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Biographie > Bron Y Aur

Formé au milieu des années 90, Bron-Y-Aur fait partie de ces groupes qui possède un passé plus que conséquent. Basée à Paris, la formation rock a déjà à son actif plus de 150 concerts en région parisienne mais aussi en province. Oublié des médias, Bron-Y-Aur n'a en fait besoin de personne pour avancer. Pour preuve, le groupe marche à l'autoproduction. En 1998, les Parisiens sortent un premier album : Alors que Babylone s'enflamme.... S'en suit une série de concerts dans des lieux prestigieux de la capitale comme Le Gibus ou l'Elysée Montmartre. Les premières parties se succèdent, le groupe ouvrant pour Madjik ou les excellents Freedom For King Kong. Toujours en autoproduction, ils décident de sortir un deuxième album : Trop de violence... et présente cet album sur scène au Folie Pigalle à Paris, devant une salle comble. C'est que Bron-Y-Aur a une aura considérable dans la capitale pourtant considérée comme très critique. Pour preuve, cette deuxième production reste l'album autoproduit de rock français le plus vendu dans les fnac parisiennes. Bron-Y-Aur, c'est aussi et surtout un bon groupe de potes qui s'expriment le plus aisément sur les planches. Car Bron-Y-Aur est bien un groupe de scène, ce qui leur a valu de participer à des festivals de renommés comme les Francofolies ou Le Printemps de Bourges. Bron-Y-Aur, un groupe authentique, une formation élevée depuis sa tendre enfance au rock, le vrai, celui des 70's, le rock contestataire pleins de mélodies et d'énergie.

Bron-Y-Aur / Chronique LP > Trop de violence

Bron-Y-Aur : Trop de violence En écoutant ce deuxième album des Parisiens, bien avant que ne me viennent à l'esprit des influences ou des références à un style particulier, c'est tout bonnement des ambiances qui m'interpellent. Ce disque de 7 titres respire la fraicheur et le dynamisme, et conserve ce petit truc qui balance l'auditeur dans un état second, une sorte d'exaltation. Dès le premier titre, "Trop de violence", Bron-Y-Aur impose son style qui est définitivement rock'n'roll. Des arpèges troublants et rapides avec un bon son crunch, une section rythmique qui frappe, et c'est à Renan de chanter ces mélodies plus que mélancoliques, presque noires, le tout ponctué par des textes qui fleurtent avec la poésie ("et si l'on perd l'innocence, il nous reste l'insolence"). Les guitares introduisent des riffs plus que destructeurs, avec parfois des rythmes limite néo, un peu perdus dans ce morceau rock. La voix est plaintive, l'ambiance dérangeante. C'est à "Rock business" de garder un tempo assez soutenu, avec toujours cette recette d'arpèges et d'accords soutenus. Une wha wha à la Pearl Jam pour faire monter la sauce, et le tout se durcit. Le chanteur joue beaucoup avec les mélodies, un vrai travail de style. L'énergie est toujours présente, les musiciens se donnent à fond pour jouer une musique audible, mieux, une musique fine et précise. Mon morceau préféré sur ce disque arrive. "Je ne gagne pas" est inqualifiable. Il est unique, superbe, planant, fort, complétement fou à la manière d'une chanson de Radiohead, même si tout cela est différent. Calme plat avec une guitare clean et une petite rythmique et une voix pleine d'émotions. Puis le tout monte, et l'explosion tant attendue arrive, c'est complétement flippant, c'est superbe. Les mots prennent une autre dimension avec ces notes qui s'enchainent dans une atmosphère lourde ou l'énergie tente de crever un abcès, exorciser une situation malsaine. "TCQVNV" emboîte le pas, et on peut dire que les musicos rentrent tout de suite dans le tas. L'efficacité des musiciens accouplée à la rigueur et à l'authencité des paroles et de la voix de Renan nous donne encore un morceau réussi. Encore une fois, les textes sont très bien écris sur le thème de la connerie humaine et du capitalisme à outrance amenant à nous faire croire n'importe quoi. Renan prend des risques en tentant beaucoup de choses avec sa voix, et on peu dire que c'est réussi. "Vide" se veut plus calme avec une basse/batterie d'intro très sobre, et une guitare très douce pour un titre pas vraiment vide... de sens. Ce morceau calme privilégie la mise en avant des mélodies vocales et le tout, quand il se durcit, reste dans le format d'une jolie balade très triste. Le rythme s'accélère sur la fin et c'est le chaos avec des chorus de guitare et la voix qui n'en peut plus, un groupe qui part dans tout les sens, peut-être un peu trop. Mais l'ensemble reste cohérent. "3ème millénaire" déboule avec une grosse saturation et des plans qui font immédiatement penser à Pearl Jam. C'est très bien fait, peut-être le groupe aurait-il pu se lacher un peu plus sur ce titre. Mais nul doute qu'il privilégie de nouveau les ambiances et la mélodie au bruit. "Notre unique salut" cloture ce disque par un titre puissant, alternant ambiance malsaine (à cause de la guitare ?) et gros refrain bien lourd, bien gras, bref, bien rock quoi ! Bron-Y-Aur donne tout dans cette dernière chanson, comme pour se lacher définitivement. C'est carrément du délire, la machine s'affole, encore une fois on retrouve des ambiances à la Pearl Jam rencontrant Noir Désir ! Imagninez l'ensemble, c'est vraiment ça ! Bonus : petit cadeau de la part du groupe, un bon instrumental qui a bien la pêche est en chanson cachée !

Bron-Y-Aur, par cette production bien faite, atteint des sommets dans ce qu'on pourrait appeler le rock français. Mais tout cele ne veut rien dire. Ecoutez ce disque, vous aurez forcement des émotions, c'est tout. Ou alors vous n'êtes pas humain, tout simplement.