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Formation Montréalaise, The Blue Seeds se forme en 2004 par l'intermédiaire de François Dufault, auteur-compositeur et guitariste. Il est rejoint petit à petit par Amélie Laflamme (chant, piano, melodica) et des membres des Chiens, Psychocaravane ou +Kid. A la frontière entre une musique orientée pop et le folk, The Blue Seeds enregistre son premier disque à Faenza, en Italie, qui paraît au Canada en mars 2008. Le collectif se produit la même année au fameux Festival International de Jazz de Montréal et commence à faire parler de lui au Québec. C'est avec l'aide d'une bourse qu'ils repartent en Europe en 2009 pour enregistrer à Berlin une chanson inédite, "Where did you go", qui finira pressée sur un vynil avec en bonus un remix de leur titre "Lost and delirious", passé sous les mains de Kid Loco. La bonne nouvelle de l'année pour ces francophones est la sortie de leur album éponyme en France le 27 avril et leur participation au Printemps de Bourges.

The Blue Seeds / Chronique LP > The blue seeds

The Blue Seeds - The blue seeds The Blue Seeds, c'est avant toute chose une voix. L'élément accrocheur qui permet de ne pas zapper prestement les morceaux les uns après les autres voire de passer directement à autre chose. Parce qu'entre nous, les sorties d'albums à la sapidité indie-folk-pop, ce n'est pas ce qui manque dans l'hexagone et hors de nos frontières. Ici, le sujet est québécois. Vous voyant venir de suite, je tiens à préciser dès maintenant que l'anglais est de mise. Donc, non, vous n'aurez pas d'ersatz de Plume Latraverse, de La Bottine Souriante ou bien des Cowboys Fringants. Le chant d'Amélie Laflamme évoque à la fois celui d'Ambrosia Parsley de Shivaree, de sa compatriote Margo Timmins de Cowboy Junkies ou bien Skye Edwards de Morcheeba. Un organe qui ne peut s'épandre sans le travail minutieux de François Dufault, guitariste de son état, mais qui représente également l'ossature de cette formation avec ses compositions. Seule "My fair weather friend" n'est pas de lui. Cela peut se deviner car il s'agit d'un titre pop plus énergique que le reste de l'album. En effet, The blue seeds est plutôt du genre à bercer qu'à faire shaker les booties. Les Montréalais ont trouvé le bon compromis entre des ballades bucoliques mêlant, tous morceaux confondus, des slides de guitare, des arpèges simples mais efficaces, quelques notes de piano, des ballets effleurant la peau de caisse-claire, une grosse basse pour faire monter les émotions et un style plus pop et plus direct qui a cette fâcheuse tendance à laisser moins sensible car trop déjà-vu. Le tout combiné et le son remplit sa fonction : les mélodies nous transportent à l'instar d'"Outside the rain falls" avec son début à la The Doors et ses notes de guitares aériennes. "Lost highway" est une bonne bande-sonore de western remplie de mélancolie. Et toujours au rayon des chansons à découvrir, "Words from a fairytale" fait office, de par sa structure, d'exception avec un démarrage lent à l'ambiance sombre et versatile et qui se termine par une montée en puissance progressive des instruments qui se noient les uns dans les autres. Cette éponyme caresse dans le sens du poil et saura facilement s'engouffrer dans vos moments de solitude ou de blues.