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Interview : Brother James, Beyond Brother James (mars 2017)

Brother James / Chronique LP > Beyond the pines

Brother James - beyond the pines Avec son album éponyme paru voilà un peu plus de deux ans, Brother James avait laissé une bonne impression même si les Varois avaient une marge de progression notamment dans le soin accordé à leur son, travail ô combien délicat quand on fait de la post-noise garage à coeur ouvert. Ils avaient fait les prises chez eux avant de confier mix et mastering à Olivier Cancellieri (bassiste chez Appletop mais qui enregistre aussi les copains comme Grand Detour), cette fois-ci, c'est Olivier qui a capté les titres en studio, titres ensuite masterisés par François Fanelli, spécialiste marseillais de cette opération délicate. Pour le son, on a donc une bien meilleure qualité d'ensemble, que les guitares cherchent les aigus, que la basse nous tape sourdement sur le système ou que le chant s'égosille, le tout reste propre, net et percutant.

Brother James adore les années 90 et pioche dans cette décennie son inspiration musicale. Fier de cette filiation avec le passé, le groupe peut également être fier de son sens de la mélodie (avec comme modèle Sonic Youth), il est également capable de pousser la voix dans un registre plus screamo qui rappelle les élans de Kurt Cobain (et du même coup ceux de Joe Mascis de Dinosaur Jr), tout cela avec une élégance toute particulière, une élégance un peu sale, celle d'un Shellac quand les sons sont brouillés par les effets, celle d'un Tortoise quand l'atmosphère se dégage des parties chantées. Les groupes qui fleurent bon les nineties que l'on peut raccrocher sont nombreux, chacun fera en fonction de ses souvenirs mais chacun y trouvera son compte.

À toutes ces bonnes choses, tu peux ajouter des textes loin d'être creux (jette un œil à l'interview), des compositions qui créent une véritable excitation ("Centaurus", "Sasha Supercoppa"...) et un morceau éponyme ("Beyond the pines") qui balance de la classe dans tes enceintes de par sa montée en puissance (scolaire mais efficace) et les écorchures dont on se recouvre une fois au sommet avant de redescendre en suivant la route de larsens tout en contrôle.

Brother James / Chronique LP > Brother James

Brother James - Brother James Merde, alors que je pensais écrire que Brother James évoluait dans un "noisy post-rock marqué par l'influence de Sonic Youth", c'est comme ça que le groupe se définit lui-même. Pour une fois qu'un combo ne se plante pas trop dans leur propre identification... On rajoute une pointe de Mogwai et c'est tout bon. J'ajouterais donc que les Toulonnais aiment la consistance du son (c'est un joli vinyle que j'écoute) et ne sont pas dérangés par le style "garage" qu'à leur production auto-enregistrée, personnellement, je pense quand même qu'ils gagneraient à clarifier et polir un peu le rendu général pour gagner en relief, notamment dans les moments chargés d'intensité instrumentale. Et pendant que j'y suis, je demande un peu de recul et de boulot sur certaines parties chantées ("Neptun") qui égratignent nos oreilles charmées par des titres enjoués et bien pensés ("Uranism" est un des meilleurs exemples). Entre expérimentations soniques ("Zéro"), déluges distordus ("Little princess") et pièces épiques ("Pegasus"), Brother James laisse entrevoir un avenir brillant de touche-à-tout ce qui tourne autour de la post-noise décloisonnée.