rock Rock > Blackstone > Chronique LP / Colors of the stone

blackstone_colors_of_the_stone.jpgLe paysage musical pop/rock/métal français... tout un programme que d'essayer de le décrire en évitant de se laisser aller à faire parler les chiffres. Et pour cause, contrairement à nos voisins britanniques, allemands ou scandinaves, les rares groupes de rock qui cartonnent par chez nous (Kyo et Vegastar en tête...) ne sont que des ersatz de formations "rock". Les autres, aussi talentueux soient-ils (Sleeppers, Stereotypical Working Class ou Rhesus), connaissent des succès d'estime à des degrés divers, mais n'atteignent pas pour le moment la renommée d'un Lostprophets, Bloc Party ou Hundred Reasons pour ne citer que des groupes originaires d'outre-Manche... Et pourtant, il y a toujours des formations qui tentent encore et encore de faire leur trou sur la scène musicale hexagonale, même en partiquant un hard rock à tendance old-school, que d'aucun trouvent désuet et absolument pas vendeur. Blackstone est de ceux-là. Après deux albums passés un peu inaperçus dans les grands médias nationaux, le groupe mené par l'ex-batteur de Vulcain, Marc Varez, continue de tracer sa route, aussi tortueuse puisse-t-elle être. Et avec Colors of the stone, son troisième effort studio, le groupe puise au coeur de son style de prédilection : entre hard rock hérité des 70's et le grunge de la décennie 90, entre Pearl Jam, Alice in Chains et les Black Sabbath, Blackstone absorbe et digère ses influences et les ressert avec une petite dose de psychédélisme en plus. Des titres tels que "Wrong turn", "Longing" ou "Golden shore" sont d'ailleurs particulièrement éloquent, le combo français revendique clairement l'héritage des formations cultes précitées... parfois un peu trop d'ailleurs, tant la frontière entre le vrai groupe à la personnalité affirmée et le tribute-band de luxe paraît un peu mince... Mais, même si l'ombre de ses modèles plane parfois de manière encombrante sur quelques titres, d'autres tels que "Out of the pan" ou "Run through the jungle" restent de véritables modèles de pépite heavy blues rock qui nous renvoie bien 20 ans en arrière, le tout en un peu plus de quinze titres et presque 75 minutes de musique. Burné et plutôt bien troussé.

aureliO
Mai 2006

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