Bukowski - Hazardous creatures Est-ce un signe ? Toujours est-il que, sans le savoir, notre première image du nouveau Bukowski (et pas seulement parce qu'il y a un nouvel album, également parce que le groupe s'est renforcé avec l'arrivée de Fred, guitariste de Watcha et d'Empyr) nous emmène en Amérique. C'est en effet près de San Francisco qu'Odin, magnifique tigre blanc, fait la joie des visiteurs du zoo en allant récupérer ses repas sous l'eau. La photo est belle et interpelle, pari réussi de ce côté-là, d'autant plus qu'elle colle au titre de l'album que l'on peut traduire par "animaux dangereux"... Si on résume cette mise en bouche, on a une galette qui va sonner ricain et dont il faut se méfier car elle a les crocs...

Et c'est exactement ça ! Moins disparate que The midnight sons et bien gros comme Amazing grace (même si ça sonne moins stoner dans l'ensemble), Bukowski est en mode "classe américaine" sur ses 10 titres qui ne laissent pas grand chose au hasard. Entre post-grunge et heavy rock, le quatuor envoie du riff et de la mélodie abrasive par palettes ! La présence d'une deuxième guitare apporte davantage de libertés, densifie les propos et donne un petit goût de folie métallique old school par moments (la fin de "Keep your head on", "Payback", etc...). Le groupe n'est pas toujours à l'attaque, il lui arrive de calmer le jeu, de ralentir le tempo et de prendre davantage son temps, ça marche plus ou moins bien, moins sur certains passages de "Brothers forever" qui ronronnent un peu trop (la fin du titre est bien plus bandante), plus sur "Fever" dont le chant musclé fait de la ballade autre chose qu'une simple promenade de santé. La plupart du temps, les Franciliens allient mélodies grasses et accords incisifs pour produire un rock burné qui s'est éloigné de l'étiquette stoner et qui a su redevenir homogène ("Hardtimes", "Troublemaker", "By the river", etc...).

Hazardous creatures nous rabiboche avec Bukowski qui a trouvé un son énorme qui lui va bien (merci Fred !) et repris ses aises avec un rock college radio friendly rudement efficace. Finalement, le seul point noir pour le quatuor est d'être français... Le même groupe en Amérique du Nord s'incrusterait facilement sur les plus grandes tournées, squatteraient les campus et liquideraient des bières à l'arrière d'un tour-bus 4 étoiles. Pour le moment, le combo s'éclate donc dans les festivals d'un jour, les MJC et liquident des bières dans un van qu'il faut ménager... A nous d'en profiter !