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Biographie > Les anges noirs

Sextet originaire d'Austin au Texas, The Black Angels voit le jour en 2004 et trouve l'inspiration de son patronyme dans l'oeuvre du Velvet Underground. Deux ans après la naissance du groupe sort un premier album qui le propulse dans les hautes sphères de la scène rock psychédélique nord-américaine (entre-temps il a publié un EP éponyme). Passover met alors la critique à ses pieds et permet aux six musiciens de jouer notamment avec The Brian Johnstown Massacre. En 2008, les anges noirs sortent leur deuxième album, encore une fois remarqué (Directions to see a ghost) et c'est avec une régularité métronomique qu'ils mettent encore deux ans de plus avant d'accoucher de Phosphene dream.

The Black Angels / Chronique LP > Phosphene dream

The Black Angels - Phosphene Dream Après que Black Mountain ait grandement contribué à rendre tendance le revival rock psychédélique 70's, voici qu'il y a un peu plus de 5 ans maintenant, un groupe originaire d'Austin se mettait en tête de remettre au goût du jour la mouvance garage rock 60's. A coups de brûlots enflammés, de riffing néo-psyché et de jams hallucinés à souhait, The Black Angels, c'est le nom du groupe, avait su mettre à ses pieds la critique spécialisée (comme le public friand du genre) et, à l'heure du troisième disque, pouvait désormais prendre tous les risques. Et à ce petit jeu, Phosphene dream est l'album qui a vu le gang d'Austin signer chez Blue Horizon Records, label culte (Fleetwood Mac) réactivé il y a quelques mois par The Orchard (The Cinematics) en association avec Warner Music Group ; pour livrer ici un opus au son garage old-school bien fermenté, un vrai disque à l'"ancienne" comme on n'en fait plus depuis bien des années. Les amateurs apprécieront.

Phosphene dream, une vision trouble et embrumée, un "Bad vibrations" qui instaure une atmosphère, interlope, nappé d'un groove vénéneux et ouvertement old-school, The Black Angels pose d'entrée de jeu les bases d'un album aux relents 60's plus qu'affirmé, un disque narcotique aux titres lestés d'un psychédélisme latent ("True believers"). Le swing affuté et tendu comme une arbalète ("Sunday afternoon"), la trame mélodique toujours plus mouvante ("Entrance song"), le riff ténébreux ("River of blood"), les anges planent sur cet album au songwriting habité par les dieux du rock psyché d'un autre temps, une époque révolue où le rock se conjuguait forcément avec l'évasion sensorielle, quelque soit l'additif choisi. Sans pour autant avoir recours à quelconque substance illicite, Phosphene dream est un album psychotrope porté par la puissance évocatrice de son single "Telephone" et de quelques titres ("The sniper", "Haunting at 1300 McKinley") tantôt brûlants, tantôt plus légers. Une petite dizaine de morceaux qui se revendiquent de l'héritage du Brian Johnstowne Massacre et qui démontre sans l'ombre d'un doute que ces anges noirs là ont les cro(w)cs bien aiguisés.