rock Rock > Black Rainbows

Biographie > Sons of the desert

Les Black Rainbows sont nés il y a seulement deux ans en Italie sous l'impulsion de deux musiciens, Gabriele Fiori (guitare, chant) et Dario Epifani (basse), (rejoints en 2007 par Daniele Conti (batterie)) désireux de produire une musique puisant dans leurs backgrounds musicaux respectifs (soit en gros des Pink Floyd à Tool et Jaco Pastorious en passant par Kyuss, Primus et Monster Magnet). Rapidement, le groupe compose assez de matériel audio pour enregistrer un album et signe un deal avec nos amis de Longfellow Deeds Records (Rite, Honcho, Thunder Express...). Août 2007, Twilight in the desert, premier album du power-trio italien débarque dans les bacs avec son cocktail psyché-stoer-rock hérité des 70's et un tout nouveau line-up sur lequel sont venus se greffer Luca Giancotti (basse) et Tommaso Moretti (batterie) aux côté de Gabriele Fiori. De quoi ensoleiller un peu plus notre été qui n'en demandait pas tant.

Interview : Black Rainbows, Black Rainbows en interview (avril 2015)

Interview : Black Rainbows, The black interview (nov.2007)

Black Rainbows / Chronique LP > Stellar prophecy

Black Rainbows - Stellar prophecy On ne va pas y aller par quatre chemins : Stellar prophecy, c'est la même chose qu'Hawkdope. en encore mieux. Le précédent album, qui nous avait laissé plutôt impressionné, marquait la progression d'un groupe qui arrivait enfin à se rendre sexy tout en restant dans un classicisme forcené. Stellar prophecy cette fois est bien plus qu'une vulgaire compil' de bon riffs stoner, c'est un vrai petit voyage bien à l'ancienne. On navigue à vue dans un vrai bon gros trip à l'acide comme on en fait plus depuis Hawkwind et Monster Magnet. Beaucoup font des clins d'œil aux aînés, d'autres maîtrisent. Preuve en est : le groupe se fait carrément plaisir avec deux titres dantesques qui avancent tout en progression sur près de 10 minutes Si le son est encore plus roboratif qu'avant, la variété elle aussi a été encore plus appuyée. Ainsi, Stellar prophecy, entre son ouverture stoogienne et ses épopées psychédéliques, s'avale tout seul avec un petit goût de reviens-y. "The travel", qui ferme la marche, et à ce titre un digestif parfait pour clôturer une expérience totalement repue avec pour seul envie d'aller mettre sa tête sur l'oreiller, comblé.

Black Rainbows / Chronique LP > Hawkdope

Black Rainbows - Hawkdope Pas moins de 4 ans se sont écoulés depuis la sortie de Supermothafuzzalicious, l'album où Black Rainbows avait enfin trouvé une recette qui faisait mouche. 4 ans pendant lesquels les Romains n'ont pas chômé pour autant en sortant un split avec Farlung ainsi que l'excellent EP Holy moon.

Impossible donc de revenir avec un album en demi-teinte après autant d'attente et d'amuse-gueules savoureux. Et le groupe de Gabriele Fiori, fort d'un nouveau line-up encore plus incisif et performant, ne déçoit pas avec Hawkdope, son quatrième album et de loin son meilleur jusqu'à ce jour. On connaissait l'approche punk du groupe, ainsi que son obsession pour la fuzz. Mais cette fois Black Rainbows a ajouté à ses gros riffs une ambiance bien plus prononcée. Une ambiance faisant généralement défaut à leurs albums précédents qui, bien qu'excellents, ne possédaient pas la magie d'un album avec un grand A.

Si les gros brûlots rock'n'roll sont toujours bien présents, et même meilleurs que jamais ("Wolf eyes" et son intro à la MC5, "The prophet" qui ouvre l'album sans sommation) on découvre donc aussi un psychédélisme ensablé et incandescent. En somme, c'est comme si le train de Fu Manchu venait de se télescoper avec la voiture de Monster Magnet sur un passage à niveau au beau milieu du désert. Les Italiens s'aménagent même quelques grands espaces pour jammer jusqu'à plus soif (l'éponyme "Hawkdope" et son pont épique, ou encore l'excellent "The cosmic picker" qui termine l'album en apothéose). Cette approche hybride, à la fois plus apaisée et planante fait d'Hawkdope un album savamment coloré tout en restant simple et direct, et qui possède donc cette fameuse « magie » dont nous parlions plus haut. Un album qui s'écoute avec autant de plaisir que les meilleurs albums du genre, et qui se réécoute sans jamais perdre de sa saveur.

La prod, concoctée par le groupe lui-même, y est aussi pour beaucoup. Comme toujours, elle s'inscrit dans la plus pure tradition stoner (beaucoup de basse et de grain avec une batterie sèche), sauf que la guitare a cette fois un son particulièrement chaud, même selon les canons du genre. On sentirait presque les lampes de l'ampli chauffer sur l'intro du titre éponyme où sur ces nombreux et longs solo que tisse Gabriele Fiori de manière totalement décomplexée. Que dire aussi de ces nappes de phaser qui habillent presque la totalité de l'album en arrière plan et pendant la plupart des solos, histoire d'enfoncer le clou dans le registre Hawkwind. Au vu de la qualité de ces nouveaux titres, et connaissant la puissance sonore du groupe en live (proche de celle d'un avion de la Germanwings en pleine descente), voir les Italiens sur leur prochaine tournée promet d'être un grand moment de rock sabbathien. Les collectionneurs seront également une fois de plus comblés avec plusieurs éditions vinyles limitées et numérotées qui permettront sans doute d'admirer l'artwork pour une fois plutôt jolie de ce nouvel album.

En quatre albums, Black Rainbows a donc fini par parvenir à la hauteur de ses influences de toujours qui jusque là lui faisaient de l'ombre. Certains affirmaient que les Italiens étaient les dignes héritiers de Fu Manchu et Kyuss, et Hawkdope vient effectivement de leur donner un excellent argument pour pouvoir prétendre à ce titre prestigieux. Nous avons en tout cas ici l'une des meilleurs formations stoner du moment en Europe.

Enjoy !

Black Rainbows / Chronique LP > Carmina Diabolo

Black Rainbows - Carmina Diabolo Après un premier album typé desert rock avec une pointe de psychédélisme sur les contours (Twilight in the desert), revoici le power-trio italien de retour pour un joli braquage armé de guitares qui font mâl(e), de riffs en alerte rouge écarlate et d'un groove incendiaire directement inspiré par le malin. Il diabolo plane donc sur cet album et les deux premiers titres "Himalaya" puis "Babylon", deux bombes stoner à ranger tout en haut de l'étagère aux côtés des Brant Bjork et Fu Manchu. C'est chargé en électricité, blindé par une basse démoniaque et une mélodie directement vissée dans le cortex de l'auditeur. On le dit de suite, en live, les morceaux de ce Carmina Diabolo peuvent retourner une salle.
Surtout que le trio sait aussi appuyer sur l'accélérateur et exécuter un "Under the sun" le riff collé au rétroviseur. Petit solo de gratte assassin pour épater la galerie, grosse efficacité rythmique histoire de jouer les durs les titres défilent à une vitesse folle et l'inconditionnel de stoner rock pur et dur se délecte forcément d'un "What's in your head" au fuzz ombrageux ou d'un "Bull & bones" furieusement burné qui lui passent entre les écoutilles. Intègres et droits dans leurs bottes, les Black Rainbows ne réinventent pas le genre mais en tirent assurément le meilleur pour livrer un cocktail sauvage de stoner-rock sous testostérone, biberonné au son des monstres sacrés des 90's.
Peu de temps morts sur cet album, sinon l'interlude "Carmen diabolo" psychotrope et spatial, petite pause avant de retourner faire fumer les amplis et ferrailler les guitares dans une orgie de riffs au coeur de laquelle se dégagent notamment "In the city" et "Return to Volturn". De l'énergie brute, de la fougue, de l'urgence dans le jeu et une énorme envie de faire vibrer les murs, les Italiens semblent inarrêtables et continuent d'enchaîner les brûlots rock'n'roll ("The with"), respectant à la lettre les "codes" d'un genre reconnaissable entre mille et ici mis en exergue comme jamais ("Space kingdom"). Plus de doute possible, entre power-rock rocailleux et petites incartades psychées, on a trouvé les nouveaux fils du désert, les héritiers de Kyuss, Fu Manchu et consorts... La grande classe.

Black Rainbows / Chronique LP > Twilight in the desert

black_rainbows_twilight_in_the_desert.jpg C'est la fin de l'été, la météo est plutôt au beau fixe, mais une rentrée studieuse approchant à grand pas et les vacances définitivement derrière nous, le coeur n'est pas forcément à se dire qu'il va falloir s'y remettre. Par chance, au W-Fenec on a (presque) la solution et elle s'appelle Black Rainbows. Car avec ce Twilight in the desert, le power-trio italien, dernière découverte en date de Longfellow Deeds Records nous renvoie en plein périple rock'n rollesque au beau milieu du désert de Mojave assommé par un petit 42° à l'ombre et justement pas l'ombre d'un cactus pour s'abriter... (en même temps, pas évident de trouver un peu de fraicheur sous un cactus en général). Twilight in the desert débute par un réveil embrumé après une nuit peuplée de songes psychédéliques et hallucinés, une intro éponyme furtivement rampante, énigmatique qui se dissipe comme les brumes alcoolisées d'une soirée un peu trop arosée. Lorsque l'on est de nouveau sur pied, "Shaman visions" nous aide à définitivement recouvrer nos esprits. Perçant les volutes de fumée blanche, les guitares de ce trio de fils du désert se lancent à corps perdu dans un road movie sonore, énergique et psychédélique, le tout sur des rythmiques arides et des mélodies asséchées mais fédératrices.
Gorgées de quelques soli de gratte sulfureux, ces visions chamaniques nous guident assurément vers l'antre des dieux du stoner rock : j'ai nommé Kyuss. Riffing plus incisif que précédemment, refrain entêtant, section rythmique qui fait des ravages, "Constellation" fait parler la poudre sans se départir de quelques fulgurances hallucinées propre au psyché-rock que Black Rainbows dilue sans complexe dans un stoner des plus classieux, mais terriblement efficace. On pense à Lowrider et à toute la flopée de groupes qui à suivi les auteurs de l'excellentissime Ode to Io et le groupe nous emmène au coeur des dunes de sable à coup de power-rock aux relents stoner et aux influences lorgnant du côté du son des 70's ("Comin' down the mountains"). Guitares lascives, groove psychédélique étourdissant et maîtrise formelle bluffante, le trio italien balance son feeling dans les enceintes avec l'insouciance de mecs qui font juste ça pour prendre un plaisir fou à répéter ensemble. Morceaux après morceaux, Black Rainbows envoie toujours plus de décibels, notamment sur la première partie de "Follow your pattern", avant de réfreiner un temps ses ardeurs power-rock pour s'engager sur une longue plage de space-rock instrumental hypnotique et de finir en faisant parler les guitares dans un final, rugueux, massif et solidement burné. Une ballade à travers le désert, en acoustique et en contemplant un panorama des plus dépaysants plus tard ("Don't trust") et revoilà que le trio romain appuie sur la pédale d'accélérateur, lâche les cheveaux pour un "Mind revo" heavy rock à la fois urgent et dompté avec maîtrise, éléctrique, turgescent et ravageur. Après nous avoir fait voyager à travers les immenses étendues désertiques à travers l'Arizona et le Nevada, les auteurs de Twilight in the desert nous ramène sur le vieux continent avec "This road", un morceau mid-tempo, répétitif, typiquement "stone" rock et destiné à nous faire un peu plus prolonger un voyage au royaume du rock caniculaire et bourdonnant, avant de nous ramener à des préocupations plus terre à terre... Mais avant de passer à ça, on ne peut que reconnaître que pour un coup d'essai, les Black Rainbows réussissent là un coup de maître, car rares sont les albums qui auront si bien porté l'étiquette "desert rock" depuis les illustres Kyuss...