Black Stone Cherry - Between the Devil & The Deep Blue Sea Après un premier album qui a avait mis un bon coup de bottine au cul de la scène rock/grunge (revival), les Black Stone Cherry avaient déçu à l'heure de livrer leur second album, assez mauvais il faut le reconnaître et qui, malgré un premier titre assez carton, s'était abîmé sur les récifs de la médiocrité standardisée (comprendre, pour plaire aux jeunes filles en fleur et aux fans pré-pubères de Nickelback). Donc logiquement, la prudence était de mise à l'heure de poser une oreille sur Between the devil & the deep blue sea, troisième album "long play" des ricains élevés au pays du chicken wings dégoulinant de graisse.

Kentucky rock'n'roll ! Les ricains balancent comme ça une bombe dans la basse-cour histoire de démontrer qu'ils ne sont pas encore bons à être enterrés. L'objet du délit a pour titre "White trash millionaire", un single bien canon qui dépoussière les cages à miel en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Les gimmicks rock qui tuent sont de sortie, la mélodie colle l'auditeur au plafond, les breaks salvateurs et les guitares font fumer les amplis. Une grosse baffe qui doit valoir son pesant de cacahuètes en live et qui sur CD claque juste comme il faut. Une tuerie d'entrée, comme ça, juste pour imprimer sa marque... plutôt classe. Place ensuite à "Killing floor", un pur titre radiophonique calibré dans les règles de l'art, mais aux petites trouvailles bien sympa. Facile certes mais toujours efficace. Et le pire, c'est qu'on écoute ça avec un plaisir coupable.

On se dit alors, très innocemment, que le coup du deuxième album est définitivement oublié... mais en fait non (pas tout à fait). Deux premiers titres cartons et voici le temps des ballades avec "In my blood". Bon là sur ce genre de truc, tout a été dit : pour pré-pubère boutonneux, idéal en bande-son d'une comédie romantique adolescente, etc.... Next. Et là, petite surprise, les BSC reviennent dans le bon ton avec "Such a shame" puis "Blame It on the Boom Boom" : quelques rasades de hard-rock sudiste, une bonne dose de cool, les américains ont à peu près tout pour faire sauter la banque... mais bordel, les ballades bien guimauves, faut arrêter ("Won't let go", "Like I roll"...). Et même quand le groupe fait un effort sur le songwriting pour nous éviter les clichés les plus éculés, ça ne fonctionne que très moyennement ("Cant' you see"). On l'aura compris, Black Stone Cherry n'est définitivement jamais aussi bon que lors qu'il envoie du gros rock power-burné secouer les esgourdes (l'excellent "Change). Qu'est-ce qu'il ne faut pas faire quand même pour ramasser de la groupie...