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Originaire de Bordeaux, Vincent Bestaven crée il y a 3 ans Botibol. Ce projet solo, du nom d'un personnage né d'un recueil de nouvelles de l'écrivain Roald Dahl, côtoie le folk et la pop. Il débute sa discographie en enchaînant deux maxis sous le nom "M.Botibol" (Monsieur Botibol) : Christmas: The tale of Polly Parker and other songs à la fin 2008 et EP et au début de l'année 2009. Nourri des influences de Jeff Buckley et autres Elliott Smith, Botibol lance véritablement son aventure avec la sortie en février 2011 du LP Born from a shore. Bien que seul aux commandes, il est accompagné sur scène par Arch Woodmann à la batterie.

Review Concert : Botibol, Eldorado Music Festival # 3 (Sept. 2011)

Botibol / Chronique LP > Murs blancs

Botibol - Murs Blancs Deux ans après l'EP The wild cruise, qui nous est passé sous le nez à l'époque pour je ne sais quelle raison, Vincent Bestaven aka Botibol présente Murs blancs, un deuxième album qui tranche avec sa folk-pop orchestrale entendue sur ses premières productions. Même s'il reste tout de même quelques instants de pop féérique parsemés sur la galette ("Sharks" doit être en ce sens la chanson la plus suave de la liste, si ce n'est pas l'unique, sans compter la partie de piano jazzy de "Croyez-moi"), cette dernière met l'accent sur une atmosphère bien plus électrique et enfiévrée. C'est accompagné de son acolyte Antoine Pasqualini (ex-frontman d'Arch Woodmann, désormais en solo dans Monolith Noir) à la batterie, de Mathieu Hauquier au bugle (instrument à vent de la famille des saxhorns) et de Cyrille Gachet au trombone, que ce membre du collectif Iceberg (dont font partie, entre autres, J.C. Satan, Crane Angels et Petit Fantôme) nous propose donc un opus rock garni de pulsions salvatrices qui va autant puiser ses inspirations dans le psychédélisme seventies, l'indie-rock nineties voire le noise-rock eighties.

Avec Murs blancs, Botibol expose les progrès de son art en forçant le trait sur l'expression de guitares capricieuses dont le caractère hargneux ("December", "White walls") et adipeux ("Windy morning", "La classe ou la mort") peut, d'un simple changement de piste, devenir enjoué et voluptueux ("Jerk", "Croyez-moi"). C'est exactement là où réside la force de ce LP qui combat l'ennui par ses contrastes, sans faire fi des mélodies lumineuses et éthérées pour tout rêvasseur qui se respecte. Et puis, une fois n'est pas coutume, on salue le travail d'enregistrement et de mixage réalisé par son géniteur avec l'aide de son tromboniste ingénieur du son (qui a bossé avec Year Of No Light et Bagarre Générale) et propriétaire du Dick Doom Studios à Bordeaux. Une production peaufinée à la hauteur des ambitions de Vincent Bestaven qui a récemment été désigné parmi les dix finalistes du prix Deezer Adami en compagnie notamment de Jessica93. Une distinction qui n'est pas volée et qui finira, on l'espère, par une récompense car comme dit l'adage, le travail finit toujours par payer.

Botibol / Chronique LP > Born from a shore

Botibol - Born from a shore C'est dans un monde enchanté où brillent de mille feux les arpèges de guitares sèches, les polyphonies vocales, les sons de xylophones et autres rythmiques légères que Botibol a élu domicile. Le Bordelais sort son premier album teinté à la fois d'un folk précieux et d'une pop raffinée où les mélodies sont reines. Born from a shore a l'incroyable pouvoir de nous faire rappeler à chaque titre un nombre important d'artistes tels que Megafaun, Akron/Family ou Bowerbirds et bien évidemment des piliers tels que Nick Drake et l'immanquable Jeff Buckley. De très bonnes influences et, pour une première, Vincent Bestaven aka Botibol nous délivre une véritable petite bombe pleine d'espoir pour la suite. Et qui mieux que Botibol pouvait parler des titres. Voici donc pour vous en primeur les témoignages du protagoniste sur chacune de ses réalisations :

Walk slowly : Pour ouvrir l'album, je voulais un midtempo comme ça, avec une batterie très minimaliste, et des passages éthérés, sans clic. J'avais envie de trouver une guitare picking bizarre, on peut l'entendre tourner autour de la mesure à chaque fin de phrase. Cette chanson parle d'une certaine fatalité et du chaos.

Jo cowboy : J'ai fait plusieurs versions de ce morceau, plus ou moins fournies, avant d'arriver à celle ci. Un couplet a même été écrit pendant la journée au studio. Ca a été un régal de jouer sur le piano, un bosendorfer qui me change des pianos numériques et des casiotones. En faisant attention, on entend Dorian sur les couplets, avec sa belle voix grave. Pierre et Romain chantent aussi sur des choeurs.

Friends : Le thème au glockenspiel a été la première trouvaille de ce morceau. Il est samplé en live, puis je fais les choeurs et attaque les premières phrases. Un morceau sur les amis, la jeunesse et la solitude des débuts de semaines difficiles.

3 am : Un retour au calme, ombragé et champêtre, une introduction au morceau suivant.

A small light in the dark : Une chanson qui évoque l'insomnie, les angoisses. Ça a très certainement un rapport avec la classique magie de la nuit qui facilite l'écriture.

Breakwaters : Ce morceau parle de la mer et de la mort d'un proche.

Dancers : Deuxième morceau que j'ai écrit pour ce projet. Cela doit faire 3 ans, en une nuit sur un vieux 4 pistes, dans la cuisine de mon appartement d'étudiant. Je l'ai écrit après avoir lu un bouquin de Milan Kundera.

Through the mountains : Mélodie trouvée en Thaïlande, pas loin de la frontière avec la Birmanie. On s'était perdu dans un village dont je tairai le nom, on était les seuls blancs, ce qui est rare dans ce pays extrêmement touristique. C'est inspiré de ces paysages assez ahurissants, et des histoires racontées par les villageois du coin, qui font échos d'une certaine manière à d'autres histoires d'autres habitants sur les frontières et les étrangers.

Filling a hole : C'est un genre de blues, assez inspiré par la B.O. de "Paris Texas". En guise de caisse claire j'ai utilisé un pupitre en métal sur lequel était posé un tambourin.

We were foxes : Romain et Pierre chantent sur ce titre également. Ca a un rapport avec l'envie de s'échapper de la ville avec mes amis du collectif Iceberg, des belles façades très propres et rénovées de Bordeaux.

Arudy : Cette chanson porte le nom d'un village des Pyrénées ou j'ai passé quelques vacances chez mes grands parents, aujourd'hui décédés. L'hiver, quand tout est blanc et gris.

Oh son : J'avais envie de quelque chose d'atmosphérique et assez suggestif, une ambiance particulière (qui traîne d'ailleurs sur la fin du titre). Ce morceau peut bien sûr être compris de différentes manières, même si j'ai entamé l'écriture après la découverte d'un livre, "The unforgettable fire".

[fr] Botibol: Bandcamp (39 hits)External ]