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Biographie > Le péril jeune

En 2004, des lycéens originaires de Midland dans l'Ontario au Canada - Luke Lalonde (guitariste-chanteur), son cousin Mitch DeRosier (bassiste) et Steve Hamelin (batteur) - fondent Born Ruffians. C'est après une première tournée américaine réussie que le groupe, déplacé à Toronto en entre-temps, signe sur le mythique label indé anglais, Warp Records (Aphex Twin, Battles, Grizzly Bear) et sort un premier EP éponyme en 2006.
En 2007, il entame une tournée en compagnie notamment de Caribou, Peter Bjorn And John, Franz Ferdinand et The Hidden Cameras puis enregistre avec le producteur Rusty Santos (Animal Collective, Panda Bear, Owen Pallett) leur premier LP, Red, yellow & blue, qui sort en 2008. Leur chanson "Little garçon", tirée de ce disque, est choisie en 2011 comme fond sonore pour une publicité TV représentant la marque American Express. En 2010, la sortie de Say it ne confirme globalement pas, du côté de la presse spé, les espoirs formés autour des Canadiens qui dans le même temps annonce le départ de Steve Hamelin, remplacé par Adam Hindle, et l'arrivé au clavier d'Andy Lloyd, ancien bassiste de Caribou.
En 2013, Born Ruffians quitte Warp et s'engage conjointement avec Yep Roc Records et Paper Bag Records pour la sortie de leur troisième album intitulé Birthmarks.

Born Ruffians / Chronique LP > Birthmarks

Born Ruffians - Birthmarks L'arrivée en avril 2013 de Birthmarks, le troisième album de Born Ruffians, sonne comme une renaissance pour la formation canadienne. Trois ans après un Say it à l'accueil mitigé par la presse musicale (coucou le Sacro Saint Pitchfork !), le désormais quatuor - avec l'arrivée d'Andy Lloyd (l'ex-bassiste de Caribou) au clavier et le remplacement à la batterie de l'instable Steve Hamelin par Adam Hindle - a quitté Warp Records pour Yep Roc Records (pour la distribution mondiale) tout en continuant à travailler avec Paper Bag Records pour le territoire canadien. De plus, le chanteur-guitariste Luke Lalonde a décidé de confier la production à Roger Leavens qui s'est chargé de Rhythymnals, son album solo sorti l'année précédente, et de ne pas poursuivre l'aventure avec Rusty Santos, producteur des deux premiers. Tout ça n'est pas négligeable dans la vie d'un groupe qui fête, rappelons-le, ses dix ans cette année.

Birthmarks, pour faire un rapprochement avec son titre, n'est pas le genre d'œuvre qui nous évoque un retour en arrière juste parce que "c'était mieux avant", pas plus qu'une forte remise en question, comme l'a fait un temps Radiohead avec son Kid A. Il est souvent dit que le troisième album est celui de la "maturité", dans le cas présent le style musical et la hype des Canadiens marche trop bien dans la sphère rock pour qu'il se défasse de sa pop amuse-gueule et aguicheuse. La démonstration est réalisée dès les premiers morceaux dont "Needle" qui a tout du hit en puissance, accrocheur dès les premiers coups de caisse-claire juste après que le quatuor nous ait préparé une introduction guitare-chant soignée. "6-5000" , et c'est le cas pour d'autres morceaux comme la flagrante "Rage flows", sonne même comme un titre des Arctic Monkeys ayant travaillé avec multiples artistes de la même vague pop bariolée (citons au pif Vampire Weekend ou MGMT). Là où le bât blesse c'est justement cette impression de déjà-vu, que le groupe n'est qu'un ersatz de tout ça, même si le genre est maîtrisé et que la formation "tente" par moment de briguer cette différence avec ses confrères par des morceaux sortant un peu du lot (citons "Dancing on the edge of our graves" et "Never age", les deux derniers morceaux). Ce troisième album n'est d'ailleurs pas tant linéaire que ça, sa pop se veut autant charnelle ("Permanent hesitation") qu'aérienne ("So slow", "Never age") et n'est pas en reste pour faire danser les djeuns ("Ocean's deep" en est un très bon exemple). Tout ça pour dire que cela ne fait pas avancer le schmilblick, mais comme on dit, c'est toujours ça de pris, surtout quand c'est bien emballé.