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bumblebees : cissetive J'entre dans le labyrinthe Cissetive par "Triangle", un instrumental vite estampillé "post rock", guitares claires, pops, dynamiques, on se laisse prendre au jeu sans sourciller, mine de rien me voilà trop avancer dans le dédale pour faire demi-tour. Ma nervosité, comme celle du groupe, monte d'un cran avec "Baragouine", un chant français avec des paroles au sens plutôt obscure arrive à mes oreilles, en fouinant un peu, je leur découvre une admiration pour le dingo littéraire Alfred Jarry (Ubu roi), les artistes les moins prévisibles que sont Marcel Duchamp ou Francis Picabia, le compositeur décalé Erik Satie ou encore le père de l'anticipation Aldous Huxley (Le meilleur des mondes). Les mots sont donc là pour servir la musique et les ambiances plus que pour faire passer un discours, Bumblebees les assemble comme des légos pour créer des structures amusantes et irréelles. Quand ils se taisent, c'est pour laisser de la place aux ambiances ou à d'autres instruments comme l'harmonica de "Klub barak 69" ou la clarinette de "Smazene syr", deux interludes qui me laissent reprendre un peu d'air avant de replonger à droite ... ou à gauche ? Suis-je déjà passé par ici ? Non, serait-ce alors la sortie, je me précipite avec ce "Bordel de chacal", en 2m25, le labyrinthe aéré est devenu un tunnel sombre, la construction a été rapide... J'en sors en suivant les traces de rouille de "Cervelle", un peu comme après un Car Crash noisy, je suis groggy quand je trouve l'intersection suivante, tout droit. Enfin un peu de calme, "Corned beef", le temps de faire le point... Mon sens de l'orientation me dit de toujours continuer plus avant dans cette exploration, bon choix encore une fois car je touche au coeur "Frolux", ennivré par tant de sons délicats, je m'abandonne quelques minutes et tout à coup, tout est limpide, la sortie est là, tout prés. "Stolnjak", c'était si simple... Me voilà de nouveau à l'air libre, mais déjà se fait ressentir un manque... l'instrumental qui me vient en tête aprés quelques minutes de blanc est une sirène. Dans les deux sens du terme, sirène qui alarme, je vais replonger, sirène qui charme, je replonge.

Oli
Janvier 2005

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