Bluebird Supernova - Demo 1.0 Disque à écouter la nuit, le premier effort de Bluebird Supernovae est une oeuvre qui dévoile des mélodies dépouillées, plongées dans un océan d'épure qui ne l'empêche pas pour autant de faire naître en nous des émotions aussi précieuses que confondantes. Et pourtant, ce "petit" groupe sorti de nulle part ou presque n'avait pas forcément pris les choses par le bon angle. Un premier titre ("Le roi reptile"), folk dans l'âme, noctambule, suave et mélancolique, mais trop impersonnel pour réellement convaincre, une simplicité certes touchante mais un côté "déjà entendu ailleurs" un peu trop marqué pour nous convaincre complètement, le groupe n'a pas forcément pris les choses par le bon angle... C'est alors que Bluebird Supernovae change de registre et se laisse porter par l'influence de Radiohead sur un "The running" qui aurait servi d'habillage sonore idéal aux errances romantiques des personnages du Lost in Translation de Sofia Coppola. Des voix lointaine qui aiment se lover dans des beats électro-pop comme sortis du temps avant de se perdre dans un écho, instillant du même coup des ambiances lunaires, un titre intimiste dont on ressort troublé, confus et un peu sous le charme.
Guitares qui s'entremêlent pendant que couleurs se mélangent sur la palette. A l'image de l'artwork du disque, on se laisse porter par la mélancolie gracile d'un groupe instantanément touché par la grâce. Pop-folk/shoegaze séraphique, les morceaux déroulent une pelote musicale qui porte en elle les textures sonores de Sigur Ros, Air, Arms and Sleepers et autres Sparklehorse (le crépusculaire et envoûtant "Is it not a lovely day to fall asleep ?", le très synthétique et instrumental "A plaisant beach"...). Quelques nappes d'électro 90's, des mélodies évanescentes, une poésie narcoleptique qui s'écoule inexorablement sur la platine CD, "Sweet home" nous invite à un voyage sensoriel à travers un univers musical sophistiqué à la beauté cinégénique. Mélodies rêveuses, arrangements discrètement raffinés, Bluebird Supernovae se laisse porter par l'onirisme latent de "Pollux star" avant de boucler cette boucle sur un "Mountains & lakes" qui nous laissent seul face à notre ombre, traversé par des émotions aussi fugaces que fugitives... Troublant.