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The Black Keys, c'est depuis 2001 un duo composé de Dan Auerbach (guitare/voix) et Patrick Carney (batterie). Le groupe sort son premier album en 2002 intitulé The big come up sur un label indé du nom d'Alive records. Ils rejoingent ensuite l'illustre label blues Fat posssum records et le résultat de cette collaboration, c'est Thickfreakness sorti en 2003. The Black Keys explosent à la face du monde et continuent d'enchainer les albums avec Rubber factory en 2004 toujours sur le même label. Après un EP hommage (Chulacoma, the songs of Junior Kimbrough) à l'une de leurs influences majeurs en 2006, The Black Keys battent le fer tant qu'il est encore chaud en publiant un album (Magic Potion, 2006) via un nouveau label cette fois, Nonesuch records. Avec autant de productivité, tu te dis qu'ils doivent boire du coca par palettes et la fréquence des sorties va définitivement prendre un rythme de croisière avec un album par année voir deux en 2009 si on compte l'album solo de Dan Auerbach (Keep it hid) : Attack & release en 2008, Blakroc en 2009 et Brothers en 2010... Mike Patton, tremble ! The Black Keys sont sur le pied de guerre !

The Black Keys / Chronique LP > Attack & release

The Black Keys - Attack & release Après un disque qui célébrait blues-rock cradingue (Magic Potion) et songwriting de malade (Dan Auerbach, le barbu à gauche sur la pochette), The Black Keys opte en 2008 pour un album de demi-rupture : ça reste du blues toujours aussi bien écrit mais ils rompent partiellement avec leur racine indé' en faisant appel à DangerMouse (Gorillaz, Dark Night Of The Soul, Gnarls Barkley), le dernier gourou de la prod', aux manettes. L'annonce de la collaboration en laissera plus d'un sceptique et à tort : le résultat est totalement redoutable. Bien sur qu'avec un producteur de ce genre, The Black Keys entrouvre la porte de l'accessibilité mainstream, le son est léché à mort et les arrangements de DangerMouse facilitent la compréhension du disque, mais ça on s'en tape royalement... La qualité des morceaux est là et Attack & release déboite sur les 11 titres qu'il contient. "All I ever wanted", le premier titre, a tout du morceau cochon par excellence : des préliminaires câlins histoire d'amadouer l'auditeur puis une belle explosion/éjaculation jouissive avec nappes de clavier qui vont te tapisser les oreilles d'éclaboussures auditives... Décrit comme ça, ça parait un peu beurk et pourtant tu vas adorer... "I got mine", la seconde plage, c'est plutôt du rentre-dedans assez fin : gros riff 70's, intro' jouissive, morceau excellent, intervention assez discrète mais pertinente du DangerMouse par le biais de légères ambiances. Là encore, on dit oui. D'autant plus que le très cotonneux "Psychotic girl" et son banjo à la Sixteen Horsepower viennent parachever le boulot de séduction. La suite, c'est là encore du très haut niveau et The Black Keys pulvérisent un duo à qui on les compare souvent (TWS) avec une constance millimétrée que les autres n'ont jamais eu et n'auront jamais : "Lies", c'est de la boulette, la doublette "Remember when A" et "B" rassemblent tout le savoir-faire du duo et c'est également de la balle... Lors de sa sortie, j'émettais une petite réserve sur la durée de vie de ce disque de par son immédiateté. Quelques années après, le plaisir d'écoute est toujours présent et on prend conscience, au délà du son clinquant, du travail de DangerMouse (les samples simples mais excellents sur "Same old thing") qui apparait de moins en moins gadget et de plus en plus essentiel dans l'évolution du groupe vers une autre dimension... Ils sont fort, très fort : bienvenue chez The Black Keys version 2.0.

Ndr : Cet album devait être au départ un projet collaboratif avec Ike Turner avant que celui-ci ne casse sa pipe.
Ndr bis : Attack & release contient la participation de Marc Ribot et Ralph Carney qui ont bossé notamment sur le fabuleux Rain dogs de Tom Waits aka God.
Ndr bis bis: En 2009, Dan Auerbach a sorti un album solo assez excellent du nom de Keep it hid !