Brother James L'influence de Sonic Youth est revendiquée, c'est pas un peu piégeux de présenter clairement les groupes qu'on aime ?
Nous trouvons qu'il n'y a aucune honte à s'inspirer de tel ou tel groupe. Nous assumons notre référence à 100%... et c'est même amusant de le revendiquer. L'essentiel étant de faire la musique qui nous fait vibrer.

Choisir le nom Brother James, c'est là encore assez risqué non, vous n'aviez pas peur d'être enfermé par la référence ?
En général, les artistes cherchent leur propre identité, et espèrent être différents des autres. Nous n'avons pas cette préoccupation, ces choses-là viennent naturellement ou pas. Si un jour notre musique ne ressemble plus à notre référence, le nom du groupe demeurera. Il faut plus voir ça comme une célébration que comme une influence, même si le résultat est le même !

Ce n'est pas la seule influence des années 90', qu'est-ce qui fait que cette décennie est si particulière d'après vous ?
C'est la décennie qui nous a fait rentrer dans le monde de la musique en tant qu'auditeur et en tant qu'acteur. C'est la décennie où nous achetions un disque ou deux par mois. C'est la décennie où nous enregistrions les clips rock de M6 qui passaient tard la nuit. C'est notre décennie du rock !

À quel moment arrive le chant dans les compositions ? En d'autres termes, est-ce que vous prévoyiez que le titre sera instrumental, ou en majeure partie instrumental, dés le début de l'écriture ?
Nous considérons le chant comme un instrument à part entière et non comme un vecteur de message. À ce titre, il fait parti de la composition dès le début de l'écriture, après c'est l'inspiration du groupe qui fait le reste. Il n'y a pas de règles précises, donc pas de barrières.

Les titres sont figés avant d'entrer en studio ou ils évoluent encore durant l'enregistrement ?
Pour cet album, les titres étaient figés avant car le timing d'enregistrement était serré. Toutefois nous nous sommes tout de même autorisés quelques petites récréations musicales.

En live, vous vous laissez des espaces d'improvisation ?
En live, nous nous autorisons pas d'improvisation pour l'instant, mais nous réfléchissons justement sur un concept live plus improvisé, ce qui nous permettrait d'étirer certaines ambiances. Nous voyons ça un peu comme une fresque musicale.

Quel est le sujet principal des textes en général et de "Centaurus" en particulier ?
Pour cet album, 4 titres traitent de la pornographie sous 4 angles différents. La crasse humaine et urbaine sur "Foggia". Concernant "Centaurus", c'est la perte d'un proche qui a inspiré ce mini texte où Jackie Chan est cité dans le refrain. De voir quelqu'un s'éteindre à petit feu devant ces yeux, et surtout devant notre impuissance, nous avons parfois envie de voir débarquer un super héros foutre un coup pied magique dans cette saloperie de cancer. Les textes restent tout de même très imagés et naïfs et chacun peut y faire son interprétation.

"NTRLD" est le nom d'un groupe mais aussi d'un titre, quelle signification a-t-il ?
Ce titre est un interlude et "NTRLD" c'est le mot interlude sans les voyelles ! C'est aussi notre petite récréation musicale de l'enregistrement.

Brother James - beyond the pines Les titres ont été enregistrés fin 2015, l'album sort début 2017, il s'est passé quoi en 2016 ?
En 2016, nous avons passé beaucoup de temps à mixer et masteriser le disque. Nous en avons également passé sur le clip. Et aussi beaucoup sur le financement du disque via la recherche de partenaires, les devis, le crowdfunding...

Passer par le crowdfunding pour sortir un album, c'est indispensable ? L'apport des micro labels est trop faible ?
Effectivement, l'apport des micro labels était trop faible pour financer le pressage du vinyle, c'est pourquoi nous avons eu recours au crowdfunding. Nous en profitons pour remercier à nouveau chaleureusement tous nos bienfaiteurs. Ce fut un très bon moyen de prévendre le disque.

Vous sortez le nouvel album au format digital, en CD et en vinyle, vous pourriez faire l'impasse sur l'un des trois supports ?
On pourrait éventuellement se passer du support vinyle de par son coût en terme d'investissement, cependant celui-ci reste à nos yeux le plus noble et le plus valorisant, malgré la facilité de diffusion des deux autres supports.

"Sasha supercoppa" a fait l'objet d'un clip assez étrange, d'où viennent les idées du masque, du mannequin, ... ?
"Sasha supercoppa" fait partie des 4 titres qui traitent de la pornographie. C'est le statut de femme objet qui est critiqué ici. Car aujourd'hui la pornographie prend une grande place sur Internet et inspire beaucoup de publicitaires et faiseurs de clip. On la voit quasiment partout sous forme déguisée et l'image de la femme y est trop souvent bafouée. Nous avons l'impression qu'elle se résume à une paire de fesses et deux nichons. Dans le clip, nous reprenons ce thème où dans la première partie instrumentale nous voyons une femme, mais dès lors que le chant commence et décrit une scène de cul, la femme se transforme en mannequin plastique, elle devient une femme objet et le chanteur revêt l'habit du diable d'où l'idée d'un masque en aluminium et la lumière rouge.

Ce printemps, cet été, vous faites quoi ?
Nous allons présenter notre album à travers quelques concerts locaux. Nous prévoyons également une mini tournée du côté italien.