning et ces derniers s'exportent en Belgique, Allemagne, Espagne,... 1996 voit la sortie du troisième LP des français, Super modern world, confirmant la piste punk rock suivie depuis les débuts des 4. Le style hardcore mélodique des Burning est une référence dans l'hexagone et c'est normal tellement le groupe s'impose au niveau scénique. Après divers EP et apparitions sur diverses compil', Burning Heads prend une nouvelle dimension : le groupe français signe un contrat de deux albums chez Epitath, le label de référence du punk mélodique. Be one with the flamme, véritable brûlot de hardcore mélodique, est encore une fois enregistré chez Fred Norguet, et le résultat est saisissant : la maturité des BH est parfaite et les compos sont explosives. Un an plus tard sort Escape enregistré chez Endino : encore une fois, les Burning frappent très très fort, l'album est puissant au possible, une réussite. Mais pour diverses raisons, les Burning stoppent la collaboration avec Epitath. Changement de guitariste et départ du manager, on aurait pû croire les Burning cuits. Et bien non, les voilà de retour avec Opposite, un "album reggae", enregistré à la maison et en deal avec le label de terrain Yelen. L'aventure reprend...

Review Concert : Burning Heads, Incredible rock machine Tour - 16 avril 2006

Review Concert : Burning Heads, Incredible rock machine Tour - 9 avril 2006

Review Concert : Burning Heads, les Burning en Allemagne

Interview : Burning Heads, première rencontre (1999)

Burning Heads / Chronique LP > Hear this

Burning Heads - Hear this Le jour ou Les Burning Heads raccrocheront les gants, ça nous fera sans doute le même effet que le split récent des R.E.M : soit la sensation de perdre un des nombreux repères réconfortants dans une vie où il est facile de céder au marasme ambiant et de devenir un vieux con aigri. Bref, on ne souhaite absolument pas la fin des têtes brûlées et au vu de la qualité de leurs dernières productions, il semble que le karma de ces musiciens-là soit au taquet et eux, en pleine possession de leurs moyens artistiques.
Après un Spread the fire en forme d'excellent cru, les Burning Heads reviennent avec un album qui s'avèrent être encore un cran au dessus au niveau du songwriting. Décidément, ces mecs sont vraiment increvables. Coté musique, pas de grosse surprise, ça reste du punk qui galope, avec quand même une espèce de tonalité plus pop très mélodique, mid-tempo qui singularise pas mal l'album par rapports aux autres productions. De "Destroy capitalism anarchy" à "Rue Buffon", le groupe fait preuve d'une régularité dans la qualité qui doit faire envie à pas mal de comtemporains. "Destroy capitalism anarchy" est une excellente entrée en matière et rempli parfaitement le cahier des charges de la chanson punk bien troussée. La suite est sans surprises mais a le mérite de tenir la dragée haute à ce morceau introductif : le riff d'"Hard time for dictators" est efficace, "Pride and glory" frôle la mention excellent, les refrains mi-scandés mi-chantés de "Cheat and lie" et "Who's got the herb" collent rapidement aux parois du cerveau...
Hear this se termine excellemment sur une composition instrumentale intitulé "Rue Buffon" : un riff presque stoner côtoie des tics dub et et une dynamique punk volatile. Incontestablement une réussite auditive et un disque notable de plus dans leur discographie.

Burning Heads / Chronique LP > Spread the fire

Burning Heads - Spread the fire Fers de lance du punk-rock mélodique made in France, les Burning Heads se rappellent à notre bon souvenir avec un album de punk-rock qui fleure bon ce qu'ils savent faire de mieux : du punk-rock qui galope beaucoup, parfois un peu moins, mais qui fait quasi-instantanément plaisir aux cages à miel. La (re)prise de contact se passe d'ailleurs sur les chapeaux de roues avec un titre ("invisible disease") qui renoue avec les bonnes vieilles habitudes : rythme au taquet, batterie sèche et véloce, riff typique et efficace, prod' sans artifices. Le contrat est déjà largement rempli et on s'enquille la deuxième piste sans sourciller, d'autant plus qu'elle enfonce le clou de fort belle manière avec un brulot engagé comme savent le faire les Burning Heads. On se demande d'ailleurs s'ils vont tenir le coup sans forcément douter de leur capacité de songwriting et ils nous assènent un "Competition" cinglant et toujours outrageusement efficace. "More than a billion" ralentit un peu la dynamique de l'album, mais attention, ça file à toute allure quand même et ça décoiffe sévère. La suite de Spread the fire va s'avérer un poil décevante, les titres à venir se fondent souvent dans notre quotidien sans pour autant se fondre dans nos neurones. Cela dit, la deuxième moitié de l'album compte toutefois quelques soubresauts d'adrénaline et de songwriting, comme avec "Just a song" qui cotoie Pennywise sur le compteur km/h ou "Face the facts" qui séduit grâce à un refrain qui pulse pas mal dans son genre. On tient à te rassurer (et surtout ce bon vieux Gui de Champi qui doit faire un infarctus à la lecture de la chronique...) quand même : l'album tient toujours la route grâce à un savoir-faire inépuisable en la matière. Des titres comme "Just wanna be me" et/ou "Forget" restent appréciables et sont révélateurs de cette tendance : on tape du pied, on secoue la tête et on apprécie le coté grisant de l'entreprise sans pour autant atteindre la magie des premières plages. Au final, Ce Spread the fire n'est sans doute pas le meilleur album du groupe. Toutefois, il restera surement comme un très bon moment sans prétention pour les fans de punk-rock mélo' bien de chez nous. Ce retour sous les feux de l'actu' fait quand même diablement plaisir ou ça passe : vivement le live ou ils excellent probablement toujours autant.

Burning Heads / Chronique LP > Bad time for human kind

Burning Heads : Bad time for human kind Burning Heads, c'est comme le bon vin...plus ça vieillit, plus c'est bon. J'aime pas le vin, mais qu'est ce que j'aime les Burning !!! Welcome dans le monde réel de leur punk rock, là où tout est vrai, non superficiel, pas un minimum sérieux et surtout vraiment rock 'n' roll. Et pour ce qui est du rock, la bande de Pete Samprass en connait un rayon. Alors que les quatre orléanais nous ont offert quelques bon titres sur le split avec les UMFM (Incredible Rock Machine), le début d'année 2006 s'enrichit d'un nouvel album de furieux : Bad time for human kind. Quinze titres, une plage multimédia (trois vidéos do it yourself, quelques jolies photos,...) et le sourire tout le temps de l'écoute. Taronto m'avait mis une belle baffe dans la gueule avec ses titres rock vraiment bien huilés. Bad time for human kind durcit le ton, dans le son et l'exécution des chansons. Et ce n'est pas pour me déplaire, loin de là. La première écoute est peut être un peu déroutante, certainement due à des morceaux qui se montrent plus agressifs qu'à l'accoutumé, mais après un deuxième jet dans ta gueule, tu ne feras qu'en redemander tellement cet album est riche et puissant. Enregistré directement par eux-mêmes, les Burning n'ont pas cherché les complications...pourquoi passer par un producteur quand on peut faire les choses soi-même, hein ? La même chose au niveau du label...C'est Opposite Records, leur propre structure, qui sort ainsi sa deuxième référence. Z'ont tout compris, les Burning. Musicalement, ça chauffe dans les chaumières. "Show the way you really are" ouvre le bal, et c'est un Burning burné auquel on a droit, comme à la grande époque des Be one with the flammes et Escape, ça démarre à sang à l'heure, la bourre comme il faut, le pit s'annonce chaud, la voix de Pier est inimitable, ça sent bon la grande classe. Couplets speedos, roulements de batterie, mélodie imbattable, quelle est leur secret ? Car même quand ça sent la saturation et la tension ("wake up","tomorrow the stricke"), nos chers Burning nous sortent leur baguette magique pour nous claquer un refrain de je ne sais où mélodieux à souhait et qu'on sifflote déjà en attendant le prochain. Burning Heads connait son sujet, il explore des pistes tendant vers le hardcore ("Get that gun off my chest", "Bad time for humankind" ), le punk mélo ("who wants to join?", "The fuse"), cinquième plage du disque mais premier morceau un peu plus léger dans la mélodie, moins bourrin quoi !), mais reste fidéle à son amour du punk ("Power is the poison", "going nowhere tim", "spirit of 68") et du rock bien fait ("a whole life" avec un super travail au chant, mélodies parfaites). La timbale est décroché par l'excellent "After me the storm", du Burning Heads pur jus, où l'on retrouve toutes les ingrédients de la recette de ses (nombreux) succès : rapidité, efficacité, mélodie, guitares puissantes, bass bat parfait, voix géniale. Tout simplement. Encore un parfait exemple : "Nice time to fall" en impose, rien qu'avec ça, on sait qu'on a affaire aux patrons du punk rock en france, et on comprend pourquoi les Burning ont inspiré nombre formations hexaconal ! Et après un peu moins de quarante minutes, le groupe nous achève tous avec son traditionnel morceau aux inspirations clashienne, cette fois ci saupoudré de punk rock irrésistible ("Glass ceiling"). Rien à dire, après 20 piges au service du punk, Burning Heads n'a pas fini de nous calmer et de démontrer son talent. Pas mal d'épreuves endurées, des centaines de concerts dans les grands festivals, les bars mytheux et les salles enfummées, des disques faisant office de classiques, et malgré tout ça, le groupe m'impressionne encore avec un album déjà indispensable. Chapeau bas les gars.

Burning Heads / Chronique Split > Incredible rock machine

bh_umfm_split_incredible_rock_machine_cover Franchement, après l'énorme split Second Rate / Flying Donuts, je ne pensais pas qu'un disque mélangeant les brûlots rock de deux groupes que j'adore verrais de nouveau le jour. Ou, du moins, je ne voulais pas y penser, ça m'évitait de me faire du mal ! Et là, qu'est ce que j'apprends ? Les Burning Heads, LE groupe punk rock français, aux disques complets et jouissifs, aux concerts mémorables et aux morceaux ultimes, allait croiser le fer avec les extravagants Uncommommenfrommars, quatuor au son gigantesque avec ses influences lorgnant vers la west coast ricaine et vers...Orléans, ville du néant d'où sont originaires nos têtes brulées. Entre les cramés et les ET, quel résultat ? Un split puissant. Honneur aux légendes, Burning Heads est dans la place, et même les petits présomptueux qui voudraient les faire tomber peuvent continuer à s'entrainer, car la bande de Samprass n'a pas fini de reigner. Le premier titre, "Freedom Tower" donne le ton. Ce soir, ça sera rock ou ça ne sera pas. Pier est enragé, ça bastonne dur derrière, les accords se succèdent, les mélodies se développent, du très bon ! Non, là, on est dans la pure tradition punk pop, et les Burning l'exécutent avec talent et brio. Et ça continue avec "S.T.F.U." et ce riff hot stuff. Les mélodies sont imparables et l'énergie généreuse. Le plan reggae speedé convient parfaitement au morceau et le faux plan dub rocky nous rappelle que nos têtes brûlées sont aussi friands d'expérimentation. Et c'est avec un sourire jusqu'aux oreilles qu'on savoure. Car au bout de deux titres, on tient du très bon Burning. Le groupe n'en démord pas avec "Beware" qui aurait largement sa place sur "Escape", braquet à donf, compteur aux maxi. Puis vient le moment des petits bonus avec un titre exécuté par les Burning et chanté par les Unco. Pas vraiment inoubliable même si en fermant les yeux, on imagine le tableau et qu'on ne peut pas s'empêcher de penser qu'en live, ça va démonter. Cinquième effort pour BH et une reprise de Youth Brigade, "Did you wanna die". Old school oblige, je ne connais pas l'original, mais l'exécution de la chanson par les Orléanais donne envie d'aller fouiner chez son disquaire pour chopper tout ça. Rapide constat : Burning Heads a la classe. Bon, ça, on le savait, et c'est vraiment de bonne augure pour la suite qu'on attend très vite. Puis place aux jeunes, Uncommonmenfrommars is on your head, et ça s'entend. Les mecs enregistreraient dans ma chambre, on les reconnaitraient quand même. En même temps, ce disque a été enregistré par Pier BH, et Alex qui s'occupe des retours pour UMFM en live et qui connait parfaitement son sujet. "Everyone's againt me" est un morceau dans la pure tradition Unco sans toutefois lorgner vers le fun californien. D'entrée, ça bute. "Plastic Guns" prend le relai sans faillir à la réputation du groupe qui mélodise plus vite que son ombre, avec ses guitares accoustiques et ses arpèges électriques. Un vrai bonheur. Mais nous ne sommes pas au bout de nos surprises, et le meilleur morceau du split hante la plage huit. "Attitude Problem" a tout du type de morceau qui te casse les pattes, avec la recette magique de la rapidité, du riff inoubliable à la première mesure et avec, en bonus, les voices des Unco qui font le reste. On passe du tout au tout, et après le fun et la décontraction de cet ode au skate board, les Burning prennent les choses en main en balançant des voices dignes de Motorhead sur un instru du quatuor de Valence faisant dans le crado et la poisse. Un échange qui change radicalement de registre, et ce n'est pas pour nous déplaire. Et pour finir en beauté, UMFM y va également de sa reprise avec encore pour moi un truc totalement inconnu : "Johnny's got a problem" des D.I. C'est résolument punk, pas d'artifice, un boulet de canon pour achever un skud digne des plus gros missiles.
Une belle initiative pour deux groupes qui bouffent de l'indé depuis des années, qui ont fait du punk rock leur raison d'être, et une magnifique référence pour la première sortie du label "Opposite Rcds", label autogéré par les Burning. Et attention, le printemps arrive avec son "Incredible Rock Machine Tour" et son concept de 60 jours 60 dates. Mon dieu que ça va être bon. Et en attendant ce spectacle qui va valoir des points, inserez votre CD dans votre pc pour matez des vidéos dont je vous laisse découvrir le niveau. No comment les mecs !

Burning Heads / Chronique Split > Cross the bridge split ep

le split burning vs vulgaires Qui a dit que le punk rock ne se chantait qu'en anglais ? On a beau avoir une culture musicale anglo saxonne, voir dérivant sur les côtes ricaines, on en reste pas moins des humains de la patrie bleue blanc rouge. Franchement, pour les amateurs de la scène française, qui n'a jamais fantasmé sur l'idée de voir, ou plutôt d'entendre les Burning chanter en français ? et bien, c'est chose faite aujourd'hui. Et ce grâce à une idée pas novatrice mais qui révèle l'ouverture d'esprit du quatuor orléanais. Les rencontres aidant, les Burning ont fricoté avec les Vulgaires Machins, groupe Québécois de son état. Quelques concerts enfummés et soirées musicales plus tard, voilà que les deux groupes ont sillonné, avec les brûlants Tagada Jones, les routes de France en ce début d'automne. Et que le bonheur n'arrive jamais seul, une galette malicieuse a accompagné cette série de shows... Cross the bridge split ep, c'est le nom du skeud, propose pour les fans des deux groupes quelques moments interessants. Jugez-en plutôt. Les Burning exploitent à leur manière quatre chansons des Vulgaires qui leur rendent l'appareil. Au total, huit titres explosifs. Perso, je ne connais pas la discographie des Vulgaires Machins, alors de deux choses l'une : je vais découvrir leur compos grâce aux Burninget je vais m'interesser au jeu et au son des Québécois grâce à quatres reprises de mon groupe préféré. Tout ça commence avec les Burning. Des Burningqui chantent, hurlent, scandent, enfin ce que vous voulez, quatre chansons en français, oui oui, en français !!! C'est peut-être la seule fois dans leur carrière que ça va se passer, alors profitons-en. Et ce que je peux vous dire, c'est que les Orléanais n'ont pas choisi les titres au hasard. Quatre chansons aux textes assez forts, de la music academy à une dédicace au MEDEF et à notre société qui va trop vite avec trop de connards à la pelle. Franchement, c'est un petit bonheur d'entendre Pier Samprass fredonner en français, ça te va bien mec, j'te jure. Musicalement, je ne peux pas comparer avec la version originale, mais ce dont je suis sur, c'est que nos chers Burning ont pris plaisir à enregistrer ces morceaux. On reconnaît immédiatement la touche BH. Dans un style proche aux compos enregistrées pour Taranto, dans une veine un peu plus old school qu'à l'accoutumée. Le son n'est pas exceptionnel, ça sent un peu le bricolage mais c'est comme ça qu'on les aime, toujours au bord de la limite, proche du live que du perfectionnisme du studio. Un vrai bonheur. Titres très punk rock ("Capital", "Popcorn"), morceau plus rock avec de jolies mélodies ("Anesthesie", proclamé par moi-même comme morceau phare de ce split), encore une fois, les Burning peuventt se targuer d'avoir frapper un grand coup. Et ce n'est pas fini... Quatre chansons des BH sont encore au programme de cette seconde partie, mais à la sauce Vulgaires Machins. Et franchement, les versions des Québécois sont... rafraichissantes !!! Deux morceaux traduits en français ("Hey you 2", "Push me"), deux versions anglaises, quatre titres issus des trois derniers brûlots des français, y a pas à dire, c'est classieux. L'esprit des compos originales est là, mais les Vulgaires Machins ne font pas que jouer les Burning, ils n'hésitent pas à personnaliser les titres des français. Du coup, c'est moins brut qu'à l'accoutumée, mais c'est vraiment réussi. Une bonne occasion de se pencher sur la discographie des Vulgaires...Et de prendre une belle baffe dans la gueule !

Burning Heads / Chronique LP > Taranto

burning heads : taranto C'est vraiment un plaisir de chroniquer un album des Burning. Bah oui, on est rarement déçu, et en plus, y a toujours des choses à dire. Et des bonnes choses. Mais débutons par le commencement. Alors guitariste de tournée mais immédiatement adopté par les Orléanais, Fonfon tient le manche pour la première fois sur un enregistrement des têtes brûlées. Ces dernières têtes brûlées qui annonçaient pendant la tournée "Opposite" que le prochain disque serait punk rock. Et ils ont tenu parole. Car Taranto est un disque de punk rock, et un très bon disque même. Deuxième effort chez Yelen Musiques et retour aux sources avec à la console Fred Norguet, avec qui le groupe avait mis en boite, entre autre, l'énergique Be one with the flammes. Assez parlé d'histoire, passons aux choses sérieuses : le son, la zik, le truc quoi !!!
Pour le "retour" des Burning au punk rock, le groupe a décidé de la jouer à l'ancienne. Très bonne prod au son moins agressif qu'Escape, rythmes en général moins speed qu'à l'accoutumée, Taranto ouvre un nouveau visage aux Orléanais. 17 chansons, 17 tubes, toutes différentes mais avec cette touche Burning inimitable. La voix de Pierre est à son meilleur niveau, le travail des guitares est de plus en plus fin et en même temps toujours aussi rock 'n' roll, et la rythmique est, comme d'habitude, diaboliquement efficace. La nouveauté, c'est que les Burning n'hésitent pas à dériver sur des chansons un peu plus pop, un peu moins sauvages. Pourtant, le premier morceau ne fait pas dans la dentelle, "An 1" est le mélange subtil de la rage et du refrain mélodique, le tout à base quasi certaine de slam. C'est plié en deux minutes. Même musique pour "Globalize", Pierre est à la limite de l'étouffement, ça monte, ça monte, et toujours cette machine à riff puissante et aux refrains impressionnant. La machine punk rock oldschool est en place, à l'instar de "Sit and watch". Le son est propre et il reflète parfaitement les compos 2003 des BH. La nouveauté vient de morceaux comme "Freack and stars" que ne renieraient pour rien au monde la bande de glammers à la Second Rate : les Burning savent aussi évoluer avec intelligence sans jamais pouvoir être traité de récupérateur. A la manière d'un Seven Hate, le quatuor n'est pas insensible aux groupes qualifiés "émo", ou plutôt rock indé français nouvelle génération. Mais bien sûr, les Burning savent toutefois mettre en valeur leur coté véner et temporisé à 180 bpm, comme le très nerveux "Bush a Bush", véritable pamphlet anti guerre hurlé en anglais, 42 secondes de bonheur proche des bombes d'Escape. Le reste de l'album n'est qu'une succession de futurs succès avec du tempo modéré et résolument rock ( "Push me", "Pense bete" ), parfois tendant vers la pop mais toujours bien connoté ( "Neon skies", Good Bye" ), et des brûlots qui vont en faire suer plus d'un ("The club", "Happiness", le très californien "Autopilot off", "Inner conflict" ...). Les textes sont assez portés sur ce qui se passe dans le monde actuellement, et reflètent des réflexions personnelles. Mais le dénominateur commun de tous ses morceaux reste cette recherche de la mélodie, de cet accord qui sonnera avec le timbre de voix de Pierre, qui donnera encore envie de prendre une Les Paul et de monter un groupe avec des potes. Moment ultime de ce disque avec ce titre phare de The Rats, "Babylon's Burning ", dernière jouissance répertoriée de cet album. Et une fois que vous aurez écouté le brulôt une centaine de fois de suite, venez donc visiter la plage cd rom avec des images roots du studio d'enregistrement où les Burning ont mis en boite Taranto, des toph, et 4 morceaux live dont "Dedication" filmé dans les montagnes où le groupe à joué l'année dernière sur les coups de midi. Surréaliste, mais tellement bon.
Encore une fois, les Burning Heads ont frappé fort avec ce disque d'un très haut niveau, alliant un retour aux sources et une expérience évidemment sans équivoque. Bravo Messieurs. Bravo, et surtout merci...

Burning Heads / Chronique LP > Opposite

BH : opposite C'est sur que ça calme de se dire que les Burning Heads font du reggae. Toutefois plusieurs nuances je me dois d'apporter. Moi, ça me calme mais dans un sens ultra positif car je suis fan du contre-temps et du l'esprit roots propre au reggae. De plus, Opposite n'est pas un album reggae des Burning , c'est en fait un nouvel album des Tetes Brulés désireux de fermer la boucle ouverte depuis les quelques expérimentations des trois derniers albums qui contenaient chacun un morceau dub ou reggae à la fin de la galette. Pour Opposite, on retrouve de plus les ingrédients chers aux quatuor : guitares, basse, batterie. Pas d'artifice, juste quelques pédales de delay et autres pour jouer avec les sons. Pas de fioriture, on fait avec les moyens du bord pour créer une sorte d'ambiance brute à l'instar des productions des Clash et consorts. Pas de claviers, pas de cuivres, nan, pas de ça pour eux. Un jeu rock de toute façon, on ne perd pas ses racines comme ça. Un bon album, tout simplement. Le groupe prend plusieurs directions intéressantes dans Opposite, toujours chanté en anglais. A la manière de "Handcuffed (did you play for this ?)" ou "Hey you", les bases reggae brutes sont bien là, sans effet, juste avec des guitares à contre-temps et quelques passages saturés, et toujours cette voix charismatique reconnaissable entre mille qui fait le charme des Orléanais. Tout au long du disque, les Burning tentent, explorent, cherchent le truc pour ne pas faire de ce disque un album "de plus". A l'instar de "You say" ou "Spanic", les BH se lachent entre un compromis rock et des sonorités dub industrielles qui ouvre des portes à des expérimentations sur le disque. Mais les Burning ne sont pas qu'une machine à riffs, ils le prouvent très bien avec des morceaux posés, assez lourds et très "ambiants" comme "Tic tac toc" ou l'instrumental "Rain 2". La surprise est aussi un atout des Burning Heads qui barrent parfois dans des directions presque indus et electro, à la manière "Time to fire up the place" ou "Fugasse". Encore une fois, les Orléanais nous achèvent avec un morceau magistral complètement délirant, lourd et pesant : les basses résonnent, la caisse claire est pleins d'effets, les guitares sont plaintives, ça donne du dub façon "Basement 3". Mais je ne résiste pas de garder le meilleur pour la fin et ce grandiose "Police in helicopters", guitare saturée pleine de delay en contraste avec la guitare clean sans effet, une basse ronronnante et une voix entraînante. Un pur bonheur !
Burning Heads encore une fois ne s'est pas trompé avec ce disque radicalement différent dans la forme des précédents, mais en tout cas similaire dans l'esprit : l'envie de se faire plaisir, de ne dépendre de personne, et sûrement de surprendre, surprendre : une référence... le meilleur groupe français ? assurément.